Des combattants des FDS lors de l’annonce de la bataille d’al-Bab, hier, près de la ville de Manbij. Rodi Said/Reuters
Le régime syrien et son allié russe ont intensifié leurs frappes sur les zones tenues par les insurgés dans le nord du pays. Ces dernières 24 heures, des raids ont été effectués sur les secteurs rebelles à Alep et dans la province voisine d'Idleb aux mains de l'Armée de la conquête depuis 2015, a indiqué hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), soulignant que « la province d'Idleb est le réservoir humain des combattants de l'Armée de la conquête ».Au moins 45 civils ont péri en zone rebelle à Alep et dans sa province, alors que 22 ont été tués dans la ville et la province d'Idleb dans ces bombardements qui se poursuivaient hier, selon l'OSDH. En outre, neuf civils ont péri dans l'ouest d'Alep par des tirs rebelles.
Pour rappel, les insurgés se sont emparés le 6 août du quartier gouvernemental de Ramoussa qui leur a permis de briser le siège imposé aux secteurs rebelles de la ville. Hier, des raids aériens intenses visaient ce quartier.
Les combats se concentrent au sud et au sud-est d'Alep, mais hier les rebelles ont annoncé une nouvelle attaque contre le quartier gouvernemental de Zahra, à la périphérie ouest de la métropole. « Début d'une opération militaire (...) pour libérer Zahra », a tweeté le groupe Faylaq al-Cham. L'OSDH et des militants antirégime ont fait état dans l'après-midi d'un attentat à la voiture piégée dans ce même quartier, sans donner de bilan. « Les forces du régime et leurs alliés sont actuellement sous pression à Alep après leur grande défaite face à l'Armée de la conquête au sud-ouest de la ville », a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Hier soir, les insurgés ont mené une violente attaque contre le secteur de la cimenterie de Cheikh Saïd, adjacent à Ramoussa. Autrefois la plus importante de Syrie, cette cimenterie située au sud-est de Ramoussa est devenue une caserne militaire du régime. « Ils veulent en chasser le régime pour renforcer leurs positions et sécuriser la voie de ravitaillement qu'ils avaient ouvert », selon M. Abdel Rahmane.
Après Manbij, la bataille d'al-Bab
Dans ce pays morcelé, le groupe État islamique (EI) occupe également de vastes territoires, même s'il a encore perdu du terrain avec la récente chute de son fief stratégique de Manbij. Les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) y ont chassé vendredi les derniers jihadistes avec le soutien de la coalition internationale antijihadistes dirigée par les États-Unis.
Hier soir, les FDS ont annoncé « la création du Conseil militaire d'al-Bab (...) pour libérer ses habitants des mercenaires de Daech (acronyme arabe de l'EI), à l'instar du Conseil militaire qui a libéré Manbij ». La ville d'al-Bab se situe à une cinquantaine de km au sud-ouest de Manbij.
La Russie, qui elle aussi combat l'EI, a mené hier des raids aériens sur la ville de Deir ez-Zor, détruisant six dépôts d'armes, deux centres de commandement et des véhicules de l'EI, selon le ministère de la Défense à Moscou, qui a fait état d'un nombre indéterminé de jihadistes tués.
Enfin, sur le plan humanitaire, une fillette de 10 ans blessée par un sniper à Madaya, ville rebelle assiégée par le régime au sud-ouest de Damas, a été évacuée hier vers un hôpital de la capitale après un appel lancé par sa tante depuis Londres. Le Croissant-Rouge syrien a évacué Ghina Qouaïder avec sa mère Sahar à Damas pour recevoir des soins, selon l'OSDH et un responsable syrien.
(Source : AFP)


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