L’offensive des forces irakiennes pour libérer la ville de Qayyarah des mains de l’EI a commencé hier. Stringer/Reuters
Les forces irakiennes soutenues par les raids américains ont lancé hier un assaut contre le groupe État islamique (EI) en vue de préparer le terrain à une offensive pour reprendre Mossoul, la dernière grande ville d'Irak aux mains des jihadistes.
L'objectif de ce nouvel assaut est la reconquête totale de la ville de Qayyarah, une position-clé sur le chemin de la cité septentrionale de Mossoul, à une soixantaine de km plus au nord, selon des sources militaires.
Avec Mossoul en ligne de mire, les troupes fédérales et les forces de la région autonome irakienne du Kurdistan mènent depuis des mois des opérations pour reprendre du terrain à l'EI au nord et au sud de ce chef-lieu de la province de Ninive.
Hier, les forces armées aidées des services du contre-terrorisme (CTS) ont lancé à l'aube l'assaut pour reprendre Qayyarah, a déclaré à l'AFP le général Firas Bachar, porte-parole du commandement des opérations dans la province de Ninive.
L'offensive bénéficie du soutien aérien de la coalition internationale sous commandement américain et « atteint actuellement ses objectifs », a dit Sabah al-Nomane, porte-parole du CTS. « Qayyarah sera nettoyée et l'opération rapidement terminée, ce qui renforcera nos plans pour la bataille finale visant à libérer Mossoul ».
Le maire de Qayyarah, Saleh al-Joubouri, a précisé que les forces irakiennes étaient entrées dans la ville où elles ont pris les principaux sites. « La plupart des combattants de Daech (acronyme arabe de l'EI) ont été tués ou ont fui. »
« Le pire est encore à venir »
Selon M. Nomane, des habitants armés à l'intérieur de Qayyarah ont collaboré avec les forces irakiennes, une démarche rare.
Quelque 15 000 civils sont pris au piège de l'EI dans et autour de Qayyarah, a dit le maire, en soulignant qu'une aide était prête à être livrée aux habitants « dès la libération totale » de la ville.
Alors que les opérations se multiplient en vue de resserrer l'étau autour de l'EI avant de lancer la bataille de Mossoul, l'Onu a averti qu'une offensive contre cette deuxième ville d'Irak pourrait provoquer le pire déplacement de population depuis des années. Le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) a averti qu'une telle offensive pourrait provoquer le déplacement d'un million de personnes supplémentaires. « Le pire est encore à venir », a dit le représentant du HCR en Irak, Bruno Geddo, dans un communiqué. « Selon nos prévisions, cela pourrait entraîner des déplacements massifs à une échelle inédite dans le monde depuis de nombreuses années ». L'Onu ne sait pas combien de personnes vivent à Mossoul, mais « jusqu'à 1,2 million de personnes pourraient être affectées », a indiqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards. Ils viendront s'ajouter aux quelque 3,4 millions de personnes déplacées en Irak depuis janvier 2014, date à laquelle l'EI avait conquis la ville de Fallouja, à l'ouest de Bagdad reprise en juin par le pouvoir irakien.
Davantage de cohésion
Le Premier ministre Haider al-Abadi a de nouveau hier promis que « la ville de Mossoul sera libérée en 2016 ». Mais les responsables américains, qui se sont succédé en Irak pour discuter de l'offensive de Mossoul, sont, eux, plus prudents.
L'envoyé spécial de la Maison-Blanche auprès de la coalition anti-EI, Brett McGurk, a appelé les politiciens irakiens à s'unir et à davantage de cohésion avant le lancement de la bataille de Mossoul, alors que le pays est plongé dans une crise politique marquée par des multiples querelles entre ses responsables.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine