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Économie

Fitch dégrade la note du Liban à « B- »

Liban - Dette
P. H. B. | OLJ
19/07/2016

Fitch Ratings a dégradé la semaine dernière la note de défaut émetteur à long terme du Liban de « B » à « B- » pour les titres de dette souveraine émis en devises et en livres libanaises. L'agence a parallèlement relevé sa perspective de « négative » à « stable ». Les autres notes de défaut émetteur du Liban ont également été revues à « B- », à l'exception de celle de court terme en devises, maintenue à « B ».
« Fitch a fini par aligner sa notation sur celle de l'agence américaine Standard & Poor's (S&P), qui avait abaissé la note du Liban de "B" à "B-" en novembre 2013 », commente pour L'Orient-Le Jour le directeur du département de recherche du groupe Byblos Bank, Nassib Ghobril. Moody's avait de son côté dégradé la note du Liban de « B1 » à « B2 » en décembre 2014.

Pas d'amélioration des finances publiques
Fitch attribue en premier lieu cette baisse aux risques liés à une détérioration de la situation politico-sécuritaire au niveau local, un phénomène aggravé par la poursuite du conflit syrien. L'agence, qui cite notamment les 26 mois de vacance présidentielle, la paralysie politique au niveau du Parlement et du gouvernement, ainsi que la dégradation des services publics comme les principaux signaux de cette crise, juge que l'amélioration de la situation est conditionnée par une accalmie en Syrie. « Le Liban résisterait mieux aux crises régionales si ses finances publiques étaient saines », affirme M. Ghobril.
Une analyse partagée par Fitch qui ne constate « aucune amélioration » à ce niveau et rappelle que la dette publique du Liban, estimée à 136,7 % du PIB en 2015, est la 3e plus élevée parmi les dettes souveraines qu'elle évalue. « Chaque année, le déficit public creuse davantage la dette », déplore M. Ghobril. Après avoir atteint 3,95 milliards de dollars en 2015 (+28,6 %), le déficit public a ainsi terminé le premier trimestre à 1,44 milliard de dollars (+35,7 % par rapport à la même période en 2015).
Une tendance qui ne devrait pas s'inverser d'ici à 2018 sans réforme fiscale et une baisse des dépenses publiques, poursuit l'agence de notation, qui relève également que le service de la dette a absorbé 42 % des recettes de l'État entre 2013 et 2015. Si Fitch reconnaît que le niveau des dépôts dans les banques libanaises est suffisant (151,6 milliards de dollars en 2015, en hausse de 5 %) pour financer le gouvernement tout en continuant d'accorder des prêts au secteur privé, l'agence voit toutefois dans le ralentissement de leur croissance le signe d'une « pression croissante » sur la solvabilité du pays. « La situation deviendra alarmante s'il y a une fuite des dépôts », estime Marwan Barakat, chef du département de recherche économique de Bank Audi.
Le troisième facteur d'inquiétude isolé par l'agence de notation concerne enfin les performances de l'économie libanaise, dont la croissance devrait se situer en dessous de 2 %, selon Fitch, malgré la baisse des cours du brut (qui oscillent actuellement entre 40 et 50 dollars le baril).
Malgré ces handicaps, l'agence estime que le Liban peut compter sur un niveau élevé de liquidités, malgré un déficit de la balance courante qui s'est élevée à 17 % du PIB en 2015, d'importantes réserves en devises ou encore la rigueur avec laquelle le gouvernement effectue le suivi des remboursements de la dette publique, pour ne pas craindre une dégradation immédiate. « C'est un avertissement sans frais adressé au Liban », résume M. Barakat, avant d'ajouter que la dégradation de la note du Liban par l'agence n'aura pas de conséquences immédiates sur la gestion de la dette publique.

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