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Économie - Politique Monétaire

La BCE réclame « du temps » pour ses mesures et demande aux États membres d’agir

« Nous avons pour mandat de chercher à atteindre la stabilité des prix pour toute la zone euro, pas seulement pour l’Allemagne », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. Ralph Orlowski/Reuters

Quelques semaines après avoir musclé son dispositif pour relancer une inflation léthargique, la BCE a demandé hier qu'on « laisse du temps » à ses mesures et a réclamé aux gouvernements européens une action « plus appuyée » en faveur de la croissance.
« Nos mesures fonctionnent, elles sont efficaces, laissez-leur juste du temps pour montrer pleinement leurs effets », a plaidé son président Mario Draghi, lors d'une conférence de presse. « Mais cela ne peut se faire tout seul. Afin de récolter pleinement les fruits de nos mesures de politique monétaire, d'autres sphères de décision doivent contribuer de façon beaucoup plus appuyée, au niveau national et au niveau européen », a-t-il insisté sur un ton plus véhément que d'habitude.
La politique de la BCE est « la seule à soutenir la croissance » depuis quatre ans, a-t-il regretté, reprochant aux gouvernements de ne pas avoir lancé les réformes structurelles indispensables. Le président de l'institution monétaire s'exprimait à Francfort à l'issue de la réunion régulière du Conseil des gouverneurs, qui a décidé, sans surprise, de maintenir ses taux d'intérêt directeurs à leurs niveaux historiquement bas. Le taux central est à zéro depuis le mois dernier, ce qui signifie qu'emprunter ne coûte pratiquement plus rien, mais aussi que les placements ne rapportent plus, ou très peu. Ce dernier point vaut à la BCE de vives critiques en Allemagne, pays à la population vieillissante où l'épargne joue un rôle crucial.

La loi fait foi
« Nous avons pour mandat de chercher à atteindre la stabilité des prix pour toute la zone euro, pas seulement pour l'Allemagne », a dit M. Draghi, s'exprimant officiellement pour la première fois après une récente vague de critiques germaniques.
La guerre des mots pourrait toutefois bien se poursuivre, puisque la Banque centrale a encore promis hier d'utiliser « tous les instruments disponibles » dans le cadre de son mandat, « si nécessaire ». L'Italien a notamment répété que les taux directeurs de l'institution pourraient aller encore plus bas que leur niveau actuel. Pour Marcel Fraztscher, président de l'institut économique allemand DIW, « la BCE a donné un signal clair de la poursuite de la politique expansive. (...) La politique des taux zéro va se poursuivre au moins trois ou quatre ans ».
Pénalisés par le recul des cours du pétrole, les prix ont fait du surplace en mars, après un recul de 0,2 % en février, là où la Banque centrale vise une « inflation proche mais inférieure à 2 % ».
Une fois n'est pas coutume, la conférence de presse de M. Draghi, sans annonces fracassantes, a quasiment laissé de marbre les marchés. « Il n'y a pas eu d'indice aujourd'hui laissant penser que la BCE veuille ou éprouve le besoin d'en faire plus », a commenté Kallum Pickering, de Berenberg.
Face à l'inflation atone, l'institution monétaire européenne a déjà élargi par deux fois son action au cours des cinq derniers mois. Début mars, elle a abaissé l'ensemble de ses taux directeurs aux niveaux actuels, dévoilé un nouveau programme de prêts géants gratuits aux banques (TLTRO) et élargi le « QE », son vaste programme de rachats de dettes publiques et privées, pour y inclure par exemple les rachats de dettes d'entreprises – une opération encore inédite qui va débuter en juin. Objectif de toutes ces actions : faire circuler l'argent dans le bloc monétaire, stimuler le crédit, l'investissement et la consommation. Et en bout de chaîne, faire repartir les prix.
« De façon générale, la réunion d'aujourd'hui confirme notre opinion selon laquelle la BCE va adopter une posture d'attente ces prochains mois, en l'absence de chocs négatifs », analyse Johannes Gareis, économiste chez Natixis. Son confrère de Commerzbank, Jörg Krämer, estime toutefois que la Banque centrale pourrait étendre encore davantage son action d'ici à la fin de l'année. L'inflation remonte « vers 2 % beaucoup moins vite que ne l'attendait la BCE », argumente-t-il.

(Source : AFP)

Quelques semaines après avoir musclé son dispositif pour relancer une inflation léthargique, la BCE a demandé hier qu'on « laisse du temps » à ses mesures et a réclamé aux gouvernements européens une action « plus appuyée » en faveur de la croissance.« Nos mesures fonctionnent, elles sont efficaces, laissez-leur juste du temps pour montrer pleinement leurs effets », a plaidé son président Mario Draghi, lors d'une conférence de presse. « Mais cela ne peut se faire tout seul. Afin de récolter pleinement les fruits de nos mesures de politique monétaire, d'autres sphères de décision doivent contribuer de façon beaucoup plus appuyée, au niveau national et au niveau européen », a-t-il insisté sur un ton plus véhément que d'habitude.La politique de la BCE est « la seule à soutenir la croissance »...
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