Le secrétaire d’État américain, John Kerry, serrant la main de la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, lors de leur entrevue, hier, à New Delhi. Prakash Singh/AFP
Le secrétaire d'État américain John Kerry a réclamé, hier, à New Delhi, un renforcement de la coopération en matière de sécurité et d'économie entre les États-Unis et l'Inde, face à la puissance croissante de la Chine en Asie.
M. Kerry a lancé la seconde édition du « Dialogue stratégique et commercial » entre Washington et New Delhi, deux mastodontes aux relations historiques compliquées et qui ont mis sur pied, en 2015, ce forum de sécurité et de commerce sur le modèle du « Dialogue stratégique et économique » entre les États-Unis et la Chine.
« Après tout, les États-Unis et l'Inde sont des pays leaders dans le monde. Nous sommes les plus fortes et les plus grandes démocraties dans le monde », a souligné M. Kerry aux côtés de la secrétaire américaine au Commerce, Penny Pritzker, et de leurs homologues indiennes, Sushma Swaraj et Nirmala Sitharaman. « Quand l'Inde et les États-Unis joignent leurs forces, les bénéfices ne se font pas seulement sentir dans nos pays, mais aussi dans beaucoup d'autres, et pas seulement dans la région », a-t-il assuré.
L'ombre de Pékin
John Kerry n'a pas cité la Chine, rivale de l'Inde, mais l'ombre de Pékin plane systématiquement sur les discussions en matière de sécurité et d'économie que les États-Unis ont avec leurs partenaires en Asie. D'ailleurs, dans le secteur de la défense, les deux ministres Ashton Carter et Manohar Parrikar ont signé, lundi, à Washington, un accord de collaboration qui prévoit un accès réciproque aux bases militaires pour la maintenance et le réapprovisionnement d'équipements de défense. D'après le patron du Pentagone, il sera plus facile en termes logistiques de monter des opérations militaires conjointes.
Washington et New Delhi se sont rapprochés de manière spectaculaire depuis les années 2000, sous la présidence du républicain George W. Bush puis sous celle du démocrate Barack Obama, à la faveur du « pivot » ou du « rééquilibrage » de l'Amérique vers l'Asie, destiné à contrebalancer l'influence de la Chine.
À Washington, M. Carter a ainsi loué le « partenariat » entre les deux géants qui ont eu des relations difficiles durant la guerre froide, lorsque New Delhi, bien que pays non aligné, penchait plutôt du côté soviétique. Les États-Unis sont historiquement plus proches du Pakistan. Washington avait aussi mené la charge des sanctions internationales contre les essais nucléaires de l'Inde, en 1998. Les deux pays avaient ensuite signé, en 2005, un accord majeur de coopération dans le nucléaire civil, mais qui ne s'est pas encore traduit par des contrats commerciaux pour les entreprises du nucléaire américain.
Enfin, M. Kerry doit s'entretenir aujourd'hui avec le Premier ministre indien, Narendra Modi.
(Source : AFP)


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