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Moyen Orient et Monde - Brésil

« Ils pensent qu’ils nous ont battus, mais ils se trompent. Nous reviendrons ! »

Après sa destitution, Dilma Rousseff réclame un nouveau procès et l'annulation de la sentence.

Sa destitution n’a pas sapé le moral de Dilma Rousseff, plus combative que jamais, ni son goût pour le sport, le VTT (vélo tout terrain) notamment, auquel elle s’adonnait hier à Brasilia. Evaristo Sa/AFP

La présidente destituée du Brésil, Dilma Rousseff, a fait appel hier auprès de la Cour suprême pour demander un nouveau procès et l'annulation de la sentence historique qui l'a écartée du pouvoir au terme d'une procédure hautement controversée. Son avocat et ex-ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, qui l'a défendue fermement depuis le début de la procédure, a ainsi exigé auprès du Tribunal suprême fédéral (STF) « la suspension immédiate de la décision du Sénat qui a condamné pour crime de responsabilité la présidente de la République ». Il a donc également réclamé « un nouveau procès » et le retour à un poste de président par intérim de Michel Temer, l'ancien vice-président de Mme Rousseff devenu, mercredi, le nouveau dirigeant du Brésil.
Une large majorité des sénateurs avait voté, sans surprise, mercredi, en faveur de la destitution de la présidente de gauche, pour maquillage des comptes publics. Mais ils ne lui ont pas retiré ses droits civiques, ce qui lui permet d'exercer une fonction publique et d'être candidate à des élections. Dilma Rousseff clame son innocence et dénonce un « coup d'État » parlementaire orchestré par l'opposition de droite et Michel Temer. C'est lui qui avait assumé le pouvoir le 12 mai, quand la première femme à avoir été élue à la tête du Brésil, en 2010, puis réélue de justesse en 2014, avait été écartée dans l'attente du vote crucial de mercredi.
Maintenant que son Parti des travailleurs (PT, gauche) est revenu dans l'opposition, après 13 ans au pouvoir, Mme Rousseff a lancé une sévère mise en garde à son successeur : « Ils pensent qu'ils nous ont battus, mais ils se trompent. Je sais que nous allons tous lutter. Ils vont être confrontés à l'opposition la plus ferme, infatigable et énergique que puisse subir un gouvernement putschiste, a-t-elle martelé. Nous reviendrons! »

Redorer le blason
Après avoir prêté serment comme nouveau président du Brésil, Michel Temer, cet homme fort du parti PMDB (centre-droit), s'est immédiatement envolé pour la Chine, pour un sommet du G20 où il compte redorer le blason du géant sud-américain.
M. Temer a été salué par le secrétaire d'État américain John Kerry, qui s'est déclaré confiant dans le maintien de « la forte relation bilatérale qui existe entre les deux plus grandes démocraties et économies de l'hémisphère », selon un communiqué de la présidence brésilienne publié hier. Les présidents argentin, Mauricio Macri, et péruvien, Pedro Pablo Kuczynski, ainsi que le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, « ont félicité » également M. Temer.
Un son de cloche radicalement différent est venu de plusieurs gouvernements de gauche d'Amérique latine : le président socialiste vénézuélien, Nicolas Maduro, a annoncé le gel des relations diplomatiques et le rappel de son ambassadeur. En Équateur, le président socialiste Rafael Correa a dénoncé une « trahison » et décidé de rappeler son chargé d'affaires au Brésil, tandis que le gouvernement cubain « rejetait énergiquement le coup d'État parlementaire », également critiqué par la Bolivie d'Evo Morales.
En réaction, Brasilia a rappelé pour consultation ses ambassadeurs au Venezuela, en Bolivie et en Équateur.

Défis importants
Tout aussi impopulaire que sa rivale, M. Temer a promis de « remettre le Brésil sur les rails », lors de sa première réunion de cabinet mercredi. « Il faudra en sortir sous les applaudissements des Brésiliens. Cela va être difficile », a-t-il reconnu.
Car si ce président conservateur bénéficie de la bienveillance des marchés pour tenter de sortir de la crise ce pays de 206 millions d'habitants comptant près de 12 millions de chômeurs, un record, la partie n'est pas gagnée. « L'impeachment de Rousseff retire un élément d'incertitude politique qui a pesé sur l'économie du pays », a affirmé hier l'agence américaine Moody's Investors Service dans un communiqué. Mais Michel Temer « fait face à des défis importants dans l'implantation des réformes nécessaires, comme celle de la prévoyance sociale, qui exigeront un consensus politique loin d'être assuré », a-t-elle prévenu.
(Source : AFP)

La présidente destituée du Brésil, Dilma Rousseff, a fait appel hier auprès de la Cour suprême pour demander un nouveau procès et l'annulation de la sentence historique qui l'a écartée du pouvoir au terme d'une procédure hautement controversée. Son avocat et ex-ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, qui l'a défendue fermement depuis le début de la procédure, a ainsi exigé auprès du Tribunal suprême fédéral (STF) « la suspension immédiate de la décision du Sénat qui a condamné pour crime de responsabilité la présidente de la République ». Il a donc également réclamé « un nouveau procès » et le retour à un poste de président par intérim de Michel Temer, l'ancien vice-président de Mme Rousseff devenu, mercredi, le nouveau dirigeant du Brésil.Une large majorité des sénateurs avait voté,...
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