Des réfugiés regroupés sous le métro La Chapelle à Paris au mois de mai 2015. Photo Charles Thiefaine
La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé hier son intention de créer un camp de réfugiés dans la capitale française, où des campements informels sont régulièrement démantelés par les pouvoirs publics, notamment pour des questions de sécurité et de salubrité.
La mairie est en train « d'expertiser différents sites pour voir dans quels délais, le plus tôt possible, nous pourrons envisager de les mettre à disposition » de l'État, a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse. Il s'inspirera du premier camp ouvert en France selon les normes du HCR, à Grande-Synthe (Nord), avec des hébergements modulaires, « qui puissent être installés rapidement », mais avec « tout le confort nécessaire ». L'édile socialiste a expliqué que « plusieurs sites au nord de Paris » avaient été « identifiés » pour l'accueillir. L'ouverture ne se fera pas avant un mois à un mois et demi. Anne Hidalgo n'a pas donné de dimensionnement précis, mais le terrain devra être « suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes ». L'idée est que « nous ne voyons plus ces campements indignes » et que « les personnes qui arrivent démunies ne soient pas contraintes d'aller sous des métros ou sur des sites », comme celui qui vient d'ouvrir dans le nord de Paris avec près de 800 personnes, selon la mairie. « Je souhaite que l'État soit partenaire », a martelé Mme Hidalgo, qui joue depuis des mois sa petite musique pour se démarquer d'un exécutif socialiste très impopulaire.
La France n'est pas en première ligne dans la crise des réfugiés, notamment syriens ou irakiens pour qui elle est surtout une destination de transit. Ces migrants, qui ne souhaitent pas demander l'asile dans le pays, n'entrent pas dans le dispositif prévu pour les demandeurs d'asile et se retrouvent régulièrement à la rue.
« L'année 2016, particulièrement meurtrière »
Cette proposition survient alors que plus de 200 000 migrants et réfugiés sont arrivés dans l'Union européenne (UE) cette année en passant par la Méditerranée, a déploré hier l'Onu. « 2016 est particulièrement meurtrière. Quelque 2 510 vies ont été perdues » durant les cinq premiers mois de l'année, contre 1 855 en 2015 sur la même période, a déclaré le porte-parole du HCR, William Spindler, lors d'un point de presse à Genève. Au total, 880 ont perdu la vie la semaine dernière, alors que plusieurs navires ont fait naufrage en tentant de rejoindre l'Italie. Sur 204 000 migrants et réfugiés arrivés cette année, les trois quarts, essentiellement des Syriens et des Afghans, sont arrivés en Grèce avant la fin du mois de mars. Depuis, les arrivées vers la Grèce ont été fortement freinées. Bruxelles et Ankara ont en effet convenu que serait renvoyé en Turquie tout migrant arrivé en Grèce après le 20 mars et n'ayant pas fait de demande d'asile ou dont la demande serait rejetée.
(Source : AFP)


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15 h 33, le 01 juin 2016