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Moyen Orient et Monde - Turquie/Putsch

Deux peines de prison à vie et 1 900 ans d’emprisonnement requis contre Gülen

Les purges massives s'étendent aux entreprises à Istanbul, cœur économique du pays.

Fethullah Gülen, qui vit en exil aux États-Unis, est la bête noire du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le prédicateur nie toute implication dans le coup de force du 15 juillet. Selahattin Sevi/Zaman Daily/AFP

Le parquet turc a requis deux peines de prison à vie à l'encontre de l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch avorté du 15 juillet, tandis que la purge massive en cours contre ses sympathisants s'est étendue à des dizaines d'entreprises à Istanbul, le cœur économique de la Turquie.
Dans l'acte d'accusation, le prédicateur, qui vit en exil aux États-Unis depuis 1999 et dont Ankara réclame l'extradition, est accusé, d'une part, d'avoir « tenté de détruire l'ordre constitutionnel par la force », et, d'autre part, d'avoir « formé et dirigé un groupe terroriste armé », a rapporté l'agence de presse Anadolu. Une peine supplémentaire de 1 900 ans d'emprisonnement est aussi requise à son encontre. Fethullah Gülen (75 ans), bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, nie toute implication dans le coup de force. Il est accusé depuis des années d'être à la tête d'un « État parallèle » et d'une « organisation terroriste » baptisée Feto, en particulier depuis l'éclatement en 2013 d'un scandale de corruption impliquant M. Erdogan.
Les procureurs accusent le réseau Gülen d'avoir infiltré les institutions et les services de renseignements. Le groupe s'est appuyé sur son réseau de fondations, d'écoles privées, d'entreprises, de sociétés d'assurances ou encore de médias pour prendre le contrôle des institutions turques, selon l'accusation. La Feto est accusée d'avoir collecté des fonds versés par des hommes d'affaires sous le couvert de « dons » et d'avoir transféré cet argent aux États-Unis via des banques aux Émirats arabes unis, en Afrique du Sud, en Tunisie, au Maroc, en Jordanie et en Allemagne. Une enquête avait été ouverte sur la Feto et son mode de financement en septembre 2015 par les procureurs. Depuis lors, 111 personnes ont été visées dans cette affaire et risquent entre deux ans de réclusion et la prison à vie. Treize suspects sont toujours en détention préventive.
Dès le surlendemain du coup d'État avorté, M. Erdogan avait évoqué un possible rétablissement de la peine capitale, abolie en 2004 dans le cadre de la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union européenne.

Procès « juste et impartial »
Plus tôt hier en journée, le Premier ministre turc, Binali Yildirim, s'était prononcé devant le Parlement en faveur d'un « procès juste et impartial » pour M. Gülen, semblant faire marche arrière sur ce dossier sensible. « Gülen va rentrer en Turquie et il rendra des comptes, a-t-il martelé. Une personne ne meurt qu'une seule fois lorsqu'elle est exécutée. Il existe des façons de vivre qui ressemblent davantage à la mort pour ces gens. » « Le peuple souhaite le rétablissement de cette peine (capitale), mais je ne pense pas que si un débat parlementaire est ouvert sur le dossier, les députés l'approuveront », a toutefois affirmé une source gouvernementale.
Hier, également, les autorités turques ont poursuivi leur purge critiquée par l'Occident. Elles ont déjà fait arrêter plus de 35 000 personnes soupçonnées de sympathies pour M. Gülen. Toutefois, 11 597 d'entre elles ont été libérées. Tôt dans la matinée, la police financière a déclenché une vaste opération à Istanbul, première mégapole de Turquie, contre des entreprises soupçonnées de liens avec M. Gülen, selon les médias. Plus de 80 personnes ont été placées en détention. Le parquet d'Istanbul a pour sa part annoncé, hier, que 239 employés des tribunaux d'Istanbul, dont des procureurs, avaient été placés en détention dans le cadre d'une opération réalisée lundi.
Toujours hier, M. Erdogan a insisté, devant un parterre de bâtonniers, sur le fait que « toutes les détentions se font dans le cadre des lois » et de l'état d'urgence décrété au lendemain du putsch manqué, balayant d'un revers de la main les critiques internationales. « À ce jour, un mois après le coup d'État, aucun dirigeant occidental n'a encore visité notre pays », a-t-il aussi regretté.
Parallèlement, un tribunal d'Istanbul a décidé d'interdire de manière provisoire la parution du journal prokurde Özgür Gündem, a aussi rapporté l'agence Anadolu. Aussitôt, la police a investi le siège du journal, procédant à plusieurs interpellations parmi ses journalistes, dont le rédacteur en chef Zana Kaya, mais aussi d'autres membres de la presse qui couvraient l'événement.
Enfin, sur le plan diplomatique, le vice-président américain Joe Biden est attendu le 24 août en Turquie, selon Ankara.

(Source : AFP)

Le parquet turc a requis deux peines de prison à vie à l'encontre de l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch avorté du 15 juillet, tandis que la purge massive en cours contre ses sympathisants s'est étendue à des dizaines d'entreprises à Istanbul, le cœur économique de la Turquie.Dans l'acte d'accusation, le prédicateur, qui vit en exil aux États-Unis depuis 1999 et dont Ankara réclame l'extradition, est accusé, d'une part, d'avoir « tenté de détruire l'ordre constitutionnel par la force », et, d'autre part, d'avoir « formé et dirigé un groupe terroriste armé », a rapporté l'agence de presse Anadolu. Une peine supplémentaire de 1 900 ans d'emprisonnement est aussi requise à son encontre. Fethullah Gülen (75 ans), bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, nie toute implication dans...
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