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Économie - Focus

L’image et l’attractivité de la France menacées à l’approche de l’Euro

La fronde sociale et les inondations qui agitent l'Hexagone pourraient nuire au tourisme, mais aussi, sur le long terme, à l'activité économique dans son ensemble.

Les déchets ne sont plus ramassés à Paris depuis quelques jours, du fait d’une grève des éboueurs. En témoigne cette pile de poubelles sur les grands boulevards. Charles Platiau/Reuters

Poubelles débordantes dans les rues, trains à l'arrêt stoppés par des manifestants fumigènes à la main, manifestations violentes, inondations... autant d'images qui peuvent faire mal à l'attractivité de la France, même en cas d'Euro de foot réussi.
« C'est juste catastrophique. Les médias internationaux montrent Paris en feu et une France en conflit social permanent. Et les étrangers qui voient des poubelles devant le Café de Flore s'imaginent que tout le pays est dans cet état ! » a déploré hier à l'AFP Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage.
Selon le représentant des agences de voyages françaises, « la saison estivale est d'ores et déjà pourrie, car nous sommes pile dans la période où les gens réservent leurs vacances d'été, et ils ne vont pas hésiter à aller ailleurs ». « Nous avons reporté à septembre l'espoir de voir la fréquentation repartir », se désole Frédéric Valletoux, président du comité du tourisme de la région parisienne.
Au célèbre café Les Deux Magots, à Saint-Germain-des-Prés, le directeur d'exploitation, Serge Bonnin, admet « ne pas connaître la même affluence en ce mois de juin qu'à l'habitude les autres années ». À quelques mètres de là, José Fernando Ogura et Fernanda Andreazza, touristes brésiliens déjà passés par Londres, Lille, Rennes et le Mont-Saint-Michel, estiment cependant que « la situation à Paris n'est pas si catastrophique que ça, c'est bien pire au Brésil ! » « Nous ne nous sentons pas du tout en insécurité, en revanche, la ville est très sale, surtout si on compare à Londres », affirment-ils.
Pour Christoph Kujawa, venu de San Francisco avec femme et enfants, « c'est au contraire le moment le plus sûr pour venir à Paris car la sécurité est poussée à son maximum ».
« Globalement, les touristes sont assez patients et compréhensifs, mais il y a forcément de la déception, car quand on est en vacances, on n'a pas envie d'être confronté à un lot d'ennuis », résume Denis Juillière, guide-conférencier pour voyages organisés. Sans compter, pour sa profession, « les difficultés à résoudre au quotidien : trouver de l'essence pour les bus, chercher des activités de repli lorsque les bateaux-mouches sont à l'arrêt et les musées fermés ».

Tous les espoirs sur l'Euro
Au-delà du tourisme de loisirs, les professionnels estiment que le tourisme d'affaires pâtit aussi du contexte défavorable, et que l'attractivité économique de la France pourrait également en souffrir.
Le Medef, principale organisation patronale, déplore « l'image caricaturale d'un pays toujours en grève renvoyée à l'international. On nous demande en permanence : "Pourquoi votre pays est bloqué ?" Ça peut se redresser mais il faut pouvoir être cohérent et constant pendant des mois ».
Du côté de Business France, agence chargée de promouvoir la France à l'étranger, sa directrice générale Muriel Pénicaud juge que « pour les investisseurs qui n'ont pas encore investi en France, c'est plus un frein, un frein psychologique. Là, on doit redoubler de pédagogie pour expliquer, décoder, mettre en perspective ».
À défaut de réparer les dégâts, l'Euro de football (10 juin-10 juillet) pourrait être l'occasion d'atténuer les impacts négatifs. « L'Euro peut permettre d'avoir un rebond, les matchs et ce qu'il y aura autour vont rassurer et donner une bonne image de la France, on pourra recommuniquer sur du positif », estime Christian Mantéi, d'Atout France, organisme de promotion du tourisme dans l'Hexagone.
En cas d'Euro réussi, « l'image du pays sera un peu corrigée. Mais imaginez ce que ça donnera si des équipes de foot ne peuvent pas se déplacer à cause d'une grève ? » s'inquiète Jean-Pierre Mas.
Si la France était toujours en 2015 la première destination touristique mondiale avec 84,7 millions d'étrangers en visite, « le dommage à long terme peut être important car on est en concurrence avec d'autres pays », a rappelé Marc Lhermitte, du cabinet EY.
« Mais la France est résiliente », selon lui, et si jamais les supporters de foot voient des poubelles dans la rue ou ont un train qui ne part pas, « ils se diront "c'est la France" ! »

Katia DOMALDJIAN et Anne-Sophie MOREL/AFP

Poubelles débordantes dans les rues, trains à l'arrêt stoppés par des manifestants fumigènes à la main, manifestations violentes, inondations... autant d'images qui peuvent faire mal à l'attractivité de la France, même en cas d'Euro de foot réussi.« C'est juste catastrophique. Les médias internationaux montrent Paris en feu et une France en conflit social permanent. Et les étrangers qui voient des poubelles devant le Café de Flore s'imaginent que tout le pays est dans cet état ! » a déploré hier à l'AFP Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage.Selon le représentant des agences de voyages françaises, « la saison estivale est d'ores et déjà pourrie, car nous sommes pile dans la période où les gens réservent leurs vacances d'été, et ils ne vont pas hésiter à aller ailleurs ». « Nous avons...
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