Dans un article publié fin août 2015 intitulé « Au secours elles veulent se marier... », je critiquais la situation des filles au Liban qui tiennent à se marier à tout prix, quelles qu'en soient les conséquences face à celles qui, sous des airs faussement carriéristes, épousent l'avis des premières, se voilant la face outrageusement face à la réalité de l'âge qu'elles ont atteint et un célibat qui devient de plus en plus pesant.
Quelle ne fut pas ma surprise en lisant dans les colonnes de L'Orient-Le Jour l'avis scandalisé d'une de ces jeunes trentenaires qui s'insurgeait contre une société où le mariage est, pour la fille, le but ultime qui comble son existence, mais qui, si pas atteint, la mettrait au ban d'une société orientale complètement à côté de la plaque. Malheureusement, telle est la réalité cruelle de nos filles !
Je tenais à exprimer mon soutien à cette jeune demoiselle un peu plus tôt avant de me retourner sur mon humble cas (puisque que nous sommes là à exposer nos problèmes face à ce fléau de la pensée orientale, autant se prendre en exemple car c'est un moindre mal).
À côté des filles qui courent pour se marier, ces lévriers de la première heure, ces chasseuses de prime qui veulent nous passer la corde au cou, il y a tout le reste de la race masculine. Malheureusement, nous n'en sommes pas pour nos frais. Car si pour les filles le poids de l'âge se fait de plus en plus pesant, pour les garçons, les insinuations insidieuses (prises à la rigolade certes, mais quand même) n'en sont pas moins fâcheuses.
C'est ainsi qu'un de mes jeunes collègues, fraîchement marié, a cru de bon aloi de me dire qu'il faut qu'il « me » marie. Il est vrai que se pavaner comme un paon avec son trophée de guerre sur les réseaux sociaux lui a procuré (apparemment !) une certaine fierté et même un bonheur démesuré qu'il tenait à nous faire partager. C'est louable ! J'apprécie énormément cette marque amicale qui nous incite à faire de même. De nos jours, ce sont les jeunes qui donnent l'exemple à leurs aînés. Qui l'eût cru que les tendances s'inverseraient ? Maintenant je ne sais pas s'il tient à « me marier » parce qu'il veut que je vive le même bonheur que lui, faisant ainsi preuve d'un altruisme sans pareil et pensant à mon bien-être, ou bien parce que, une fois la bague au doigt et après le voyage de noces, il s'est rendu compte qu'il a été berné, qu'il a été bien eu, et il veut se venger sur le reste de ses congénères en les poussant à tomber dans l'abîme du mariage. Pour ne pas être mauvaise langue, j'opterai, en grande innocence, pour la première alternative.
Dans une autre optique, j'ai commis l'immonde erreur, un jour, il y a bien longtemps de cela, de faire faire la connaissance à mes honorables aînés de ma dulcinée. J'étais, comme mon collègue, en train de me pavaner avec celle qui attise les flammes de mes désirs et qui éveille mes fantasmes et mes passions les plus folles. Depuis, ces personnes expérimentées et dotées d'un bon sens sans pareil m'encouragent vivement à sauter le pas et entrer dans le club. Car, en plus, on parle de club. Il y en a même un qui a poussé le vice à me dire : « Mais ce serait injuste de nous laisser souffrir tout seuls ! » Au moins, il a le mérite, lui, d'être franc. J'admire la sincérité de ses paroles qui me sont allées droit au cœur et qui m'ont chamboulé. Car, en fait, c'est un club de masochistes qui souffrent face à leurs doux bourreaux. Mais rien ne m'y oblige ! Les autres ont tempéré les ardeurs de leur camarade en disant que « Non, il a le temps, laisse-le profiter encore un peu de sa jeunesse ! ». Quelle gentillesse !
Encore faut-il que la gente damoiselle accepte d'attendre que se consume ma jeunesse (et la sienne du reste). Mais comme les filles ne sont pas aussi grand cœur que nous dans ce domaine, il faudra, sans doute un jour, se résigner et accepter la fatalité !
Je termine cette réflexion rapide en remerciant chaleureusement les personnes qui avaient déjà fixé les dates de mes noces, l'endroit où elles vont se dérouler et la région où je devais habiter, trois éléments sur lesquels je ne m'étais pas posé de questions jusqu'à ce jour.
Forcément, c'était un débat entre femmes. Toute misogynie mise à part. Évidemment !
Jean-Paul MOUBARAK


MAMAN DIRAIT : MA AHSAN MA TDAL 3AL RAFFFFF....
15 h 11, le 04 juin 2016