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À La Une - Crise

En Irak, l'incertitude politique après l'invasion de la Zone verte

Bagdad était également sous haute tension avec la présence d'un pèlerinage chiite, cible d'un attentat pour la seconde fois en trois jours.

Des partisans du dignitaire irakien chiite Moqtada Sadr, rassemblés dans la Zone verte à Bagdad, le 1 mai 2016. Photo REUTERS/Thaier Al-Sudani

L'incertitude demeurait lundi autour du processus de réformes politiques en Irak, au lendemain d'un weekend marqué par l'introduction dans le Parlement de milliers de manifestants en colère contre l'immobilisme et la corruption dans leur pays.

Bagdad était également sous haute tension avec la présence d'un pèlerinage chiite, cible d'un attentat pour la seconde fois en trois jours.

L'Irak est en proie à une grave crise politique depuis un mois, de nombreux partis s'opposant au projet du Premier ministre de mettre en place un gouvernement de technocrates par peur de perdre leurs privilèges.
Excédés, des milliers d'Irakiens - partisans du dignitaire chiite Moqtada Sadr pour la plupart - ont organisé des sit-in et des manifestations depuis des semaines qui ont culminé samedi avec l'invasion de la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad et l'occupation durant plusieurs heures du Parlement.
Ils ont menacé de revenir si les députés échouent à approuver un nouveau gouvernement de technocrates censé s'attaquer à une corruption endémique.

Mais lundi aucun plan concret sur les prochaines étapes du mouvement de contestation n'était clair, Moqtada Sadr lui-même ayant quitté le pays pour un voyage en Iran voisin, le principal acteur international ayant une grande influence sur les blocs politiques chiites irakiens. 
"Le chef du mouvement sadriste a quitté à 11H00 l'aéroport de Najaf en direction de celui de l'imam Khomeini" au sud-ouest de Téhéran, a indiqué à l'AFP un responsable de l'aéroport irakien. M. Sadr est accompagné de deux autres religieux, a ajouté le responsable sous couvert d'anonymat. Une source politique à Bagdad a confirmé l'information.

 

(Lire aussi : Journée portes ouvertes dans la mythique Zone verte à Bagdad)

 

Démission?
Les postes clés au gouvernement sont depuis des années partagés sur la base de quotas politiques et sectaires et Moqtada Sadr, tout comme le Premier ministre Haider al-Abadi, souhaitent une nouvelle équipe gouvernementale composée de technocrates, capable de mener de manière plus efficace des réformes cruciales pour lutter contre la corruption.

Mardi, les députés avaient approuvé une partie des candidats proposés lors d'une séance houleuse qui a vu des parlementaires jeter des bouteilles en direction du Premier ministre. L'invasion du Parlement pendant plusieurs heures samedi risque de compliquer encore davantage la tenue d'une nouvelle session, le bâtiment nécessitant un sérieux nettoyage et une remise en ordre. Certains députés ont été violentés et leurs véhicules vandalisés.

"Il a été décidé d'organiser une session parlementaire la semaine prochaine dans un autre lieu parce que le hall (du Parlement) a été endommagé", a affirmé à l'AFP le député Abbas al-Bayati. Le Premier ministre a ordonné que les fauteurs de troubles soient traduits en justice mais il semble que son poste ne tienne plus qu'à un fil. "Pour la première fois, il y a des discussions au sein du parti pour demander la démission de M. Abadi", a confié un haut responsable du parti Dawa dont M. Abadi est issu.

 

(Lire aussi : À Bagdad, le sit-in des chiites pauvres contre « les voleurs de l’Irak »)

 

'La véritable menace'
Cette crise est suivie avec inquiétude par les Etats-Unis qui craignent qu'elle "ne détourne" les autorités de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) "qui constitue "la véritable menace" pour les Irakiens, selon un haut responsable américain.

Le groupe jihadiste a revendiqué un double attentat suicide à la voiture piégée qui a fait dimanche 33 morts à Samawa dans le sud du pays, une région majoritairement chiite généralement épargnée par les attaques de l'EI.

Lundi, un attentat à la voiture piégée a visé des fidèles chiites à Bagdad, faisant au moins 14 morts et 41 blessés dont des femmes et des enfants, selon des responsables irakiens.

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais ce genre d'attaque est habituellement mené par l'EI qui considère la communauté musulmane chiite comme hérétique. L'EI a perpétré une attaque similaire contre des pèlerins chiites samedi à la périphérie de Bagdad tuant au moins 23 personnes.

La plupart des principales artères de la capitale irakienne sont fermées pendant les célébrations commémorant l'anniversaire de la mort en 799 de l'imam Moussa Kazem, une importante date dans le calendrier chiite. La principale commémoration au mausolée de l'imam Kazem dans le quartier de Kazimiyah dans le nord de Bagdad est prévue mardi.

 

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