La police turque a interpellé hier 105 personnes soupçonnées d'appartenir au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anatolie.
Les suspects, parmi lesquels se trouvent des dirigeants de l'entreprise de construction Dumankaya et des employés de Bank Asia, un important établissement bancaire mis sous tutelle par le gouvernement l'année dernière, ont été placés en garde à vue, a précisé Anatolie.
Au total, 140 personnes accusées d' « appartenir à une organisation terroriste » et de « financer le terrorisme » sont visées par un mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête baptisée « Assistance » et menée par la brigade financière de la Sûreté d'Istanbul. Les enquêteurs les soupçonnent d'avoir apporté un soutien financier d'environ 50 millions de livres turques (plus de 15 millions d'euros) entre 2004 et 2015 au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen.
Ancien allié de M. Erdogan, M. Gülen, qui dirige depuis les États-Unis un puissant réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises sous le nom d'Hizmet (Service, en turc), est devenu son « ennemi public numéro un » depuis un scandale de corruption de la fin 2013. Le chef de l'État accuse depuis le prédicateur d'avoir mis en place un « État parallèle » destiné à le renverser, ce que les « gülenistes » nient.
Depuis maintenant deux ans, les autorités turques ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire, et les poursuites contre les proches de la nébuleuse Gülen et ses intérêts financiers. Le mois dernier, le quotidien Zaman, considéré comme étant proche de l'imam Gülen, a été également placé sous tutelle, provoquant l'inquiétude en Europe et aux États-Unis.
Moyen Orient et Monde - Turquie
Nouveau coup de filet dans les milieux proches de Gülen
OLJ / le 19 avril 2016 à 00h00


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