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Moyen Orient et Monde

Les enjeux de l’offensive de Hama

Décryptage

Les succès engrangés par les groupes insurgés dans la province de l'Ouest syrien pourraient pousser le régime à redéployer ses effectifs présents à Alep.

31/08/2016

Alors que les principales informations venant du terrain syrien concernent surtout la ville et la province d'Alep, une autre offensive presque aussi importante fait rage depuis lundi, un peu plus à l'ouest. En effet, plusieurs localités importantes de la province de Hama ont été reprises ces derniers jours par des groupes armés : les villes de Halfaya et Taybat al-Imam, ainsi que plusieurs villages et checkpoints sont tombés aux mains des insurgés. Certes, de violents combats se déroulent dans cette zone depuis deux ans au moins, mais il semble que les pertes enregistrées au cours des dernières heures par le régime syrien y soient particulièrement importantes.

Plusieurs groupes armés sont présents sur place, notamment l'Armée syrienne libre (ASL), Jund al-Aqsa, Jaych al-Ezza, et menaceraient Soran, une position-clé du régime au nord de Hama, Maharda, l'une des plus grandes villes chrétiennes du pays, et se trouveraient à quelques kilomètres à peine de la ville même de Hama, selon certaines sources. Cette offensive intervient alors que des frappes russo-syriennes intensives sont régulièrement lancées ces dernières semaines contre des positions insurgées dans cette province.

 

(Pour mémoire : Sérieux revers pour le régime syrien qui perd une localité clé sur la route Alep-Hama)

 

Plus encore, il semble logique de penser que les rebelles cherchent à attirer les troupes syriennes loyalistes positionnées à Alep, et donc à alléger la pression sur la ville du Nord, scindée en deux camps depuis plusieurs années. « La stratégie des rebelles consiste à étirer au maximum les troupes du régime, sachant qu'à chaque fois que ce dernier est engagé sur plusieurs fronts en même temps, il est en difficulté », affirme Stéphane Mantoux, agrégé d'histoire, et qui rappelle l'assaut des rebelles et de l'État islamique à Deir ez-Zor, dès le lancement de l'offensive destinée à lever le blocus sur les quartiers rebelles d'Alep début août.

Les troupes loyalistes « ne peuvent tenir plusieurs combats majeurs en même temps, ce qui a toujours été le point faible (du président syrien Bachar el-) Assad depuis le début » de la guerre, estime ce spécialiste du conflit syrien, malgré l'aide conséquente apportée à Alep par la Russie, l'Iran, le Hezbollah, les milices chiites irakiennes, les Afghans chiites de la brigade Fatimiyoun recrutés par l'Iran, les Pakistanais... La pression sur les protagonistes du conflit est considérable à Alep, et plusieurs offensives, notamment anti-EI, prévues par le régime n'ont finalement pas eu lieu, rappelle l'historien, comme celle de Deir ez-Zor, ou encore celle contre Raqqa à partir d'Ithriyya, au nord-est de Hama.

 

(Pour mémoire : L'armée loyaliste progresse à Hama, Washington livre des armes à des rebelles)

 

Grande verticale
Les succès engrangés ces derniers jours dans la province de Hama sont en tout cas importants pour les groupes armés qui combattent le régime syrien, alors que ce dernier cherche à maintenir ce que M. Mantoux appelle « la grande verticale entre Damas et Alep, et qui passe par Homs et Hama ». Car si l'enjeu militaire de Hama – et de son aéroport militaire, d'où partent nombre de frappes – est de taille pour tous les protagonistes du conflit, la symbolique l'est également pour nombre de groupes islamistes qui n'ont pas oublié la répression des Frères musulmans en 1982, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Il serait toutefois erroné d'aller trop vite et de juger que les succès de ces insurgés représentent une menace immédiate pour l'ouest du pays, soit la province de Lattaquié, bastion traditionnel du régime, et malgré la présence de nombreux groupes armés. « Le régime a repris, notamment au début de l'année, des positions dans le nord de la province de Lattaquié, et après le début de l'intervention russe, les rebelles ont aussi perdu du terrain dans cette province à la jonction avec Idleb et Hama », explique Stéphane Mantoux.

 

Pour mémoire

Le régime syrien optimiste : "Damas, Homs, Hama et maintenant le Qalamoun sont sûrs"

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lorsque PEU DE CHOSE LES FAIT JUBILER .. à ces bactéries , et lorsqu'on demande au chef suprême de la résistance de s'exprimer , pour l'entendre parler , alors que quand il parle on le vilipende .. cet homme rend fou , c'est pas Afflelou qui rend fou mais bien lui ..lol...

Pierre Hadjigeorgiou

C'est a présent que j'aimerais entendre Hassouna et ses acolytes!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PREMIER CONSTAT SUR LA PHOTO A L,ATTENTION DES OBTUS EUROPEENS ET ONUSIENS : LE TARE EN BURKINI ! SEULE DIFFERENCE : ARME !

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