Le président de la RDC, Joseph Kabila, fait face à de nombreuses critiques après plusieurs massacres. Archives AFP
Une trentaine de civils au moins ont été tués dans la nuit de samedi à hier à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, selon le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l'armée, accusant des rebelles présumés des Forces démocratiques alliées (ADF).
« On vient de retrouver leurs corps » dans le quartier de Rwangoma. « La recherche de corps continue », a-t-il ajouté, joint au téléphone de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont « contourné » les positions de l'armée « pour venir massacrer la population en guise des représailles » aux opérations militaires en cours dans la zone.
Rwangoma est un quartier périphérique de Beni, une ville frontalière du parc des Virunga, où s'abritent des groupes armés, dans le nord du Nord-Kivu. Rebelles musulmans ougandais opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'est de la RDC depuis 1995. Ils sont accusés d'être les principaux auteurs de massacres qui se poursuivent dans la région de Beni depuis octobre 2014.
Cette nouvelle attaque a eu lieu 72 heures après une visite du président congolais Joseph Kabila dans la région où il a promis de tout mettre en œuvre pour « imposer » la paix et la sécurité. « Il y a déjà 35 corps ramenés à la morgue de l'hôpital de Beni », a déclaré de son côté Gilbert Kambale, président de la société civile de la ville de Beni. « C'est de la consternation parce que le président de la République est passé par ici et voilà que nous sommes massacrés », a-t-il regretté.
Hier, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles aux gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni. Les manifestants portaient au moins un nouveau corps sans vie d'une des victimes de la tuerie, selon des témoins. « Notre gouvernement est incapable de nous sécuriser », criait un manifestant. Selon Jackson Kasereka, militant des droits de l'homme à Beni, les habitants des quartiers du nord de la ville « brûlent des pneus » dans la rue en signe de protestation contre la tuerie et contre les autorités.
Le maire de Beni, Edmond Masumbuko, n'a pas souhaité réagir immédiatement, arguant être « dans une réunion de sécurité ».
(Source : AFP)


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