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Pour préserver l’espoir

« Mes rêves sont tombés à l’eau le 17 juin 1982... J’avais 15 ans. »

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal »*. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Maher Kassir avait 15 ans le jour où il a disparu.

J'étais l'aîné d'une famille formée de trois garçons et deux filles. J'étais très attaché à ma mère. Elle était toujours là pour me soutenir. Comme ce jour où j'ai cogné la voiture. C'est elle qui est allée régler l'affaire avec le propriétaire de l'autre véhicule. Heureusement qu'elle était là ! Je l'ai initiée aux chansons de Marcel Khalifé. Je les jouais à la guitare des heures durant. En fait, je voulais devenir un guitariste professionnel... C'était ça, ou alors faire des études de gestion.
Mais mes rêves sont tombés à l'eau le 17 juin 1982. Ce jour-là, je ne suis pas rentré à la maison. J'avais 15 ans.
Depuis, ma mère se bat pour me retrouver. Elle ne peut pas accepter ma disparition ni en faire le deuil avant de savoir ce qui s'est passé ou sans que j'aie une tombe dans laquelle je repose en paix. Pour elle, plus rien n'avait de sens. Elle voulait être près de moi... que je sois vivant ou mort.
Elle a essayé de soulager sa peine en peignant mon portrait... question de me garder présent dans sa vie. D'ailleurs, elle a accroché mes portraits dans chaque pièce de son appartement.
Mais elle se sent toujours perdue et ne cesse de chercher un endroit où elle pourrait être avec moi. Il y a quelques années, le jour de mon anniversaire, elle est allée déposer une rose au dernier endroit où je me trouvais avant que je ne disparaisse. Cet endroit est son seul repère. C'est la seule chose qui a un sens pour elle et qui peut apaiser son tourment. Ma mère y a planté un arbre à ma mémoire. Elle s'y rend à chaque fois qu'elle a besoin d'être près de moi.
J'aimerais tellement qu'elle trouve des réponses et qu'elle se sente enfin apaisée.
Mon nom est Maher Kassir. Ma mère s'appelle Maryam Saïd. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

 

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site web de Fus'hat amal à l'adresse : www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

 

Tous les témoignages dans notre dossier
Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...


J'étais l'aîné d'une famille formée de trois garçons et deux filles. J'étais très attaché à ma mère. Elle était toujours là pour me soutenir. Comme ce jour où j'ai cogné la voiture. C'est elle qui est allée régler l'affaire avec le propriétaire de l'autre véhicule. Heureusement qu'elle était là ! Je l'ai initiée aux chansons de Marcel Khalifé. Je les jouais à la guitare...

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