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Liban - Exécutif

Le barrage de Janné, nouvelle pomme de discorde en Conseil des ministres ?

Plusieurs ministres proposent le recours à des sociétés mondiales pour trancher le débat sur l'affaire de Janné.

Le débat risque d’être fiévreux aujourd’hui en Conseil des ministres. Photo Google

Une semaine après sa dernière séance marquée par l'échec à résoudre la question du barrage de Janné (caza de Jbeil), le Conseil des ministres se réunira ce matin pour discuter une nouvelle fois de ce dossier épineux, parallèlement à plusieurs autres parmi lesquels le problème des déchets à Beyrouth.
Le gouvernement planchera donc à nouveau sur l'affaire du barrage de Janné qui a suscité des craintes portant sur une nouvelle crise qui risquerait d'éclater au sein du gouvernement Salam. Des craintes minimisées par des sources ministérielles qui affirment que « nul n'a intérêt à voir la seule institution remplissant encore ses fonctions s'effondrer ».

« Une atteinte politique au CPL »
Le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun paraît le seul à mener le combat pour la construction du barrage de Janné, en dépit des études scientifiques contradictoires et de l'opposition affichée par certaines formations politiques. « Le barrage de Janné est un projet qui devrait poursuivre son chemin, puisqu'il concerne tous les Libanais, et il s'agit ici d'une position de principe », a indiqué à L'Orient-Le Jour le vice-président du CPL, l'ancien ministre Nicolas Sehnaoui. Selon lui, « depuis le temps où le portefeuille de l'Énergie et de l'Eau était détenu par Gebran Bassil (président du CPL), le ministère a finalisé toutes les études et les procédures relatives au projet du barrage de Janné ». «  Tout cela nous pousse à dire que la polémique dont il est aujourd'hui question n'est autre qu'une atteinte politique au CPL, pour l'empêcher d'enregistrer à son actif des réalisations qui s'inscrivent dans l'intérêt de tous les Libanais », a ajouté l'ancien ministre des Télécoms.

Il n'a pas manqué, toutefois, de lier le débat à ce sujet à la question des droits des chrétiens, un thème de campagne longuement défendu par le courant aouniste. « En empêchant la poursuite des travaux, les opposants au barrage de Janné portent atteinte aux droits des chrétiens de Jbeil qui devraient bénéficier de l'eau et de l'électricité dont ils sont privés depuis des années. Preuve en est, le barrage de Bisri (sud de Beyrouth) dont les coûts sont beaucoup plus élevés, et qui assure des quantités d'eau inférieures à celles de Janné, n'a pas fait face aux mêmes obstacles. » Prié de préciser les prochaines mesures de son parti en Conseil des ministres, M. Sehnaoui s'est contenté de noter que « toutes les options sont ouvertes ».

(Pour mémoire : Bassil : Ce projet est stratégique et il faudra une raison importante pour le suspendre)

 

« L'opposition, un devoir »
Parallèlement à la grande bataille aouniste en faveur du barrage de Janné, les Kataëb affichent une opposition catégorique à ce projet pour plusieurs raisons, dont notamment les dommages environnementaux qu'il pourrait causer, et les soupçons de corruption entourant la société chargée de son exécution. À ce sujet, le conseiller du chef du parti, Albert Kostanian, a rappelé que « le PDG de la société en question a reconnu les accusations de corruption lancées contre lui dans plusieurs pays du monde, ce qui n'est pas sans susciter des interrogations sur la façon avec laquelle la société a été choisie ». « Nous sommes présents au sein du gouvernement pour essayer d'effectuer un minimum de réformes. Ainsi, nous estimons qu'il est de notre devoir de nous opposer à un tel projet », a-t-il déclaré à L'OLJ.

Commentant la thèse liant le barrage de Janné au recouvrement des droits des chrétiens, M. Kostanian a estimé qu'« elle s'inscrit dans le cadre d'une surenchère liée aux droits des chrétiens, comme si les Kataëb étaient contre ces droits ». « Nous demandons une étude de faisabilité économique et environnementale de ce barrage, et nous serons très exigeants sur ce plan », a-t-il encore souligné avant d'assurer, à son tour, que « toutes les options sont ouvertes demain (aujourd'hui) en Conseil des ministres ».

(Pour mémoire : Barrage de Janné : le gouvernement incapable de trancher)

 

Une solution alternative
Face à ce tableau qui fait dire à certains que le dossier du barrage de Janné a été fortement politisé, plusieurs ministres ont proposé hier une solution « scientifique » au problème, à même de trancher le débat. Le ministre de la Santé Waël Bou Faour (Parti socialiste progressiste) a ainsi appelé, via L'OLJ, à une révision des contrats relatifs à ce dossier. « Nous avons modifié notre position suite à des études qui ont montré que le coût du barrage est très élevé. » Et le ministre de poursuivre : « Le gouvernement fait face aujourd'hui à ce sujet épineux du fait de la politisation et de la confessionnalisation de tous les dossiers, alors que nous devons nous baser sur les avis des experts mondiaux dans ce domaine. » Selon lui, « un débat aura lieu en Conseil des ministres, sans pour autant causer une implosion du cabinet ».


