L’actuel secrétaire général du cartel, Abdallah el-Badri, sera remplacé le 1er août par le Nigérian Mohammad Barkindo. Heinz-Peter Bader/Reuters
Les ministres du Pétrole des pays membres de l'Opep réunis hier à Vienne ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un plafonnement de la production, mais l'Arabie saoudite a promis de ne pas inonder un marché déjà saturé.
La proposition de Riyad et de ses alliés du Golfe de fixer un nouveau plafond global de production afin de soutenir les prix avait peu de chances d'aboutir en raison de l'opposition de l'Iran, qui entend reprendre sa place sur le marché mondial après la levée de sanctions occidentales à son encontre.
Les dernières réunions de l'Opep avaient été très tendues en raison de l'opposition frontale entre l'Arabie saoudite et l'Iran. Celle d'hier a été plus feutrée, l'Arabie s'efforçant manifestement de rassurer ceux qui craignaient de voir le premier producteur de l'Opep ouvrir ses robinets en grand en cas d'absence d'accord pour punir ses rivaux et gagner des parts de marché.
« Nous serons très délicats dans notre approche afin de nous assurer de ne pas ébranler les marchés de quelque façon que ce soit », a déclaré le ministre saoudien de l'Énergie, Khalid al-Falih, à des journalistes. « Il n'y a aucune raison de s'attendre à voir l'Arabe saoudite mener une campagne pour inonder le marché », a-t-il ajouté.
L'absence d'accord souligne les tensions politiques qui minent l'organisation et aura à moyen terme un effet baissier sur les prix, a déclaré Gary Ross, du cabinet de consultants PIRA. « Mais ce qui est également important, c'est que les Saoudiens n'ont pas l'intention d'inonder le marché et veulent que les prix remontent », a-t-il ajouté.
L'Opep a longtemps plaidé pour un maintien de sa production à un niveau élevé afin de défendre ses parts de marché mais cette stratégie pèse sur les prix dans un contexte de surabondance de l'offre.
L'Iran veut des quotas par pays
L'Arabie avait dans un premier temps prôné un gel des niveaux de production avant de faire capoter cette initiative au dernier moment en exigeant, au mois d'avril, que l'Iran y participe, ce que Téhéran a refusé.
L'Iran s'oppose à l'idée d'un plafond collectif et veut des quotas adaptés à la situation de chaque pays, autrement dit un système l'autorisant à augmenter sa production pour ramener celle-ci au niveau d'avant les sanctions. « Sans quotas nationaux, l'Opep ne peut rien contrôler », a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh. Le ministre iranien a en outre indiqué qu'il n'avait « reçu aucun signal (selon lequel) certains pays voulaient augmenter leur production », jugeant que tous les membres du cartel avaient à cœur de « rétablir le marché ».
Jusqu'en décembre, l'Opep respectait un plafond de pompages de 30 millions de barils par jour (bpj), fixé en décembre 2011, mais elle produit actuellement environ 32,5 millions de bpj.
Le cartel a en outre annoncé la nomination du Nigérian Mohammad Barkindo au poste de secrétaire général à compter du 1er août ainsi que l'admission du Gabon parmi ses membres à partir du 1er juillet.
« On ne peut pas parler de déception, tant les attentes des investisseurs étaient faibles. Il était évident que la réunion de l'Opep n'aboutirait à aucune décision concrète et surtout pas à un accord à propos d'un plafond de production. On peut donc parler clairement de non-événement pour le marché », a estimé Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.
Ainsi, les cours pétroliers sont montés hier après deux séances de recul, du fait de l'absence de trop mauvaises nouvelles après la réunion semestrielle de l'Opep et grâce à l'annonce d'un reflux des stocks américains. Le cours du baril de référence pour livraison en juillet a contre toute attente gagné 16 cents à 49,17 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
(Sources : agences)


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