Donald Trump hier, au Merrill Auditorium, à Portland. Sarah Rice/AFP
La mauvaise semaine de Donald Trump continue : déjà très critiqué par les caciques républicains, un ancien patron de la CIA l'a accusé hier d'être un agent russe involontaire.
Michael Morell, ancien directeur par intérim et directeur adjoint de la CIA de 2010 à 2013, a signé une tribune cinglante dans le New York Times pour annoncer qu'il voterait pour Hillary Clinton en novembre, la première fois que cette personnalité du monde du renseignement sort de sa réserve.
« Mme Clinton est hautement qualifiée pour devenir commandante en chef, écrit-il. Donald J. Trump est non seulement pas qualifié pour le poste, mais il pourrait aussi représenter une menace pour notre sécurité nationale. »
Michael Morell affirme que le républicain est notamment coupable d'autoglorification, de susceptibilité et de mépris pour l'État de droit.
Mais l'ex-maître espion va plus loin en soulignant que M. Trump avait fait part de son admiration pour les qualités de « leader » du président russe, Vladimir Poutine. Selon Michael Morell, Vladimir Poutine, lui-même ancien agent du renseignement, a identifié et exploité les vulnérabilités de Donald Trump au début des primaires en le complimentant. « Il a réagi exactement comme M. Poutine l'avait prévu », écrit-il.
« Dans le monde du renseignement, nous dirions que M. Poutine a recruté M. Trump comme un agent de la Fédération de Russie sans qu'il s'en rende compte », accuse Michael Morell.
Son nom s'ajoute à la longue liste d'anciens responsables gouvernementaux dans le domaine de la sécurité nationale ayant dénoncé Donald Trump et, pour certains, ayant appelé directement à voter pour la démocrate, y compris des personnalités républicaines liées aux anciens présidents George W. Bush et Ronald Reagan.
Bien que l'effet sur l'électorat de ces dénonciations, issues de personnalités peu connues du grand public, reste à prouver, elles illustrent l'inquiétude croissante d'une partie de la classe dirigeante vis-à-vis de la personnalité et de la stabilité de Donald Trump, au-delà des divergences de politique étrangère.
En chute libre
Le président Barack Obama a publiquement déclaré Donald Trump inapte à assumer la fonction suprême. « Je n'étais pas d'accord avec certains présidents républicains mais je n'ai jamais douté du fait qu'ils pouvaient occuper leurs fonctions de président », a-t-il dit mardi.
Réinterrogé jeudi lors d'une conférence de presse, Barack Obama a exhorté les Américains à écouter « ce que M. Trump dit et à juger (par eux-mêmes s'ils lui font) confiance pour gérer des choses comme notre triade nucléaire ».
La triade nucléaire est le système de dissuasion nucléaire à trois volets, comprenant des bombardiers, des missiles sol-sol et des sous-marins. L'allusion de Barack Obama n'est pas anodine : en décembre dernier, M. Trump avait paru ne pas connaître le sens du mot « triade » lors d'un débat sur CNN.
Donald Trump commencera dans les deux prochaines semaines à recevoir des briefings confidentiels des services de renseignements américains, selon son directeur de campagne, Paul Manafort, interrogé hier par Fox News. Cette tradition vise à préparer les deux principaux candidats présidentiels avant leur éventuelle prise de fonctions.
« S'ils veulent devenir président, il faut qu'ils se comportent comme des présidents », a prévenu Barack Obama. « Et cela signifie pouvoir assister à ces briefings sans en révéler le contenu. »
Mais le candidat républicain a semé le trouble dans l'affaire révélée mercredi de la livraison de 400 millions de dollars en devises à l'Iran par les États-Unis en janvier, un paiement présenté par Washington comme nécessaire pour régler un ancien différend entre les deux pays, mais que les républicains ont dénoncé comme une rançon pour la libération d'otages, en marge d'un accord nucléaire.
En meeting, Donald Trump a affirmé mercredi avoir visionné une « vidéo militaire » fournie par l'Iran montrant le déchargement de l'argent. Il s'est corrigé hier, écrivant sur Twitter qu'il avait en fait vu à la télévision l'avion des otages débarquant à Genève.
(Source : AFP)


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