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Liban

L’USJ honore quatre grandes personnalités pour leurs carrières

Cérémonie

Leila Solh Hamadé, Michel Eddé, Carlos Ghosn et Hélène Carrère d'Encausse docteurs honoris causa ; une ONG également distinguée.

18/06/2016

Pour la seconde fois dans son histoire, l'Université Saint-Joseph (USJ) décerne le doctorat honoris causa à des personnalités libanaises et étrangères, ainsi qu'à une ONG. Après l'élévation à ce grade en 2011 de Luc Montagnier et Alain Mérieux, deux scientifiques français, ce titre a été accordé hier à Leila Solh Hamadé, ancienne ministre et vice-présidente de la Fondation al-Walid ben Talal, Michel Eddé, ancien ministre, PDG de L'Orient-Le Jour et membre du conseil stratégique de l'USJ, Carlos Ghosn, président du conseil d'administration du groupe Renault-Nissan, également membre du conseil stratégique de l'USJ, et le Service jésuite des réfugiés (Jesuit Refugee Service – JRS) qui œuvre pour la défense et l'accompagnement des droits des réfugiés et des personnes déplacées de force. Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française et membre du conseil stratégique de l'USJ, devait elle aussi recevoir ce titre, mais elle n'a pas pu y être en raison « d'obligations » qui l'ont retenue à l'Académie française.
La cérémonie de remise des doctorats s'est déroulée à l'amphithéâtre Pierre Abou Khater, au campus des sciences humaines de l'USJ, en présence d'un parterre de personnalités. Elle était présidée par le recteur de l'université, le père Salim Daccache.

Éloges et remise de titre
« Cette distinction est une marque de reconnaissance de la part de l'Université Saint-Joseph à l'égard de nos docteurs honoris causa, a déclaré le père Daccache. En effet, c'est une fierté pour l'USJ d'avoir rencontré sur son chemin de telles personnalités et c'est un honneur pour elle de leur conférer le grade le plus haut du monde académique. » Cette décoration représente selon lui « un devoir de reconnaissance à l'égard de chacun pour ce qu'il a été, pour l'université et la société ».
La première personnalité à recevoir son doctorat honoris causa a été Mme Solh, « une femme déterminée et l'une des premières femmes à décrocher un poste de haute responsabilité dans l'exécutif libanais ». Dans son allocution, le père Daccache a expliqué que c'est son implication humanitaire considérable dans la société qui a incité à la désigner pour ce doctorat. Mme Solh a de son côté mis l'accent sur l'importance de l'enseignement du français au Liban et prôné les valeurs d'égalité, de liberté et de laïcité.

« L'infatigable maronite »
La cérémonie s'enchaîne avec l'élévation de Michel Eddé. « Le nom suffit pour que tout soit dit sur la personne, sa pensée, ses appartenances et ses actions », a insisté le père Daccache, notant que Michel Eddé se déclare « tout simplement jésuite jusqu'à la moelle ». « La personnalité de maître Michel est si riche et si polyvalente qu'elle peut se réclamer fondamentalement maronite jusqu'à la moelle », a ajouté le père Daccache, affirmant que M. Eddé est « l'infatigable maronite amoureux de sa communauté qu'il défend bec et ongles ».
Évoquant la désignation récente de M. Eddé à la tête de la Fondation Michel Chiha, le recteur de l'USJ a noté que pour ce dernier, « être au service de la Fondation, ce n'est qu'une expression de son amour du Liban, des valeurs du vivre-ensemble et de la démocratie ». « Votre solidarité avec les plus faibles d'une part, et d'autre part avec l'éducation des jeunes, font de vous un réel bâtisseur du Liban, de l'éducation et de la culture », a-t-il insisté.
M. Eddé a pour sa part estimé que l'obtention du doctorat honoris causa est « le couronnement d'un long cheminement sous l'égide des pères jésuites, cheminement familial et personnel ». Il a ainsi rappelé que les pères jésuites, qui « représentaient jadis l'essentiel des éducateurs (...), ont ajouté à la qualité de l'enseignement et de la discipline, la recherche de l'excellence, le sens de l'engagement spirituel, social, national et culturel, la formation de multiplicateurs et la dimension du discernement ».
« Je suis resté très proche des pères et n'oublierai pas d'évoquer le travail de fond au service de la francophonie », a encore avancé M. Eddé, rendant hommage au président Charles Hélou, « sous le mandat duquel j'ai fait mes premières armes en politique ».

« Couronner une belle série de couronnements »
Puis c'est au tour de Carlos Ghosn de recevoir son doctorat. Faisant son éloge, le père Daccache a rappelé que son succès « repose sur le respect des ressources de chacun, la participation de chacun à l'entreprise et le respect des diverses cultures qui composent les entreprises multinationales ».
Pour le père Daccache, ce titre accordé à M. Ghosn « vient couronner une belle série de couronnements ». Il rappelle dans ce cadre le parcours de cet homme qui a permis « le redressement de Nissan », qui a été nommé homme d'affaires de l'année, puis homme de l'année et a été été cité parmi les dix hommes d'affaires étrangers les plus puissants, avant de recevoir le prix du leadership transculturel de l'Insead. Hier, M. Ghosn a été désigné au doctorat honoris causa pour « une reconnaissance d'un passé excellent dans le domaine du management créatif fondé sur une pensée sachant allier intuition, analyse et décision ». M. Ghosn a de son côté rendu hommage à l'USJ qu'il a qualifiée « d'exemple d'harmonie entre élitisme et diffusion large des sciences et connaissances ».
Le dernier titre a été décerné au service JRS. « Pas moins de douze jésuites de huit nationalités différentes sont affectés à ce service des réfugiés dans la région et travaillent en coordination avec plusieurs centaines de collaborateurs laïcs », a souligné l'un des responsables de l'ONG, notant que la mission humanitaire et éducative du JRS fait écho à la « mission culturelle » de l'USJ, « la mettant au service de la promotion des hommes ». Remerciant l'USJ pour cette distinction, le père Michaël Zammit, directeur régional au Moyen-Orient du JRS, a mis l'accent sur « une collaboration qui réchauffe le cœur et encourage à continuer ».

 

Pour mémoire
Michel Eddé à la tête de la prestigieuse Fondation Michel Chiha

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M.V.

Bizarre la photo il n'y a qu'une femme...et 5 personnes ...;-)

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Daccache, notant que Michel Eddé se déclare tout simplement jésuite jusqu'à la moelle." !
Perinde ac cadaver, quoi !
D'ailleurs, le "fameux" Ignace de Loyola, n'est -ce pas, n'avait-il pas prescrit à tous ces Jésuites, pour illustrer l’obéissance ascétique parfaite à laquelle ils sont appelé : "Que chacun de ceux qui vivent sous l’obéissance se persuade qu'il doit se laisser mener et diriger par la divine Providence au moyen de ses seuls Supérieurs comme s’il n'était qu'un cadavre [‘perinde ac si cadaver esse(n)t’] qui se laisse remuer et traiter comme on veut, ou comme le bâton d’un vieillard qui sert celui qui le manie où que ce dernier aille et quoi qu'il veuille faire." ! [Const. N°547].
Ainsi soit-ïîîîl et Âmîîîne !

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