Kassem Istanbouli devant « Stars Cinéma », à Nabatieh
Après des études scéniques à l'Université libanaise, le jeune Kassem Istanbouli rêve d'ouvrir un cinéma, tout comme ceux de l'âge d'or de Beyrouth. Qui se souvient du Roxy, Rivoli, Dunia ou l'ancien Empire avec balcons et poulaillers ? Comment ne plus marginaliser cette région du Sud ? Comment cibler les jeunes et les sensibiliser à la culture et à l'art ? Comment être à la hauteur de cette grande sœur Beyrouth qui, tout en montrant le chemin, centralisait toutes les activités. Vers elle. Tels sont ses premiers objectifs.
Le rêve devient réalité en 2008 lorsqu'avec une équipe de passionnés, Kassem Istanbouli s'attelle à mettre en place une salle de cinéma qui accueillerait des festivals, des performances théâtrales et d'autres activités culturelles. « Notre but était de diffuser non des films commerciaux, mais d'auteur, à l'instar de l'association Metropolis à Beyrouth », dira Istanbouli. « La salle était prête, renchérit-il. Il fallait la restaurer. » Trente ans après sa fermeture, le cinéma al-Hamra reprenait vie sous sa direction.
Deux ans après cette initiative réussie qui avait attiré des festivals à thème notamment celui de Omar el-Sharif où les habitants de Tyr retrouvaient, la larme à l'œil, les anciens films de l'acteur égyptien, Istanbouli reprend le flambeau. Avec le soutien du ministère de la Culture et l'appui d'un grand nombre de bénévoles qui ont travaillé dur sur ce projet, le directeur du cinéma al-Hamra récidive avec Nabatieh. Plus d'efforts conjugués, un agenda bien rempli et surtout, surtout un défi à toutes les difficultés qui s'imposent tous les jours à cette équipe de jeunes.
Aujourd'hui, les travaux vont bon train et au-dessus d'une montagne de déchets qui seront enfouis sous la terre, le bâtiment sera sur pied à nouveau.
« Stars Cinéma », tel est le nom de ce cinéma qui ouvrira officiellement ses portes le 6 août 2016 avec un festival panaché qui comprend outre les quatre cents sièges restaurés, trois étages où se dérouleront des activités diverses. Ateliers, conférences avec des artistes de milieux divers, mais aussi des spectacles de rue et du théâtre. Pour que jamais plus le Sud ne soit marginalisé !


Quid des carrières de bahhéss-cailloux et de sable-ramélll en sus des "ordures", tous en plus à ciel ouvert ? ! Yâ hassirtîîîh !
20 h 50, le 12 mai 2016