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Économie - Focus

Comment le Nigeria a perdu sa place de première économie d’Afrique

Une campagne publicitaire contre la destruction des oléoducs dans la région pétrolifère du Delta. Stefan Heunis/AFP

Chute du prix du baril, inflation, insécurité au sud, crise humanitaire au nord, pénurie d'électricité : en quinze mois, l'économie du Nigeria s'est effondrée au point de perdre sa première place en Afrique.
« Le Nigeria est soudainement devenu un pays pauvre », a déclaré le président Muhammadu Buhari jeudi lors d'une conférence en présence de représentants des Nations unies à Abuja. « Avant que je ne prenne mes fonctions, le pétrole se vendait à quelque 100 dollars le baril. Ensuite, il s'est effondré à 37 dollars, pour osciller maintenant entre 40 et 45 dollars », s'est-il défendu pour expliquer cette descente aux enfers de l'économie nigériane.
Le géant d'Afrique de l'Ouest, qui tire 70 % de ses revenus de sa production de pétrole, a laissé la place de première économie africaine à l'Afrique du Sud, selon les derniers calculs des PIB en dollar par le Fonds monétaire international mercredi. Il y a quelques mois déjà, le Nigeria perdait la première place d'exportateur d'or noir sur le continent au profit de son rival angolais.
Selon les chiffres de l'Opep publiés vendredi, le Nigeria produit 1,5 million de barils par jour – contre 1,78 million pour l'Angola –, et accuse une chute de 21,5 % par rapport au mois de janvier (soit un manque à gagner de 41 300 barils par jour), notamment à cause des insurrections de groupes rebelles dans la région pétrolifère du Delta.
Les Vengeurs du Delta, nouveau groupe armé aux velléités indépendantistes, font exploser des installations pétrolières depuis le début de l'année et ont promis de mettre le pays à genoux tant que leurs revendications ne seraient pas entendues.
Peu à peu, le pays le plus peuplé du continent – avec 170 millions d'habitants – perd tous ses superlatifs et s'enfonce dans l'obscurité : la production électrique, qui connaissait déjà d'immenses difficultés avant la crise avec à peine 6 000 mégawatts, a plongé à 2 500 MW.

« Restaurer la confiance »
Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique et son gigantesque projet de raffinerie à 14 milliards de dollars, devrait apporter un souffle à la production énergétique dès 2017 selon la société BMI Research, alors que le Nigeria doit toujours importer son essence raffinée pour faire fonctionner ses centrales.
Mais il lui faudra trouver assez d'investisseurs capables de supporter le projet. Le géant Transcorp a annoncé la semaine dernière qu'il suspendait son projet de construire la plus grande centrale électrique du pays (1 000 MW), annoncé en 2014, par manque de financements.
« La priorité aujourd'hui est de restaurer une crédibilité économique » et de rassurer les investisseurs, note Manji Cheto, analyste financière spécialisée sur l'Afrique de l'Ouest pour Teneo Holdings Intelligence.
C'est ce que s'efforce de faire le vice-président Yemi Osinbajo à qui Muhammadu Buhari, souvent décrié pour sa mauvaise gestion du pays, laisse de plus en plus d'espace pour gérer les questions économiques.
Jeudi, M. Osinbajo a rappelé son engagement pour une meilleure diversification de l'économie – après des décennies de tout pétrole –, notamment au profit du secteur de l'agriculture, pour s'assurer que le pays soit en « autosuffisance alimentaire ».
L'agriculture est le seul secteur à enregistrer de la croissance, alors le secteur bancaire s'effondre, suivi de celui des services, et de l'industrie.
Mi-juillet, BMI Research prévoyait un repli de la croissance nigériane à 4,3 % sur les dix prochaines années, alors que le pays avait enregistré une moyenne de 6,8 % sur la dernière décennie.
Sophie BOUILLON / AFP

Chute du prix du baril, inflation, insécurité au sud, crise humanitaire au nord, pénurie d'électricité : en quinze mois, l'économie du Nigeria s'est effondrée au point de perdre sa première place en Afrique.« Le Nigeria est soudainement devenu un pays pauvre », a déclaré le président Muhammadu Buhari jeudi lors d'une conférence en présence de représentants des Nations unies à Abuja. « Avant que je ne prenne mes fonctions, le pétrole se vendait à quelque 100 dollars le baril. Ensuite, il s'est effondré à 37 dollars, pour osciller maintenant entre 40 et 45 dollars », s'est-il défendu pour expliquer cette descente aux enfers de l'économie nigériane.Le géant d'Afrique de l'Ouest, qui tire 70 % de ses revenus de sa production de pétrole, a laissé la place de première économie africaine à l'Afrique du Sud,...
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