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Moyen Orient et Monde - Brésil

Écartée du pouvoir, Rousseff dénonce un « coup d’État »

Michel Temer, d'origine libanaise, succède à la présidente.

Dilma Rousseff faisant un signe d’adieu à ses partisans massés devant le palais présidentiel du Planalto, à Brasilia. Andressa Anholete/AFP

Dilma Rousseff a été écartée hier du pouvoir au Brésil, un séisme politique qui a plongé le géant d'Amérique du Sud dans l'inconnu à l'approche de ses Jeux olympiques. Au bout de 20 heures de débats, les sénateurs ont voté à une large majorité (55 voix sur 81) l'ouverture formelle d'un procès en destitution de l'impopulaire présidente, accusée de maquillage des comptes publics. Ce vote historique du Sénat met fin à 13 ans de pouvoir consécutif de la gauche. Du coup, son vice-président et rival Michel Temer, d'origine libanaise, lui a succédé.
L'ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature, a rapidement appelé les Brésiliens à se « mobiliser » contre le « coup d'État » dont elle se dit victime. « Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement mon mandat, c'est le respect des urnes, de la souveraineté du peuple brésilien et de la Constitution », a insisté Mme Rousseff, suspendue pour 180 jours maximum dans l'attente de son jugement final par le Sénat. Toutefois, à Washington, dans une première réaction, « le président (Barack Obama) continue à avoir confiance dans la solidité des institutions démocratiques du Brésil pour résister aux turbulences politiques », a affirmé Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche.
Mme Rousseff pourrait revenir en septembre, après les JO de Rio (5-21 août), mais ses chances d'être réintégrée par le Sénat sont quasiment nulles.
Son remplaçant, homme d'appareil sans charisme, est tout aussi impopulaire. Environ 61 % de Brésiliens souhaitent son départ et des élections anticipées, non prévues par la Constitution, selon un récent sondage. Michel Temer va hériter du cocktail explosif qui a conduit droit dans le mur Mme Rousseff : la pire récession depuis les années 1930 et l'énorme scandale de corruption Petrobras. M. Temer prépare un paquet de mesures libérales qui pourraient en outre jeter les syndicats dans la rue : ajustement budgétaire sévère, réforme du système déficitaire des retraites et de la législation du travail.
Le nouveau président en exercice, âgé de 75 ans, a déjà formé un nouveau gouvernement, axé sur le redressement économique, avec l'ex-président de la Banque centrale Henrique Mereilles aux Finances et l'ancien gouverneur de l'État de São Paulo, José Serra, aux Affaires étrangères.

Vieux renard et habile bluffeur
Courtois, discret, conciliateur : Michel Temer semblait résigné aux seconds rôles honorifiques... jusqu'à ce qu'il appuie sur la gâchette pour s'emparer du fauteuil présidentiel. L'heure avait sonné pour M. Temer de passer enfin de l'ombre à la lumière. En vieux renard de la politique et habile bluffeur, il a orchestré le débarquement de son parti du gouvernement fin mars, un coup qui fut fatal pour Dilma Roussef.
Avocat constitutionnaliste au port altier, toujours tiré à quatre épingles et le visage figé par la chirurgie esthétique, M. Temer dirige depuis 15 ans le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), arbitre centriste de toutes les majorités de gouvernement depuis 1994. Le profil sans relief de ce cadet d'une fratrie de huit enfants, nés d'immigrants libanais en 1940 dans l'État de São Paulo, cache toutefois quelques surprises. M. Temer a publié en 2013 un recueil de poésie. Il a eu cinq enfants de trois mariages en quatre décennies. Son épouse actuelle est une ex-reine de beauté âgée de 32 ans, enceinte de six mois, décrite comme « belle, réservée et au foyer ».
Comme Mme Rousseff, il devra composer avec un Parlement fragmenté où les appuis se négocient cash. Il comptait drastiquement réduire le nombre de ministères. Il a déjà dû mettre de l'eau dans son vin. Et puis il y a les affaires, en particulier cet aussi titanesque qu'embarrassant scandale de corruption autour du géant étatique pétrolier Petrobras, qui éclabousse de plein fouet le PMDB. Lui-même a été cité par des inculpés, mais le procureur n'y a pas vu à ce stade d'indices suffisants pour le poursuivre. Il pourrait aussi voir son mandat cassé avec celui de Mme Rousseff par la justice électorale pour financement illicite par des fonds détournés de Petrobras. Et il risque d'être déclaré inéligible pour huit ans, après sa récente condamnation en appel pour entorse à la loi sur le financement des campagnes électorales.
(Source : AFP)

Dilma Rousseff a été écartée hier du pouvoir au Brésil, un séisme politique qui a plongé le géant d'Amérique du Sud dans l'inconnu à l'approche de ses Jeux olympiques. Au bout de 20 heures de débats, les sénateurs ont voté à une large majorité (55 voix sur 81) l'ouverture formelle d'un procès en destitution de l'impopulaire présidente, accusée de maquillage des comptes publics. Ce vote historique du Sénat met fin à 13 ans de pouvoir consécutif de la gauche. Du coup, son vice-président et rival Michel Temer, d'origine libanaise, lui a succédé.L'ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature, a rapidement appelé les Brésiliens à se « mobiliser » contre le « coup d'État » dont elle se dit victime. « Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement mon mandat, c'est le respect des urnes,...
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