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Moyen Orient et Monde - Décryptage

Une nouvelle étape dans la coopération entre Moscou et Téhéran en Syrie

Une image, tirée d’une vidéo publiée sur le site officiel du ministère russe de la Défense, montre un bombardier russe Tu- 22M3 qui a décollé d’une base aérienne iranienne hier, frappant des positions jihadistes en Syrie. AFP

L'ouverture aux bombardiers russes d'une base aérienne iranienne pour frapper les positions jihadistes en Syrie est apparue comme un signal fort du renforcement de la coopération militaire et stratégique entre les deux pays.

Si la coordination militaire s'était renforcée au cours des derniers mois sur le terrain, le déploiement de l'aviation russe sur un aérodrome en Iran consacre une évolution stratégique majeure dans le nouveau contexte opérationnel, marqué par la phase décisive de la bataille d'Alep et le durcissement de la confrontation entre les principaux acteurs régionaux impliqués dans le conflit.

Les raids massifs contre les positions de l'EI et du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra) ne changent pas substantiellement la donne sur le terrain, dans la mesure où toute évolution significative du rapport de forces reste conditionnée par une offensive terrestre sur Raqqa qui abrite l'un des principaux états-majors de l'EI, après la reprise de la ville d'al-Bab et de Deir ez-Zor. Néanmoins l'avantage tactique procuré par la mise à disposition de cette base aérienne aura certainement une plus grande implication sur les batailles en cours.

En franchissant un nouveau seuil dans la coordination opérationnelle, Russes et Iraniens ont envoyé un message fort à toutes les parties qui soutiennent les groupes armés. Malgré les contradictions persistantes entre les deux acteurs, que cristallisent les enjeux géo-énergétiques, la coopération entre la Russie et Israël et l'approche russe sur la question kurde, Moscou et Téhéran partagent une même vision des grandes priorités stratégiques sur le dossier syrien.

 

(Lire aussi : Les premiers enseignements de la bataille d'Alep)

 

Depuis quelques mois, la coopération militaire et technique n'a cessé de s'approfondir. La visite en Russie en février 2016 du ministre iranien de la Défense, Hossein Dehghan, avait donné une impulsion à la coopération militaire. Ni l'implication profonde de la Russie en Syrie, qui renforçait son influence croissante sur l'appareil militaire de l'État syrien au détriment de l'Iran, ni la divergence d'intérêts économiques et la concurrence pour le contrôle des réserves d'hydrocarbures n'ont compromis la coopération stratégique. En atteste la décision iranienne d'accueillir sur ses bases les bombardiers russes.

Par ailleurs, alors que le début de rapprochement russo-turc et la rencontre à Moscou le 10 août dernier entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont été sujets à spéculations sur le jeu de bascule de Moscou, ce dernier développement montre que la relation russo-iranienne est marquée par des constantes. Le retour à la normale des relations économiques, la relance du projet du gazoduc « TurcStream » et les infléchissements possibles dans la position turque sur le dossier syrien pouvaient laisser penser qu'une contrepartie serait négociée sur le volet du soutien inconditionnel de Moscou à Téhéran.

Or, quelle que soit l'ampleur des contradictions qui opposent les deux acteurs sur le terrain en Syrie, les priorités stratégiques restent les mêmes. La coopération russo-iranienne ne constitue pas une simple orientation de politique étrangère, qui pourrait être compromise par la concurrence que se livre les deux pays, mais une coopération qui se renforce continuellement dans une nouvelle phase de reconfiguration des rapports de forces globaux. Avec la levée des sanctions américaines contre l'Iran et le grand redéploiement stratégique russe, les synergies géopolitiques entre Moscou, Téhéran et Pékin face à l'Otan restent la pièce maîtresse d'une nouvelle redistribution des cartes.

 

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L'ouverture aux bombardiers russes d'une base aérienne iranienne pour frapper les positions jihadistes en Syrie est apparue comme un signal fort du renforcement de la coopération militaire et stratégique entre les deux pays.
Si la coordination militaire s'était renforcée au cours des derniers mois sur le terrain, le déploiement de l'aviation russe sur un aérodrome en Iran consacre une...

commentaires (5)

UNE HYPER ERREUR HITLERIENNE ET STRATEGIQUEMENT AYATOLLAHIENNE... QUI COUTERA TRES CHER AUX RUSSES DONT LES PIEDS D,ARGILE ECONOMIQUE FLECHIRONT ET EMPORTERONT TOUT AVEC...

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

09 h 52, le 18 août 2016

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Commentaires (5)

  • UNE HYPER ERREUR HITLERIENNE ET STRATEGIQUEMENT AYATOLLAHIENNE... QUI COUTERA TRES CHER AUX RUSSES DONT LES PIEDS D,ARGILE ECONOMIQUE FLECHIRONT ET EMPORTERONT TOUT AVEC...

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    09 h 52, le 18 août 2016

  • Les USA coordonnent avec les russes et se sont partagés les rôles. Les russes coordonnent avec Israël pour les contours à respecter. Les russes coordonnent avec Bachar et les iraniens. Le pantin Hezbollah essaie de suivre la mouvance politique qui le dépasse. Nasrallah est tellement perdu dans cette jungle politique qu'il crie à tort et à travers des slogans dépassés par les événements : mort à l'américaine et mort à Israël alors que l'Amérique et Israël et les russes et l'Iran et Bachar sont d'accord sur tous les plans. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que le Hezbollah commence à s'effriter de l'intérieur, comme le parti de Aoun.

    Saleh Issal

    16 h 46, le 17 août 2016

  • Excellent Mme Kennouche , avoir parlé de la Chine en réserve contre l'occident qui s'effrite prouve la justesse de votre analyse. On a comme l'impression que le bloc du complot occidental va en vrille et celui des résistants se renforcent de plus en plus. La turquie a sonné le départ de cette déconfiture qui verra bientôt une debandade à venir sûre et certaine parce basée sur du faux et de l'injuste.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 02, le 17 août 2016

  • Cette action se lit plus par une tentative de couvrir les déboires Russo-Iraniens a Alep ou, malgré la puissance de feu Russe, les rebelles ont réussi un coup de force et réalisé une énorme victoire en résistant a l'attaque des milices et mercenaires du régime. Je vous suggère aussi de voir cette action comme plutôt une possibilité de voir Tartous remplacé par Hamedan vu que Bachar ne fait plus le poids depuis longtemps... Quelque chose comme un plan B... Dans les deux cas Poutine se trompe et, a plus long terme, le paiera cher.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 30, le 17 août 2016

  • POUR SE DORER UN PEU LE BLASON LES SATANS DE QUEL ENFER QUE CE SOIT SONT LES BIENVENUS CHEZ LES AYATOLLAHS... L,ERREUR EST STRATEGIQUE !!!

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    06 h 36, le 17 août 2016

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