Siège de la Réserve fédérale américaine à Washington. Kevin Lamarque/Reuters
La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a à nouveau promis hier une hausse progressive des taux d'intérêt, vu l'amélioration de l'économie américaine, tout en restant prudente face aux « perturbations » qui peuvent troubler l'économie.
Dans un discours prononcé hier à la conférence monétaire annuelle de Jackson Hole (Wyoming), la patronne de la Fed a salué le fait que la première économie mondiale « s'approchait » des objectifs « d'emploi maximum et de stabilité des prix ». « Les arguments pour une hausse des taux d'intérêt se sont renforcés au cours des derniers mois », a-t-elle affirmé, ajoutant que la Fed continuait « de prévoir une augmentation progressive des taux ».
La croissance américaine, à seulement 1,1 % au 2e trimestre, devrait atteindre 2 % sur l'année, espère la Fed, alors que l'inflation annuelle à 0,9 %, selon l'indice PCE, se rapproche lentement de la cible de 2 %. Le taux de chômage à 4,9 % est tout proche du plein emploi.
Mme Yellen veut toutefois garder toutes les options ouvertes avant la prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed dans un peu plus de trois semaines. « Notre capacité à prévoir l'évolution des taux est très limitée » car il faut répondre « aux perturbations qui peuvent troubler l'économie », a-t-elle averti.
Le Comité monétaire de la Fed se réunit les 20 et 21 septembre, avant-dernier rendez-vous avant l'élection présidentielle de novembre, et les acteurs financiers croient peu à un relèvement des taux au jour le jour dès cette rentrée, au vu du cours des instruments financiers à terme sur les marchés. Les taux se situent actuellement entre 0,25 % et 0,50 %.
La banque centrale Fed, qui, depuis la crise financière, a resserré sa politique monétaire une fois seulement en décembre 2015, n'a cessé récemment de repousser un nouveau tour de vis monétaire face au ralentissement de la croissance chinoise puis face au risque du Brexit. « La politique monétaire n'est pas sur une trajectoire prédéterminée », a insisté Mme Yellen. Son numéro 2, Stanley Fischer, a pour sa part reconnu que le rapport très attendu sur l'emploi en août, qui sera publié le 2 septembre, aurait « un poids » sur la prochaine décision de la Fed. En juillet, les créations d'emplois avaient été très solides à 255 000.
Pas de promesse imminente
« Ce n'est pas la promesse d'une action en septembre (...). Nous pensons que décembre sera plus probable », a commenté Ian Shepherdson, de Pantheon Macroeconomics.
Dans ce discours de plus de 20 pages, consacré aux outils de politique monétaire, Mme Yellen s'est surtout attachée à décrire les moyens que pourrait utiliser la banque centrale en cas de nouveau ralentissement de la croissance. « La Fed pourrait souhaiter à un certain moment de considérer de nouvelles options pour conforter une économie forte et résiliente », a-t-elle indiqué. Elle a semblé exclure toutefois l'idée, prônée notamment par John Williams, président de la Fed de San Francisco, de relever la cible d'inflation, ce qui permettrait à la Fed d'attendre plus longtemps avant d'agir sur les taux à la hausse. « Le Comité monétaire n'étudie pas activement ces hypothèses », a-t-elle relevé.
La patronne de la Fed a aussi longuement défendu les largesses monétaires que la banque centrale a adoptées après la crise financière. « Face à la lenteur de la reprise, certains se sont interrogés sur l'efficacité des achats d'actifs. Ces critiques manquent de considérer les obstacles inhabituels que l'économie a rencontrés après la crise », a argumenté Mme Yellen.
(Source : AFP)


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