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Nos lecteurs ont la parole - Hassan Rifaï

Pas de modération aux dépens de la dignité

En 2009, après les élections législatives, le public du courant du Futur avait, en dépit de tout, lu l'initiative syro-saoudienne comme une tentative de récupérer Bachar el-Assad dans le giron arabe... Ce même public avait également accepté en 2013 la formation d'un gouvernement appelé à « contenir le conflit » avec le Hezbollah pour éviter un vide au niveau du pouvoir que le Hezbollah chercherait à créer en entravant l'élection d'un nouveau président de la République dans les délais constitutionnels. Partant, le public du Futur ne s'était pas éloigné de son leader.
Mais la gêne de ce public a réellement commencé à se manifester lorsqu'il a vu Wafic Safa assister à une réunion de hauts responsables sécuritaires au ministère de l'Intérieur, puis accompagner le ministre-faucon dans la banlieue sud, sous protection et escorte du Hezbollah. Peu après, ce même ministre contribuait d'une façon sournoise à couvrir l'évacuation de la population du village sunnite de Tfayl en faveur des combattants du parti chiite, jusqu'à arriver à faire un clin d'œil à ce parti en déclarant que Ersal était un « village occupé » et à pratiquer une politique de deux poids, deux mesures, au niveau de l'application du plan de sécurité, sévère à Tripoli et presque inexistant à Baalbeck.
Le profond malaise du public du Futur s'est bien ancré lorsqu'il a découvert que les ennemis du courant pesaient bien plus dans la balance pour le ministre-faucon, sous des prétextes fallacieux, comme la bonne vieille excuse de « vouloir se tenir à égale distance de tous » ! Nous avons également eu droit à des slogans grandiloquents et à des formules emphatiques de la part de ce ministre, telles que ses mises en demeure à l'encontre de Hezbollah lors de la cérémonie commémorative du général Wissam el-Hassan !... Ce n'était là que de la poudre aux yeux... si bien que notre ministre-faucon a fini par devenir plus colombe que les colombes du Futur, ainsi que le bien-aimé du Hezbollah et de son public.
Certes, ce n'est pas Nouhad Machnouk et ses pratiques qui sont seuls responsables de l'état avancé de désespoir dans lequel se trouve aujourd'hui le courant du Futur. Il convient en effet de relever que Saad Hariri et les fidèles qui l'entourent, loin des égoïstes qui ont fait du Futur un véhicule pour réaliser leurs rêves narcissiques, se livrent à une relecture et une autocritique de la politique menée par le courant aux dépens des aspirations d'un public toujours loyal à la mémoire de Rafic Hariri et de chacun des martyrs de la révolution du Cèdre... D'autant que ce public s'était rapproché encore plus de son président, en dépit de son absence, après le coup de Jarnac de Nagib Mikati et de sa main basse sur la présidence du Conseil, en collaboration avec « l'ennemi », le Hezbollah et le Courant patriotique libre.
En revanche, ce même public a été choqué et s'est révolté lorsqu'il a vu son chef s'allier sans raison convaincante avec ceux parmi les députés de Tripoli qui lui avaient faussé compagnie et qui l'avaient trahi. Cerise sur le gâteau, certains responsables du Futur ne se sont pas privés de déclarer, à l'occasion des dernières élections municipales, que le courant du Futur, sur directives de son président, se tenait, ailleurs qu'à Beyrouth, Saïda et Tripoli, à égales distances de tous les candidats. Le bon grain et l'ivraie ont ainsi été mélangés, et les fidèles confondus avec les « Saraya » du Hezbollah et les hommes-clés de la mouvance syro-iranienne au Liban.
Le quasi-échec du Futur aux élections de Beyrouth et sa déroute totale à Tripoli n'ont pas été l'œuvre d'extrémistes hostiles à la modération, mais de ceux qui nous ressemblent, ceux qui refusent de partager quelque victoire que ce soit avec des « traîtres » et des petits joueurs rejetés par leur environnement depuis des années. Quant aux bons résultats à Saïda, ils sont le fruit d'un courant du Futur qui a fait le bon choix en soutenant l'exemple de l'homme fidèle, travailleur et intègre.
Le public du courant du Futur est favorable à la modération, il ne faut pas se tromper. Il est en faveur de la réconciliation et de tout compromis étudié dans l'intérêt de la patrie. Mais il refuse que cela se fasse aux dépens et à l'encontre de sa dignité d'être humain et de citoyen !

Hassan RIFAÏ
Avocat

En 2009, après les élections législatives, le public du courant du Futur avait, en dépit de tout, lu l'initiative syro-saoudienne comme une tentative de récupérer Bachar el-Assad dans le giron arabe... Ce même public avait également accepté en 2013 la formation d'un gouvernement appelé à « contenir le conflit » avec le Hezbollah pour éviter un vide au niveau du pouvoir que le Hezbollah chercherait à créer en entravant l'élection d'un nouveau président de la République dans les délais constitutionnels. Partant, le public du Futur ne s'était pas éloigné de son leader.Mais la gêne de ce public a réellement commencé à se manifester lorsqu'il a vu Wafic Safa assister à une réunion de hauts responsables sécuritaires au ministère de l'Intérieur, puis accompagner le ministre-faucon dans la banlieue sud, sous...
commentaires (2)

CA DEPEND DE CE QU,ON ENTEND PAR DIGNITE... ET COMMENT ON LA COMPREND...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

12 h 06, le 10 juin 2016

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Commentaires (2)

  • CA DEPEND DE CE QU,ON ENTEND PAR DIGNITE... ET COMMENT ON LA COMPREND...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 06, le 10 juin 2016

  • "Le public éhhh libanais, lui, est favorable à la modération ; il ne faut pas se tromper ! Il est en faveur de la réconciliation et de tout compromis étudié dans l'intérêt de la patrie. Mais refuse que cela se fasse aux dépens et à l'encontre de sa dignité d'être humain et de citoyen !". Tout à fait comme le disent si bien, Bâïyroût Mâdînâtî et Tripolis Mâdînâtî....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 49, le 10 juin 2016

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