(Lire aussi : M. Machnouk : Le problème n'est pas politique mais technique)

 

À son tour, le ministre de la Défense Samir Mokbel (bloc ministériel de l'ancien chef d'État Michel Sleiman) a fait savoir, dans un entretien accordé à l'agence al-Markaziya, qu'il a proposé au Conseil des ministres de faire appel, dans un délai d'un mois durant lequel les travaux seraient gelés, à une société mondiale experte en matière de construction de barrages, et qui serait chargée de rédiger un rapport concernant Janné. Si elle se prononce en faveur du barrage, les travaux pourront se poursuivre. Dans le cas contraire, « toutes les forces politiques devraient s'engager à respecter la décision d'arrêt des travaux ».
M. Mokbel a également fait savoir qu'il présentera cette proposition à nouveau au gouvernement car, selon lui, « il est intolérable que le dossier soit politisé, alors qu'il devrait être perçu sous un angle purement technique ».

Interrogé par la même agence, le ministre du Développement administratif Nabil de Freige a estimé que « les ministres ne sont pas en mesure de discuter le volet technique du dossier de Janné, face à la contradiction entre les études scientifiques publiées à ce sujet ». « Nous sommes attachés à la proposition que nous avons présentée lors de la dernière séance gouvernementale, a déclaré M. de Freige. Le Conseil des ministres devrait charger le chef du gouvernement de solliciter l'aide de la Banque mondiale. Cette dernière pourrait envoyer une équipe d'experts internationaux qui examineraient le site de la construction du barrage, ainsi que les diverses études menées à son sujet, afin de prendre la décision adéquate, à condition que les formations politiques s'engagent à respecter la décision de cette institution internationale. » M. de Freige a estimé que « le refus de cette proposition logique prouve que le camp adverse politise le sujet et lui donne une coloration confessionnelle ».

 

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Une semaine après sa dernière séance marquée par l'échec à résoudre la question du barrage de Janné (caza de Jbeil), le Conseil des ministres se réunira ce matin pour discuter une nouvelle fois de ce dossier épineux, parallèlement à plusieurs autres parmi lesquels le problème des déchets à Beyrouth.Le gouvernement planchera donc à nouveau sur l'affaire du barrage de Janné qui a suscité des craintes portant sur une nouvelle crise qui risquerait d'éclater au sein du gouvernement Salam. Des craintes minimisées par des sources ministérielles qui affirment que « nul n'a intérêt à voir la seule institution remplissant encore ses fonctions s'effondrer ».
« Une atteinte politique au CPL »Le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun paraît le seul à mener le combat pour la construction du barrage de Janné,...
commentaires (6)

Ce que je me demande c'est les parties politique qui point de vue idéologie les ont différente mais qui pour les municipales étaient tous unies CONTRE QUI MESSIEURS ?!?!?!?

Bery tus

15 h 00, le 09 juin 2016

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Commentaires (6)

  • Ce que je me demande c'est les parties politique qui point de vue idéologie les ont différente mais qui pour les municipales étaient tous unies CONTRE QUI MESSIEURS ?!?!?!?

    Bery tus

    15 h 00, le 09 juin 2016

  • Les relents de ce crime deviennent plus que fétides ! Et empuantissent tous les lieux, en cette Jânnéeh Lébnéééne !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 45, le 09 juin 2016

  • Comme Ponce Pilate le gouvernement se lave les mains de ces barrages vitaux sans que le peuple puisse savoir les effets positifs ou négatifs de l’édification de ces barrages qui vont surement changer la beauté du Liban qui était vert.

    Sabbagha Antoine

    08 h 53, le 09 juin 2016

  • Ca rappelle le fabuleux fiasco du traitement des ordures ....à la différence prêt ...que le citoyen de base n'a pas encore besoin de se boucher le nez...

    M.V.

    08 h 31, le 09 juin 2016

  • LE PAYS EST UN GRAND POMMIER PLEIN DE POMMES... LES SERPENTS SIFFLENT... LES EVE CUEILLENT... ET LES ADAM SE BOUSCULENT A QUI VONT CROQUER LES PREMIERS TOUTES CES POMMES ! SIFFLEMENTS... CUEILLETTES ET BOUSCULADES... ET C,EST : LE BORDEL DANS TOUTE SON OPULENCE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 25, le 09 juin 2016

  • Que la plus lourde et la plus ancienne des malédictions, retombe sur les crânes vides !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 07, le 09 juin 2016

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