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Moyen Orient et Monde

Les rebelles soutenus par la Turquie ont chassé l’EI de Jarablous

Syrie

Damas dénonce une « violation flagrante » de son territoire.

OLJ
25/08/2016

Des centaines de rebelles syriens, soutenus par les chars et l'aviation turcs, ont pris hier le contrôle de la localité syrienne frontalière de Jarablous, qui était occupée par les jihadistes du groupe État islamique (EI), à l'issue d'une offensive éclair.
« Jarablous est complètement libérée », a affirmé à l'AFP Ahmad Othmane, commandant d'un groupe rebelle ayant pris part à l'offensive « Bouclier de l'Euphrate » pour s'emparer de cette localité du nord de la Syrie, à la frontière turque.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a également assuré en soirée que Jarablous « avait été reprise » à l'EI. Un porte-parole d'un autre groupe rebelle a affirmé que les jihadistes s'étaient retirés en direction de la ville d'al-Bab, au sud-ouest de Jarablous.
Selon l'agence progouvernementale Anadolu, seul un rebelle syrien a été tué et dix autres blessés. L'agence Dogan a fait état de la mort de 46 jihadistes, ce qui n'a pas été confirmé. La rapidité de la reconquête de Jarablous a stupéfié les experts alors que la capture par les Kurdes de localités tenues par l'EI dans le nord de la Syrie, comme Kobané ou Manbij, avait nécessité de longs combats. L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadistes, a lancé à l'aube ce qui est sa plus importante opération militaire en Syrie depuis le début du conflit il y a plus de cinq ans. Les États-Unis apportent leur soutien – y compris dans les airs – à l'opération turque de l'autre côté de la frontière syrienne pour y repousser l'EI, ont indiqué des responsables américains sous le couvert de l'anonymat. Un responsable du Pentagone a précisé que des avions de la coalition internationale – en particulier des A-10 et des F-16 américains – menaient des frappes pour aider les rebelles syriens. Un peu plus tôt, un responsable américain avait fait savoir que les États-Unis apportaient leur aide en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et de participation de conseillers militaires américains.Plusieurs heures après le déclenchement de l'opération, une dizaine de chars turcs sont entrés en Syrie et tiraient en direction de positions tenues par l'EI dans Jarablous, a constaté un photographe de l'AFP à Karkamis, petite ville frontalière turque visée la veille par des tirs de mortiers puis évacuée. Des F-16 turcs, appuyés par des avions de la coalition, ont largué des bombes sur des sites jihadistes à Jarablous.

Éradiquer l'EI
Le vice-président américain Joe Biden, en Turquie pour parler notamment de la résolution de la guerre en Syrie, dans laquelle Ankara a dit vouloir jouer un « rôle plus actif », a mis en garde la milice kurde qui devra retourner à l'est de l'Euphrate, comme le réclame la Turquie. « Nous avons dit très clairement » que ces forces « doivent retraverser le fleuve » et « n'auront, en aucune circonstance, le soutien des États-Unis si elles ne respectent pas leurs engagements, un point c'est tout », a-t-il déclaré à Ankara, le Premier ministre turc Binali Yildirim à ses côtés. Ce dernier a réaffirmé que la Turquie « ne tolérera(it) pas une quelconque entité kurde à sa frontière » avec la Syrie.
Le président Erdogan a déclaré que l'offensive avait pour but de « mettre un terme » aux problèmes à la frontière turque et visait non seulement l'EI mais aussi les milices kurdes. « La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie », a-t-il dit.
Ankara considère l'EI et le PYD (Parti de l'union démocratique – kurde) comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les jihadistes sur le terrain en Syrie. Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l'opération sur Twitter : « La Turquie dans le bourbier syrien sera vaincue comme Daech. »
La Syrie a condamné l'opération turque comme une « violation flagrante » de son territoire. La Russie, qui soutient militairement Damas, s'est dit « profondément préoccupée » par l'opération, s'inquiétant d'une possible aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes. La France « a salué l'intensification des efforts de la Turquie » dans « la lutte contre Daech (acronyme arabe de l'EI) » par la voix d'un porte-parole des Affaires étrangères.

(Source : AFP)

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