Il y a certains défauts, dans beaucoup de sociétés, qui pourraient paraître banals, mais il y en a d'autres que toute personne censée ne peut que classer dans le domaine de la pure immoralité.
Ainsi, il se trouve beaucoup de gens qui, tant qu'ils sont sûrs de l'impunité, seraient capables de commettre certaines bassesses sans hésiter. Il y en a d'autres qui seraient capables d'aller beaucoup plus loin, jusqu'à atteindre le niveau de l'immoralité et de la malhonnêteté pures et simples. Mais il y a une catégorie très spéciale, qui ne se trouve qu'ici et parmi nos politiques, qui n'a absolument aucun problème à commettre les actes les plus immoraux et les plus honteux, même au su et au vu de tout le monde et avec une insolence et une arrogance uniques. Quant à sa réputation, elle s'en moque. La seule chose qui compte c'est d'amasser autant d'argent que possible, quels qu'en soient les moyens, et la seule mesure dissuasive, qui aurait pu freiner son ardeur, serait la prison. C'est pour cela qu'elle s'acharne à maintenir la loi électorale injuste actuelle, pour lui permettre de se faire réélire indéfiniment (et, plus tard, sa progéniture), tout en contrôlant tous les rouages du pouvoir, de sorte à s'assurer l'impunité éternelle.
Voici un petit exemple dans le domaine de l'amoralité : on pourrait trouver certaines personnes qui pourraient recevoir éventuellement, par erreur, du courrier non scellé, destiné à leur voisin, et qui ne se priveraient pas de la curiosité de le lire, et même de jurer audit voisin, au moment de lui remettre sa missive, qu'ils ne l'ont pas lue. Vous avez aussi les flagorneurs : devant vous, ils n'ont que des compliments et des éloges à formuler. Derrière vous, c'est tout le contraire !
Dans le domaine de l'immoralité, dont la corruption est une des principales manifestations, que de bassesses pourraient être commises, mais là où le bât blesse, et qui constitue pas moins qu'une gifle retentissante assénée au visage du citoyen libanais, c'est le spectacle désolant et dégoûtant de certains pourris, qui forment une partie non négligeable des (ir)responsables qui nous gouvernent, en train de piller le pays, comme dans le domaine des ordures ménagères, des carrières, des réseaux illicites de l'Internet, des adjudications louches des services de la mécanique, etc. En ce qui concerne les exploitants des carrières, tous prétendent travailler conformément à la loi, dont beaucoup affirment posséder même des licences d'exploitation. Cependant, allez voir s'ils sont en train de respecter les conditions de ces licences, d'autant plus que chez nous l'interprétation des textes est un point de vue.
En fait, ce qui est en train de se passer chez nous dépasse les limites de l'immoralité, pour être propulsé au niveau du sabotage systématique des fondements mêmes de la nation et de son environnement, ce qui est aussi grave que la haute trahison. La plupart des noms des éléments impliqués sont d'ailleurs connus du public, mais les concernés s'en fichent, étant sûrs qu'ils n'auront jamais à en répondre. Sur ce plan, nous avons de la chance que les Nations unies n'aient pas encore rayé le nom du Liban de la liste de leurs membres car contrairement à ses engagements, celui-ci continue de polluer, et de plus en plus, la Méditerranée.
Par ailleurs, pourquoi insiste-t-on à garder les réfugiés syriens au Liban, et ainsi faire passer le complot de l'implantation palestino-syrienne, n'étaient-ce les intérêts personnels de ceux qui ont vendu le Liban, tout cela sous le prétexte fallacieux d'éviter tout contact avec le gouvernement syrien, par respect de la neutralité du Liban dans le conflit armé qui enflamme la Syrie, même au détriment de l'équilibre, de la stabilité et de l'existence même du Liban ? Pourtant, nous maintenons toujours des relations diplomatiques avec la Syrie, et dans ce dossier, c'est nous qui avons besoin des Syriens et non pas le contraire !
Dans la ligne de cette même logique, n'a-t-on pas vu un chef de gouvernement et un chef de parti déclarer la guerre au régime de nos voisins, en les accablant de toutes sortes d'accusations, et puis soudain faire volte-face, en allant à Canossa, jusqu'à les en absoudre, et, quelques mois plus tard, de reprendre l'ancienne rengaine ? Deux revirements respectifs à 180° chacun, le tout en l'espace de quelques mois ! C'est du jamais-vu. Pour beaucoup moins que cela, l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt a dû démissionner et son avenir politique compromis.
Plus loin d'ici, jetons un coup d'œil sur la conduite de l'establishment politico-judiciaire occidental (dont le scandale « Georges Abdallah », qui est en train de pourrir dans sa prison française, sans que notre gouvernement ne bouge le petit doigt) et particulièrement sur celle du pays chef de file de ce camp, conduite fondée rien moins que sur le chantage et la devise de la fin qui justifie les moyens, pire que les Nazis sous Hitler (car il faudrait au moins reconnaître que ce dernier était généralement fidèle à ses alliés), sans oublier le racisme cruel et inhumain envers les Noirs (et autrefois les minorités amérindienne et d'origine chinoise et japonaise), qui perdure, à des niveaux variables, depuis le XVIIe siècle.
Pour revenir à notre malheureux pays, de deux choses l'une : ou bien nous sommes un peuple qui ne mérite pas d'être traité mieux que du bétail, en acceptant notre misérable sort, tout en nous taisant ;
ou bien il ne faut plus se taire devant tant d'exploitation et d'humiliations, en prenant des mesures énergiques pour mettre un terme à cette mascarade, en commençant par refuser de réélire les mêmes bourreaux coupables de nos malheurs et en insistant sur l'adoption d'une loi électorale basée entièrement sur la proportionnelle, sinon à refuser toujours de les réélire, même si la loi boiteuse actuelle devait être maintenue par la force de l'arrogance.
Élie Michel NASARD

