Des civils syriens originaires de Daraya attendaient en file hier d’etre évacués de la localité rebelle voisine de Mouadamyat al-Cham, près de Damas. AFP/Louai Beshara
Des rebelles syriens ont abattu hier un hélicoptère à l'aide d'un missile Tow dans la province de Hama, zone stratégique pour le président Bachar el-Assad où ils mènent une vaste offensive. Le Jaïch al-Ezza, qui appartient à l'Armée syrienne libre (ASL), assure dans un communiqué qu'il s'agit d'un appareil russe. Il a été abattu près de Rahbat al-Khattab, village situé à 5 km au nord-ouest des faubourgs de Hama, chef-lieu de la province tenu par les forces gouvernementales, précisent-ils. Une vidéo mise en ligne par le groupe montre un hélicoptère en flammes se poser dans un nuage de fumée noire et des rebelles tirant un missile Tow. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dresse le bilan quotidien du conflit, signale lui aussi qu'un hélicoptère supposé appartenir à l'armée russe a été touché par un tir de roquette à l'atterrissage et dit ignorer le sort de l'équipage.
Par ailleurs, les rebelles syriens soutenus par Ankara et la coalition internationale ont chassé hier les jihadistes du groupe État islamique de deux localités dans le nord de la Syrie, a indiqué l'armée turque. L'aviation turque a bombardé trois bâtiments de l'EI autour des villages de Kunduriyah et d'Arap Izzah, à environ 30 km à l'ouest de la localité frontalière de Jarablous, a précisé l'armée dans un communiqué. Les bâtiments ont été détruits, a-t-elle ajouté, sans faire état d'éventuelles pertes dans les rangs jihadistes. Selon l'armée, les rebelles proturcs contrôlent désormais la totalité de la région de Kunduriyah.
De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré que les combattants kurdes syriens ne s'étaient pas retirés à l'est de l'Euphrate, réfutant les déclarations des États-Unis selon lesquelles les YPG (Unités de protection du peuple kurde) avaient traversé le fleuve. Un responsable américain de la Défense a pour sa part déclaré sous le couvert de l'anonymat que toute présence des YPG au sud de Jarablous était « totalement insignifiante ». « Ce que nous constatons sur le terrain est que les FDS ont honoré leur engagement de se retirer à l'est de l'Euphrate », a-t-il déclaré.
Hier, les forces turques ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre des centaines de manifestants kurdes syriens dans la ville syrienne de Kobané, reprise à l'EI par les milices kurdes en 2015 après une longue bataille, selon des images diffusées par des médias turcs. Les manifestants protestaient contre la construction d'un mur de cinq kilomètres par les forces turques entre Kobané et la ville turque de Suruç.
Ailleurs dans le pays, quelque 300 habitants originaires de Daraya, près de Damas, ont été évacués hier par l'armée syrienne de la localité rebelle voisine de Mouadamiyat al-Cham, où ils s'étaient réfugiés pour fuir les combats. Cette mesure « s'inscrit dans le cadre de l'accord entre l'État syrien et les factions armées conclu la semaine dernière », a indiqué la télévision officielle. L'accord en question porte sur l'évacuation de milliers de rebelles et de civils de Daraya, une des premières villes à s'être soulevées contre le régime, et qui a été soumise à quatre ans d'un siège impitoyable et à des bombardements incessants.
Enfin, le patron des opérations humanitaires de l'Onu Stephen O'Brien a déploré hier à Amman « des conditions de vie désastreuses » pour plus de 70 000 réfugiés syriens bloqués depuis des mois à la frontière jordanienne. La Jordanie empêche depuis le 21 juin le passage de toute aide vers ces réfugiés à la suite d'un attentat-suicide qui a tué sept militaires dans cette zone désertique à la frontière avec la Syrie.
(Sources : agences)


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