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Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...

« J’ai disparu avec deux de mes amis lors d’un week-end de chasse à Alep »

Pour préserver l’espoir

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal »*. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

OLJ
13/04/2016

Mon nom est Édouard.
J'habitais Reyfoun avec mon frère Mansour et sa famille. Je passais mon temps à travailler, ce qui explique sans doute la raison pour laquelle je n'avais pas encore fondé une famille. Je travaillais dans le domaine de la construction et j'avais pour ambition d'investir dans des terrains. C'était la guerre, mais jusqu'à présent nous avions été épargnés.

J'ai toujours considéré que ma réussite dans la vie était un cadeau du ciel. Mon attachement et mon engagement pour l'église de mon village, Mar Roukoz, était ma manière d'exprimer cette gratitude.
En plus de mon travail et de mes activités caritatives, j'étais un passionné de chasse. J'avais l'habitude d'aller chasser les week-ends avec mes amis Fouad et Georges.

En 1985, la situation sécuritaire à Reyfoun s'est détériorée. Se déplacer dans la région était devenu très difficile. Nous avons donc décidé de changer de destination. Des montagnes voisines, nous sommes allés chasser en Syrie, dans la région d'Alep.
Nous avons passé deux week-ends formidables. Mais la troisième fois, nous ne sommes pas rentrés. Deux autres chasseurs qui nous accompagnaient ont annoncé la terrible nouvelle à mon frère. Nous avions été enlevés et apparemment emmenés à Raqqa.

En ce jour, la vie de mon frère a basculé en un instant. Il n'avait plus qu'une idée : me retrouver. Il a tout laissé tomber, ses employés et sa famille, et il est parti vivre à Damas neuf mois durant dans une tentative de trouver des réponses. Jusqu'au jour où on lui a interdit de retourner en Syrie.
Mon nom est Édouard Sfeir. Mes amis sont Fouad Haddad et Georges Azzi. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

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