Culture

Etel, Huguette et Laure, de l’autre côté du miroir

Exposition

Etel Adnan, Huguette Caland et Laure Ghorayeb dévoilent dans « The Doors of Perception » * un univers détaché du réel et fait d'intuitions, de pensées et de visions.

09/06/2016

« The Doors of Perception » ouvre et subvertit les frontières de l'acte artistique et créateur. Trois icônes de la création libanaise, Etel Adnan, Huguette Caland et Laure Ghorayeb, ont abandonné la représentation littérale du monde sensible afin d'explorer et de rendre sur le papier une vision personnelle de leurs mondes intérieurs.

Les dédales de silhouettes de Laure Ghorayeb se fondent dans des calligraphies arabes littéraires ou engagées à peine distinguées des géométriques filandreuses qui s'entremêlent à l'infini. Huguette Caland dévoile son répertoire graphique de formes et motifs intriqués, construits méticuleusement et librement, strate par strate et ligne par ligne. Etel Adnan, quant à elle, poursuit sa quête de quintessence en faisant le choix radical de représenter des suites de signes et de lettres dont elle seule possède le sens, mais que chacun peut essayer de déchiffrer à la lumière de sa propre subjectivité.
Les trois femmes, à travers leurs visions différentes et libres, se répondent et se rejoignent dans leur traitement organique, presque brut, du trait, et dans leur approche instinctive de la forme. « Ce sont trois femmes de la même génération qui ont travaillé en toute liberté et dont les atmosphères se retrouvent », confie Nadine Begdache, la patronne de la galerie Janine Rubeiz.

« The Doors of Perception » bouscule les codes du genre, de la signification du signe, de l'acte créateur entier en réaffirmant la liberté de l'artiste qui fait désormais le choix de retranscrire non pas une vision unilatérale de l'univers qui l'entoure, mais plutôt les fantômes, tantôt flous, tantôt nets, qui peuplent son inconscient. Le visiteur ne sait plus s'il évolue dans la réalité ou dans le rêve, dans un univers vidé de tout sens ou à l'inverse concentré par l'encre dans une quintessence dissolue.
Cette multiplicité d'interprétations et de lectures fait écho au nouveau monde que l'on trouve derrière les portes ouvertes (par Nadine Begdache), de l'autre côté du miroir.

*« The Doors of Perception » à la galerie Janine Rubeiz, Raouché, jusqu'au 30 juin.

 

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