Mon très cher fils, c'est avec amertume que je t'écris ces quelques lignes. Tu as quitté le pays il y a onze ans et tu cartonnes dans ton métier ! Je suis fier de toi. Entre-temps, notre cher Liban ne fait que régresser. J'en suis moins fier. J'aurais tellement souhaité qu'il fasse du surplace. Le drame ici, mon fils, ce sont mes compatriotes : 80 % des inscrits à Beyrouth ont voulu ignorer le vote. Oui, c'est un drame ! J'ai honte de ce que ma génération laisse à la tienne. De grâce, arrêtons de nous plaindre de nos dirigeants que nous avons nous-mêmes élus !
Tu aimes foncièrement le Liban ! Moi aussi. Mais nous sommes entourés de beaucoup de concitoyens qui n'en ont rien à faire : regarde comment ils se tiennent, comment ils agissent, comment ils conduisent, combien ils sont dépourvus d'esprit civique et, le comble, d'humilité ! Ça s'appelle des moutons. Certes, la poubelle nous envahit, mais elle a toujours existé, partout, sur les bords des routes, dans les caniveaux, dans les fleuves, au bord et dans la mer.
Partageons-nous les rôles, mon fils : toi, continues à briller chez les Suisses, et moi, je continuerai à vivre ici avec ceux du Moyen-Orient. Bonne chance mon fils, et pardon pour cet héritage !
Nos lecteurs ont la parole - Kamal Badaro
Mon fils, le problème du Liban, ce sont les Libanais
OLJ / le 11 mai 2016 à 00h57


Les Libanais ; et comme on les comprend ; aimeraient bien se dérober, souvent, à leur "propre" société.
18 h 29, le 17 mai 2016