Usain Bolt, roi du sprint mondial, visera le triple-triplé à Rio, après ses titres sur 100 m, 200 m et relais 4 x 100 m de Pékin (2008) et Londres (2012). Olivier Morin/AFP
Bolt, la «foudre» jamaïcaine, Neymar, le magicien du football auriverde, Phelps, la «torpille de Baltimore»: derrière ces VRP de luxe, les JO de Rio vont accueillir un parterre de stars et peut-être d'antistars, les contrôleurs antidopage, garants d'un label olympique «plus vite, plus haut, plus fort» parfois douteux.
Pour les têtes de gondoles de ces JO cariocas, le défi sera énorme. À la hauteur de leur palmarès XXL. Monté au sommet de l'Olympe sportif de sa foulée de géant, Usain Bolt, roi du sprint mondial, visera le triple-triplé, après ses titres sur 100 m, 200 m et relais 4 x 100 m de Pékin 2008 et Londres 2012. Pour Neymar, la mission sera claire: arracher l'or olympique, le seul titre qui manque encore au CV de la Seleçao brésilienne, et panser la plaie de ce 7-1 encaissé à domicile en demi-finale du Mondial 2014 face à l'Allemagne. Quant au nageur américain Michael Phelps, sportif le plus médaillé de l'histoire des Jeux, il cherchera tout simplement un 19e titre; et une 23e médaille.
Au-delà de ce trio de luxe, les «dieux du stade» seront nombreux à vouloir exploser chronos et records, comme le Français Renaud Lavillenie, nouveau tsar de la perche du haut de son titre olympique londonien et de ses 6,16 m réalisés en février 2014 à Donetsk, en Ukraine. Dominateurs sur le tartan du stade olympique de Stratford, le Kényan David Rudisha (800 m) et le Britannique d'origine somalienne Mo Farah (5000 et 10000 m) voudront eux aussi récidiver. Championne olympique à Londres, à 15 ans à peine, Katie Ledecky – la «Zidane des bassins», selon l'entraîneur français Philippe Lucas – devrait continuer à faire des vagues. Et remplir encore son armoire à trophées, à côté de ses 9 titres de championne du monde.
« Baby Face » Curry
Du côté des tatamis, c'est le judoka français Teddy Riner qui sera dans la lumière: huit fois champion du monde, couronné à Londres, et invaincu depuis 2010, il entend imposer une nouvelle fois sa carcasse de 140 kg, pour devenir le roi incontesté de la discipline. Au royaume des colosses, il faudra aussi compter avec Ilya Ilyin. Devenu végétarien après les JO de Londres, l'haltérophile kazakh, invaincu depuis 2005, a gardé l'appétit et visera un 3e titre olympique chez les
-105 kg.
Star olympique mais inconnu du grand public, Ilyin aura cependant du mal à faire de l'ombre aux golfeurs, petits nouveaux de l'olympisme. Pour le retour de la discipline aux JO depuis St-Louis 1904, les cadors seront sur les rangs: que ce soit le n° 1 mondial, l'Australien Jason Day, son dauphin, l'Américain Jordan Spieth, ou l'Irlandais du Nord Rory McIlroy.
Car un titre olympique vaut de l'or, même s'il n'est pas sonnant et trébuchant, y compris pour les milliardaires du sport business. À la tête du nouveau millésime de la Dream Team du basket américain, il y aura ainsi le nouveau roi de la NBA, Stephen «Baby Face» Curry, le tireur d'élite des Golden State Warriors. Il est loin le temps où certains sports professionnels ne déléguaient que des seconds couteaux aux JO. Face à la baie de Copacabana, c'est presque une étape du Tour de France qui sera disputée, avec pas moins de quatre vainqueurs de la Grande Boucle au départ, entre Froome, Wiggins, Contador et Nibali.
De même, au tennis, c'est le n° 1 mondial, le Serbe Novak Djokovic, qui voudra enfin briller, après avoir échoué à Pékin et Londres. Tout comme le Suisse Roger Federer, sacré en double avec Stan Wawrinka à Pékin en 2008, mais jamais titré en simple, l'une des dernières couronnes qui échappent encore à son immense palmarès.
Semenya pas assez féminine
Mais ces Jeux brésiliens pourraient aussi être l'occasion de quelques beaux retours, comme celui de Caster Semenya. Clouée au pilori pour sa victoire trop facile lors du 800 m des Mondiaux 2009, l'athlète sud-africaine avait même vu sa féminité mise en doute. Réhabilitée, après une longue enquête médicale et une suspension de 11 mois, la jeune femme a depuis décroché l'argent à Londres. Et, à 25 ans, elle fait partie des candidates pour l'or à Rio, après avoir gagné en l'espace de quatre heures les épreuves des 400, 800 et 1 500 m lors des derniers championnats d'Afrique du Sud.
D'autres sportifs ont vu leurs performances mises en cause. Comme les athlètes russes, pour l'instant toujours suspendus – et donc privés des Jeux – depuis le rapport cinglant d'une commission d'enquête de l'Agence mondiale antidopage (AMA) ayant conclu à un «système généralisé» de dopage dans leur pays. La tsarine de la perche Irina Isinbayeva, double championne olympique en titre, sera-t-elle présente à Rio? Le suspense est entier. Même constat pour Anna Chicherova, championne olympique en titre à la hauteur. Ainsi, la participation aux Jeux de Rio des athlètes russes ne se joue plus sur les sautoirs, mais dans les bureaux des fédérations russe et internationale (IAAF) d'athlétisme. Les doutes ne seront pas dissipés avant juin, quand l'IAAF décidera de maintenir ou lever la suspension.
Une certitude: l'AMA et ses agents pourraient faire partie des stars des JO s'ils attrapaient un gros poisson dans leurs filets. À moins que la peur du gendarme ne fasse déjà ralentir certains? Certains champions olympiques de Londres ont en tout cas de vrais coups de mou. Comme la nageuse chinoise Ye Shiwen, couronnée à 16 ans à Londres sur 400 m 4 nages et seulement en bronze trois ans plus tard aux Mondiaux. Dix-sept secondes plus lentement !
Olivier LUCAZEAU/AFP


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