Au prestigieux musée de la cinémathèque yougoslave, au cœur de Belgrade, le public pourra admirer jusqu’au 21 août des photos de David Bowie. Andrej Isakovic/AFP
En 1983, Brian Rasic, jeune photographe serbe installé depuis peu à Londres, capte le grand retour de David Bowie après des années d'absence, premier cliché d'une longue série qui fait actuellement l'objet d'une exposition à Belgrade et intitulée Belgrade to Bowie.
Trente-trois ans après le début de cette collaboration, dans sa ville natale, Rasic rend hommage à la légende britannique du rock disparue en janvier, avec cent photographies du Thin White Duke, réalisées jusqu'en 2006. Il se souvient de la première : « Il brillait, après des années de grands soucis à cause de différents abus. Comme d'habitude, il est revenu avec un nouvel album et un nouveau look, celui d'un gentleman parfait, costume, grand sourire. C'était la première fois que je le voyais de près. »
Obéissant à sa passion du rock et de la photographie, Rasic s'est exilé en 1979 à Londres, « l'épicentre de la musique à l'époque ». Devenu britannique, Rasic a depuis photographié les plus grands noms du rock : il a étroitement collaboré avec les Rolling Stones, mais aussi avec Paul Mc Cartney et Eric Clapton.
« Lorsque j'ai entendu son album Blackstar (son dernier), j'étais bouleversé. Je le trouvais trop sombre, mais quand j'ai appris son décès, j'ai compris pourquoi et cela m'a rendu très triste », confie Rasic en parlant de Bowie. « Je m'en souviens comme d'un mec marrant, le sourire toujours aux lèvres (...). Mais nos rencontres étaient avant tout d'ordre professionnel, tout tournait autour de la nécessité de capter la bonne photo », poursuit Rasic, âgé aujourd'hui de 62 ans.
Peinture murale
L'œil vif, il observe les grandes reproductions de ses photographies du caméléon du rock et assure « les redécouvrir sous un tout nouvel angle ». Le vernissage se déroule aux sons d'un quatuor à cordes exécutant des chansons de Bowie en musique classique.
En 2000, après un concert dédié à un petit groupe de fans, dans un des studios de la BBC à Londres, Rasic lance à Bowie : « "Tu te rends compte, nous n'avons pas de photo ensemble", et j'ai tendu ma caméra à une de ses musiciennes. » Mais elle n'était pas la seule à les photographier. Mark Adams, l'homme de Bowie chargé des réseaux sociaux, a lui aussi capté ce moment. « Sa photographie de Bowie avec moi s'est retrouvée sur la pochette de l'album BBC Radio theatre, mais sans moi bien évidemment. Plus tard, David m'a autographié cet album, ce dont je suis très fier », raconte Brian Rasic.
Au prestigieux musée de la cinémathèque yougoslave, dans le bâtiment de l'ancien hôtel de ville, au cœur de Belgrade, le public pourra admirer jusqu'au 21 août ses photos de David Bowie, dont beaucoup de très grande dimension. En outre, la cinémathèque organise une rétrospective des films tournés par David Bowie et une exposition des pochettes de ses albums, ainsi que des projections de ses concerts. Une peinture murale est également en projet.
Artiste aux multiples facettes – du glam rockeur aux outrances flamboyantes à l'expérimentateur introverti –,
David Bowie est décédé le 10 janvier, deux jours après avoir fêté ses 69 ans et après la sortie de Blackstar.
Jovan MATIC/AFP


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