Des membres de la Moutawaa, police religieuse en Arabie saoudite, dont les pouvoirs ont été réduits par le roi Salmane. Fayez Nureldine/AFP
Le gouvernement saoudien a décidé de réduire les pouvoirs de sa police religieuse, très redoutée au sein de la population, ordonnant à ses agents d'agir « aimablement et gentiment » dans l'application de la loi islamique. Ce corps de police, connu sous le nom de Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (Moutawaa), a en effet été accusé de commettre des abus en appliquant la politique de ségrégation des sexes et en obligeant les femmes à se couvrir de la tête aux pieds lorsqu'elles sont en public. Selon des médias locaux, des femmes ont été frappées en raison de leur tenue jugée indécente, et des commerçants maltraités lorsqu'ils ne fermaient pas boutique pendant les heures de prière dans le royaume saoudien qui applique une version rigoriste de l'islam.
Selon de nouvelles régulations approuvées cette semaine en Conseil des ministres, les officiers et les agents de la police religieuse « ne pourront plus arrêter ou détenir des personnes, ni demander leur cartes d'identité, ni les suivre », mais pourront seulement effectuer des signalements à la police ou à l'agence chargée de la lutte antidrogue. « Seules ces entités spécialisées seront responsables » des enquêtes et des arrestations, a précisé l'agence officielle SPA en détaillant les nouvelles mesures. Les membres de la Moutawaa devront aussi avoir une « bonne conduite », veiller à la « réputation » de leur commission et présenter clairement leurs cartes d'identité lorsqu'ils sont en opération. L'idée est de « conseiller aimablement et gentiment » la population, a souligné SPA. Enfin, une commission de cinq membres fera des propositions au président de la Moutawaa, désigné par le roi Salmane, pour que les agents rendent des comptes lorsqu'ils commettent des violations ou des abus.
(Source : AFP)


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