Wall Street a encore nettement baissé hier, avec le Dow Jones qui cédait 1,49 % et le Nasdaq 2,41 %. Brendan McDermid/Reuters
Inquiets d'un divorce long et douloureux entre le Royaume-Uni et l'UE, les marchés financiers ont de nouveau décroché hier, les banques britanniques et la livre sterling payant le prix le plus fort.
Le bref répit observé en Asie et à l'ouverture en Europe s'est rapidement dissipé hier. Les Bourses européennes n'ont eu de cesse de s'enfoncer au fil de la journée et Wall Street leur a emboîté le pas, avec des pertes toutefois moins spectaculaires que vendredi. « Les investisseurs continuent à être très inquiets. L'onde de choc qui a suivi le Brexit continue à peser sur la tendance du fait des nombreuses interrogations qu'il suscite », explique Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.
La Bourse de Paris a ainsi fermé ses portes sur un recul de 2,97 %, celle de Londres 2,55 % et celle de Francfort de 3,02 %. Milan a lâché 3,94 % et Madrid 1,9 3 %, après un bond de plus de 3 % à l'ouverture, au lendemain de la victoire des conservateurs, qui n'ont toutefois pas de majorité, aux législatives de dimanche.
Wall Street a également encore nettement baissé hier, avec le Dow Jones qui cédait 1,49 % et le Nasdaq 2,41 %.
Les titres exposés au Royaume-Uni ont beaucoup souffert, à l'instar de Eurotunnel qui a plongé de 17 % à Paris. Et les banques britanniques ont vécu un lundi noir, écrasées par les incertitudes sur le sort de la City et sur leur accès au gros marché européen: Barclays a chuté de 17,35 %, RBS de 15,10 %, Lloyds de 10,26 %.
« Le Brexit en lui-même est traumatisant car il remet en cause le projet européen et affecte les perspectives économiques de la région. Mais surtout, il remet en cause la place de Londres dans la finance mondiale », et « les banques européennes, toutes plus ou moins présentes à Londres, ne seront pas en mesure d'échapper à un stress financier certain », a analysé le courtier Aurel BGC
Sur le marché des changes, la livre sterling est restée sous pression, atteignant même un nouveau plus bas depuis 1985 à 1,3152 dollar pour une livre.
« Sacrée crise politique »
Dans cet environnement incertain, les déclarations des responsables britanniques n'ont pas dissipé pas l'incertitude, ce que les marchés détestent le plus.
« Quatre jours après le choc du référendum, la seule chose qui soit sûre, c'est que le Royaume-Uni est au milieu d'une sacrée crise politique », notent les analystes de Daiwa Capital Markets. Le Royaume-Uni doit gérer les demandes pressantes des responsables européens d'accélérer la séparation. En début d'après-midi, le Parti conservateur a annoncé que le successeur du Premier ministre David Cameron serait nommé d'ici au 2 septembre.
Dans ce contexte, les investisseurs cherchaient néanmoins refuge du côté des valeurs les plus sûres, à l'image des obligations allemandes, le taux d'emprunt à 10 ans du pays reculant en territoire négatif. De même, le taux à 10 ans britannique touchait un nouveau plus bas historique sous 1 %.
Comme l'once d'or, le yen, privilégié en cas de tempête sur le marché, demeurait à des niveaux élevés. Car, comme le souligne Crédit mutuel CIC, les investisseurs ont en tête que « l'effet du Brexit sera durable » car ce vote « remet en cause de nombreux équilibres » tant au Royaume-Uni que dans le reste de l'Europe ou aux États-Unis.
(Source: AFP)

