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Sport

Daniah Hagul, seule nageuse à défendre les couleurs de la Libye

À 17 ans, la jeune fille au sourire contagieux participera à Rio aux épreuves du 100 m brasse. En 2015, elle a remporté trois médailles d'or lors d'une compétition internationale au Qatar.

Daniah Hagul sera la première femme à nager pour la Libye aux JO depuis la chute de Mouammar Kadhafi. À 17 ans, c’est sa première participation aux Jeux et elle se destine à une carrière d’architecte. Matthew Mirabelli/AFP

Jeune fille posée au sourire contagieux, Daniah Hagul part à Rio avec un lourd poids sur les épaules : elle sera la première femme à nager pour la Libye aux JO depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi.
Dans un pays où l'on apprend à tirer dans un ballon avant même d'apprendre à parler, la natation est loin d'être le sport préféré des Libyens. Et encore moins des Libyennes, qui hésitent à se mettre en maillot de bain en public. Piscines et clubs de natation sont quasi inexistants, et le budget de la Fédération reste limité dans cet État déchiré par les conflits depuis la chute de Kadhafi en 2011.

Bousculer les mentalités
« Ce sera un honneur et un privilège pour moi de représenter mon pays à Rio (...) et je m'y prépare en travaillant dur », confie Daniah, qui participera aux épreuves du 100 m brasse. À 17 ans, ce sera sa première participation aux JO. En 2015, elle a remporté trois médailles d'or lors d'une compétition internationale au Qatar et elle a réussi à se qualifier pour les championnats du monde à Kazan, en juillet-août, même si elle n'a pas dépassé les séries. Si Daniah a pu se hisser au top niveau, elle le doit à la décision de ses parents de s'expatrier à Malte dans les années 1990. C'est dans cette île méditerranéenne qu'elle a commencé à nager à l'âge de 4 ans, avant de débuter en compétition à 13 ans. « Daniah est la seule nageuse représentant la Libye dans des compétitions internationales et elle peut le faire parce qu'elle réside hors de Libye », explique son père, Bachir. Lui et sa femme Samira, libyenne elle aussi, ont toujours encouragé Daniah dans sa carrière de nageuse, avec l'espoir que les mentalités changeront dans leur pays. « La natation féminine est une nouveauté pour la Libye. Certains n'y voient que des difficultés (...), mais c'est par les parents que ça doit commencer, c'est à eux de bousculer les mentalités, d'encourager et de soutenir leurs filles. (...) C'est avant tout l'obstacle culturel qu'il faut supprimer », estime Samira.
Si la presse libyenne parle peu de Daniah, son histoire et son exemple sont largement mentionnés sur les réseaux sociaux par les Libyens, qui préféreraient voir le nom de leur pays associé à une médaille olympique plutôt qu'à la guerre.
Après avoir débuté l'entraînement à Malte, Daniah a intégré l'internat Mount Kelly en Angleterre, « parce qu'ils ont un programme dédié à la natation sous la direction de Robin Brew », ex-athlète olympique devenu son mentor. Avec en ligne de mire le rêve des JO, elle se lève tous les jours très tôt pour faire ses longueurs avant ses cours, puis s'entraîne des heures avec son coach maltais quand elle est de retour chez ses parents pour les vacances. « Je ne pouvais m'empêcher de penser, en suivant les épreuves de natation aux JO de Londres en 2012, (...) combien ce serait merveilleux si je pouvais représenter la Libye aux prochains JO », se souvient Daniah.
Pourtant, même après avoir attiré l'attention du Comité olympique libyen, Daniah réalise qu'à cause de la situation dans ce pays, les financements pour la soutenir seront limités. Son entraînement, ses déplacements et ses soins sont principalement à la charge de ses parents. Une holding libyenne, HBGroup, s'est aussi engagée dans l'aventure. Et en un mois, sa campagne de financement participatif, Help Fund Daniah's Olympic Dream, a largement dépassé son objectif, avec plus de 6 800 euros collectés.

Quête d'excellence
Daniah cultive aussi d'autres passions en dehors des bassins. « J'aime depuis toujours les mathématiques et le dessin et, ayant récemment découvert une passion pour la photographie, (...) la combinaison des trois m'ouvrira le chemin vers une carrière d'architecte », dit-elle. Elle a « hâte » de rencontrer d'autres sportifs libyens à Rio. Seul un autre compatriote, Ahmed Attellesey, sera en compétition en natation, sur le 50 m nage libre. Comme Daniah, il s'entraîne à l'étranger, en Suède.
La Libye a participé 10 fois aux JO, mais n'a jamais remporté de médaille, à l'exception d'une en bronze aux Jeux paralympiques. Seules quatre Libyennes ont concouru en natation avant Daniah : Soad et Nadia Fezzani en 1980, Amira Edrahi en 2004 et Asmahan Farhat en 2008.

Rim TAHER/AFP

Jeune fille posée au sourire contagieux, Daniah Hagul part à Rio avec un lourd poids sur les épaules : elle sera la première femme à nager pour la Libye aux JO depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi.Dans un pays où l'on apprend à tirer dans un ballon avant même d'apprendre à parler, la natation est loin d'être le sport préféré des Libyens. Et encore moins des Libyennes, qui hésitent à se mettre en maillot de bain en public. Piscines et clubs de natation sont quasi inexistants, et le budget de la Fédération reste limité dans cet État déchiré par les conflits depuis la chute de Kadhafi en 2011.
Bousculer les mentalités« Ce sera un honneur et un privilège pour moi de représenter mon pays à Rio (...) et je m'y prépare en travaillant dur », confie Daniah, qui participera aux épreuves du 100 m brasse. À...
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