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Moyen Orient et Monde - Crise

Le Gabon sous haute tension, deux jours après l’annonce des résultats de la présidentielle

Les autorités ont autorisé hier à rentrer chez eux les représentants de l'opposition et de la société civile retenus depuis jeudi matin au quartier général de Jean Ping.

Des officiers de police patrouillant à Libreville, hier. Marco Longari/AFP

Le Gabon se trouvait toujours hier sous haute tension avec de nouveaux civils tués et des pénuries de nourriture qui menaçaient dans tout le pays. À Libreville, deux hommes de 27 et 28 ans ont été tués par balles dans le quartier de Nzeng Ayong, lors d'affrontements jeudi soir entre manifestants et forces de l'ordre, selon deux journalistes de l'AFP. Ces deux décès portent à cinq le nombre de victimes recensées depuis le début des troubles mercredi après-midi, juste après l'annonce de la réélection contestée d'Ali Bongo. Les affrontements ont fait trois blessés parmi les forces de l'ordre et « entre trois et cinq morts » parmi les manifestants, a reconnu hier soir le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze, de passage à Paris. Jusqu'à présent, le gouvernement gabonais n'avait confirmé que trois décès. Par ailleurs, entre 800 et 1 100 personnes ont été interpellées dans l'ensemble du pays, avait indiqué jeudi le ministre de l'Intérieur. La situation est aussi tendue dans les PK, les quartiers périphériques qui s'étendent le long de l'unique route nationale reliant Libreville au reste du pays.
Depuis mercredi soir, plusieurs villes de province, comme Oyem, Port-Gentil ou Bitam, ont elles aussi connu des troubles, notamment dans le nord, proche du Cameroun, où la situation est « particulièrement tendue », selon une source sécuritaire. À Oyem, principale ville du nord du Gabon, « un policier a été blessé à la tête par un tir de fusil de chasse », selon cette source qui parle d'un pronostic vital engagé. M. Bilie-By-Nze affirmait lui hier soir que « ses jours ne sont pas en danger ».
Dans la ville de Bitam, près de la frontière camerounaise, des postes de contrôle de gendarmerie sont tenus par les habitants qui attendent que Jean Ping, principal rival d'Ali Bongo, prenne la parole et un nouveau décompte des voix, a affirmé le député d'opposition Patrick Eyogo.

« Hold-up électoral »
En attendant, les autorités gabonaises ont autorisé hier soir à rentrer chez eux les représentants de l'opposition et de la société civile retenus depuis jeudi matin au quartier général de Jean Ping. Quelques minutes plus tôt, la France avait demandé à Libreville de rendre « leur liberté de mouvement » aux 27 responsables de l'opposition – dont un ancien vice-président et deux anciens ministres – retenus par les forces de sécurité au QG de Jean Ping. Plus tôt hier, les « 27 » avaient lancé, par l'entremise de leur avocat en France, Me Eric Moutet, un appel à la communauté internationale dénonçant « leurs conditions de séquestration » et « le hold-up électoral » commis par le régime. « Ils sont sortis, je pense que les pressions ont fini par payer », s'est réjoui Me Moutet. « Nous allons saisir la Cour constitutionnelle et demander à la Cénap (la commission électorale) de recompter les voix », a annoncé, dès sa sortie, l'un des opposants, Paul-Marie Gondjout, tout en remerciant la communauté internationale pour sa mobilisation. Les opposants libérés se sont ensuite rendus au domicile de Jean Ping qui, après avoir disparu durant deux jours, les y attendait pour tenir une conférence de presse.
(Source : AFP)

Le Gabon se trouvait toujours hier sous haute tension avec de nouveaux civils tués et des pénuries de nourriture qui menaçaient dans tout le pays. À Libreville, deux hommes de 27 et 28 ans ont été tués par balles dans le quartier de Nzeng Ayong, lors d'affrontements jeudi soir entre manifestants et forces de l'ordre, selon deux journalistes de l'AFP. Ces deux décès portent à cinq le nombre de victimes recensées depuis le début des troubles mercredi après-midi, juste après l'annonce de la réélection contestée d'Ali Bongo. Les affrontements ont fait trois blessés parmi les forces de l'ordre et « entre trois et cinq morts » parmi les manifestants, a reconnu hier soir le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze, de passage à Paris. Jusqu'à présent, le gouvernement gabonais n'avait confirmé...
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