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Moyen Orient et Monde

La question palestinienne victime des développements régionaux

Entretien/Conférence USJ

Le professeur associé de relations internationales à l'Université américaine de Beyrouth, Karim Makdisi, expose à « L'Orient-Le Jour » son analyse sur la question palestinienne après le printemps arabe.

26/04/2016

Le monde arabe traverse depuis cinq années une série de bouleversements dont l'une des conséquences majeures a été la marginalisation du conflit israélo-palestinien dans les relations internationales. Des printemps arabes à la montée en puissance de l'organisation État islamique (EI), en passant par la guerre froide entre l'Arabie saoudite et l'Iran ont contribué à faire de la Syrie l'épicentre géopolitique de la région, au détriment du conflit israélo-palestinien.
Dans le cadre de la conférence organisée par l'Institut des sciences politiques de l'Université Saint-Joseph, les 14 et 15 avril 2016, L'Orient-Le Jour a invité Karim Makdisi, professeur associé de relations internationales à l'Université américaine de Beyrouth, à dresser un bilan de l'impact des printemps arabes sur la question israélo-palestinienne.

 

Quel a été l'impact des printemps arabes sur l'implication de l'Arabie saoudite dans le conflit israélo-palestinien ?
Il y a, depuis quelques années déjà, des intérêts communs assez clairs entre les Saoudiens et les Israéliens. Depuis que le problème principal pour l'Arabie saoudite est la question de l'Iran, et de ce qui est appelé « l'axe de résistance », tous ceux qui en font partie deviennent de facto un challengeur direct pour Riyad. De ce fait, l'enjeu palestinien devient moins important pour les Saoudiens et il est un peu mis de côté.

 

Qu'en est-il de l'Iran ? Déjà engagé sur plusieurs fronts, Téhéran est-il toujours aussi impliqué dans ce conflit ?
Il l'est moins qu'auparavant. Durant la dernière guerre de Gaza (2014), l'Iran a soutenu le Jihad islamique. Aujourd'hui, il y a des consultants iraniens, et une coordination évidente. Mais quand les membres du Hamas ont quitté la Syrie et se sont opposés au régime en place, cela a constitué une vraie rupture et a rendu la situation avec l'Iran assez compliquée. Je pense que le soutien de l'Iran est aujourd'hui effectif au niveau de la formation et du conseil. C'est surtout un soutien politique et moral, même si la question palestinienne revient de manière régulière dans les discours iraniens.

 

(Lire aussi : Le chef de la Ligue arabe veut un tribunal international pour juger Israël)

 

Quel a été l'impact des printemps arabes sur les relations interpalestiniennes ?
Rien n'a changé. Cela les a rendues encore plus mauvaises pendant un moment, car le Hamas était étroitement lié aux Frères musulmans en Égypte. La fracture entre le Hamas et le Fateh s'accroît depuis plusieurs années. En dépit des printemps arabes, ils n'ont pas réussi à faire front commun au nom de l'unité nationale et parvenir à établir une stratégie commune. Pourtant, sans stratégie commune, la cause palestinienne ne fait que reculer dans la région.

 

Comment les Palestiniens perçoivent-ils les printemps arabes ?
Il y a eu énormément de sympathie envers les manifestations, bien entendu. Le Hamas a pensé que le temps des Frères musulmans était venu, mais dans un sens positif. Ils étaient ceux qui avaient souffert, et c'était donc pour eux le moment de prendre le pouvoir face aux vieux régimes autoritaires.

 

Le peuple palestinien a-t-il encore de l'espoir ?
Les Palestiniens sont arrivés à un point de non-retour, où tout espoir de processus de paix a été, de manière délibérée, voué à l'échec. Au niveau interne, la corruption, les divisions entre les partis n'arrangent rien. La population est complètement laissée pour compte, sans aucune perspective d'avenir, et elle est elle-même ultradivisée. Avec ces données en tête, il semble qu'il n'y ait qu'une seule solution. Lorsque, depuis la prison où il est incarcéré, Marwan Barghouti, qui vient du Fateh, appelle à la libération et combattre l'occupation, il faut inexorablement une unité nationale pour y parvenir.

 

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ACE-AN-NAS

On a le même tempo avec l'opposition syrienne qui ne s'entend pas entre elle et pourtant , .....on lui accorde beaucoup d'espoir de réussite avec des rires en dernier.... ...Hahahahahahah, ,

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET AVANT TOUT DES PALESTINIENS EUX-MEMES QUI NE S,ENTENDENT JAMAIS ENTRE EUX...

Pierre Hadjigeorgiou

Tout ce qui concerne la cause Palestinienne ne doit plus nous concerner autre que faire en sorte que ceux qui sont toujours au Liban le quitte coûte que coûte et peu importe qu'ils soient chez nous depuis 48, 70 ou depuis la St glinglin!. La cause Palestinienne est morte avec l'acceptation de ces derniers d’échanger leur patrie contre la notre! Basta et bon vent!

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