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Économie - Financement Du Terrorisme

Pour Salamé, les efforts du Liban protègent sa réputation

Le gouverneur de la BDL a inauguré hier un atelier de travail libano-américain sur la lutte contre le financement du terrorisme.

« Les banques opérant au Liban (…) doivent aussi se conformer aux règlements et sanctions appliquées dans les pays où opèrent leurs banques correspondantes », a rappelé le gouverneur de la BDL, Riad Salamé. Photo Ani

Alors que la Banque centrale (BDL) et le secteur bancaire libanais ont été vivement interpellés la semaine dernière par le Hezbollah sur leur application des sanctions américaines visant ce parti, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a loué hier les efforts du Liban en matière de mise en conformité avec les normes internationales de lutte contre le financement du terrorisme, estimant qu'ils le protégeaient « des dangers concernant sa réputation ».
M. Salamé s'exprimait lors de l'inauguration d'un atelier de travail réunissant, pendant deux jours à la BDL, des représentants des administrations libanaises et américaine autour de leur coopération en matière de lutte contre le financement du terrorisme. Une allocution prononcée en présence du secrétaire général de la Commission d'enquête spéciale (CSI), Abdel Hafiz Mansour, et de l'ambassadeur américain au Liban, Richard Jones.

Soulignant qu'il fallait être sensible à la « rigueur dont fait preuve le monde entier vis-à-vis de l'implémentation des normes » internationales en la matière, M. Salamé a notamment insisté sur les effets des lois votées par le Parlement le 13 novembre 2015, qui ont permis, selon lui, de « criminaliser le financement des activités de combattants terroristes étrangers » au Liban. Outre la ratification de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme de 1999, les députés avaient voté trois textes pour respectivement : imposer la déclaration aux douanes du transport de sommes numéraires aux frontières ; adopter l'échange intergouvernemental d'informations fiscales sur demande en cas de soupçons sérieux d'évasion fiscale ; et élargir le crime de blanchiment d'argent afin d'y inclure notamment l'évasion fiscale et le financement des organisations terroristes.


(Lire aussi : Les attaques du Hezbollah contre le secteur bancaire restent inexplicables)

 

Le Hezbollah absent des discours
Riad Salamé a aussi rappelé que la BDL avait émis un certain nombre de circulaires pour renforcer les exigences imposées aux banques en la matière ; citant entre autres l'obligation de geler immédiatement les avoirs des personnes liées aux talibans et à el-Qaëda (circulaire n°136 de décembre 2015), l'interdiction des cartes prépayées non liées à un compte bancaire (circulaire n°415 de mars 2016) ou l'interdiction de transactions bancaires avec des sociétés dont les actions sont détenues au porteur (circulaire n°411 de février 2016).

En revanche, il n'a pas fait explicitement mention de la circulaire (n° 137) émise le 3 mai pour définir les modalités d'application des sanctions prévues par le « Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 », voté en décembre par le Congrès américain. À ce sujet, le gouverneur a simplement rappelé, sibyllin, que « les banques opérant au Liban (...) doivent aussi se conformer aux règlements et sanctions appliquées dans les pays où opèrent leurs banques correspondantes. »
Sans, lui non plus, se référer explicitement au Hezbollah, M. Jones a de son côté salué les mesures énoncées par M. Salamé et la coopération avec les autorités libanaises lors de cet atelier, ajoutant que « cet important dialogue entre nos deux pays (allait) renforcer (...) la coordination entre nous autour (de la classification des groupes terroristes) et des listes des Nations unies à venir ».

 

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Alors que la Banque centrale (BDL) et le secteur bancaire libanais ont été vivement interpellés la semaine dernière par le Hezbollah sur leur application des sanctions américaines visant ce parti, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a loué hier les efforts du Liban en matière de mise en conformité avec les normes internationales de lutte contre le financement du terrorisme, estimant qu'ils le protégeaient « des dangers concernant sa réputation ».M. Salamé s'exprimait lors de l'inauguration d'un atelier de travail réunissant, pendant deux jours à la BDL, des représentants des administrations libanaises et américaine autour de leur coopération en matière de lutte contre le financement du terrorisme. Une allocution prononcée en présence du secrétaire général de la Commission d'enquête spéciale (CSI), Abdel...
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Riad Salamé a rappelé que la BDL avait émis l'obligation de geler immédiatement les avoirs des personnes liées aux talibans et à el-Qaëda (circulaire n°136 de décembre 2015). En revanche, il n'a pas fait mention de la circulaire (n° 137) émise le 3 mai pour définir les modalités d'application des sanctions prévues par le « Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 », voté en décembre par le Congrès américain. Sans, lui non plus, se référer explicitement au Hezbollah, M. Jones a de son côté ajouté que « cet important dialogue allait renforcer la coordination autour de la classification des groupes terroristes et des listes des Nations unies à venir." ! Pourquoi n'ont-ils pas cité ce héZébbb-là ? C'est quoi ce favoritisme-là ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

07 h 05, le 24 mai 2016

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  • Riad Salamé a rappelé que la BDL avait émis l'obligation de geler immédiatement les avoirs des personnes liées aux talibans et à el-Qaëda (circulaire n°136 de décembre 2015). En revanche, il n'a pas fait mention de la circulaire (n° 137) émise le 3 mai pour définir les modalités d'application des sanctions prévues par le « Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 », voté en décembre par le Congrès américain. Sans, lui non plus, se référer explicitement au Hezbollah, M. Jones a de son côté ajouté que « cet important dialogue allait renforcer la coordination autour de la classification des groupes terroristes et des listes des Nations unies à venir." ! Pourquoi n'ont-ils pas cité ce héZébbb-là ? C'est quoi ce favoritisme-là ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 05, le 24 mai 2016

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