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Moyen Orient et Monde - Sécurité

Frappée par les attentats, la France inscrit dans la durée l’état d’urgence

Les députés adoptent en commission un texte qui prolonge le régime spécial de six mois, jusqu'à fin janvier 2017.

Des députés français réunis, hier après-midi, en commission pour adopter la prolongation de l’état d’urgence. François Guillot/AFP

Cinq jours après l'attentat de Nice, la France s'apprête à prolonger une nouvelle fois l'état d'urgence, dans un climat politique marqué par la prochaine présidentielle et envenimé par les accusations de laxisme de l'opposition en matière d'antiterrorisme. Prévue par le gouvernement pour trois mois, la prolongation devrait être portée à six mois, jusqu'à fin janvier 2017, comme le réclamait une partie de la droite, selon le texte adopté hier après-midi par les députés en commission.
Ce régime, qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence, est en vigueur depuis les attaques jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris. C'est la première fois depuis la guerre d'Algérie (1954-1962), où ce régime d'exception avait prévalu pendant près de huit mois, que l'état d'urgence dure si longtemps en France. Seront également réintégrées dans l'état d'urgence la possibilité de perquisitions administratives à toute heure du jour ou de la nuit, sans l'aval d'un juge, ainsi que celle d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis.
« Les terroristes veulent nous diviser, nous séparer, nous monter les uns contre les autres », a déclaré hier le président socialiste François Hollande. « Il y a un devoir qui m'anime : que nous soyons unis, rassemblés, capables de réagir comme il convient avec la force nécessaire », a-t-il ajouté. « Dès lors qu'il y a eu une attaque, dont nous ne savons pas si elle peut donner lieu à des répliques (...), ma responsabilité et celle du Parlement, c'est de prolonger l'état d'urgence, pour trois mois, même si je suis ouvert pour aller jusqu'à trois mois de plus », a encore déclaré M. Hollande.
Le débat, prévu hier soir devant les députés et aujourd'hui devant les sénateurs, s'annonçait tendu, tant l'opposition de droite ne cesse depuis le carnage du 14 juillet à Nice de critiquer l'exécutif socialiste. Elle a réclamé lundi soir une commission d'enquête parlementaire sur la tragédie niçoise. Le parti Les Républicains de l'ancien président Nicolas Sarkozy est favorable à la prolongation de l'état d'urgence, mais il pose ses conditions : au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre.

Les victimes identifiées
L'attentat de Nice est la troisième tuerie de masse en France depuis janvier 2015. À neuf mois de la présidentielle, il a envenimé le climat politique, l'opposition de droite et l'extrême droite accusant le pouvoir socialiste de laxisme. La tension est exacerbée par l'approche de primaires à droite en novembre propices à une surenchère entre les principaux rivaux, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, favori du scrutin, et M. Sarkozy.
En fauchant avec son camion la foule venue célébrer la fête nationale, son chauffeur tunisien, âgé de 31 ans, a tué 84 personnes et en a blessé plus de 300 autres, dont 19 étaient toujours entre la vie et la mort lundi soir. Toutes les victimes décédées ont été formellement identifiées. Parmi elles figurent 38 étrangers venant de 19 pays, selon le Quai d'Orsay. Une trentaine sont des musulmans, majoritairement des Franco-Tunisiens.
Les enquêteurs ont confirmé « le caractère prémédité » de l'attentat, « pensé et préparé » par Mohamed Lahouaiej Boulhel, qui avait effectué des « repérages » deux jours avant le massacre et pris, quelques heures avant, quatre selfies sur la Promenade des Anglais. Six personnes étaient toujours en garde à vue hier, soupçonnées d'avoir été en contact avec le tueur ou de l'avoir aidé à se procurer un pistolet 7.65 mm utilisé contre des policiers lors de sa course meurtrière.

(Source : AFP)

Cinq jours après l'attentat de Nice, la France s'apprête à prolonger une nouvelle fois l'état d'urgence, dans un climat politique marqué par la prochaine présidentielle et envenimé par les accusations de laxisme de l'opposition en matière d'antiterrorisme. Prévue par le gouvernement pour trois mois, la prolongation devrait être portée à six mois, jusqu'à fin janvier 2017, comme le réclamait une partie de la droite, selon le texte adopté hier après-midi par les députés en commission.Ce régime, qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence, est en vigueur depuis les attaques jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris. C'est la première fois depuis la guerre d'Algérie (1954-1962), où ce régime d'exception avait prévalu pendant près de huit mois, que l'état d'urgence dure si longtemps en France....
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