Ayaka Imahashi (à gauche) et Miki Koyama posant dans leur combinaison de course, casque en main. Toru Yamanaka/AFP
Des pilotes japonaises bientôt en F1 ? Ce scénario, a priori surréaliste, n'est peut-être pas si farfelu : de toutes jeunes pilotes nippones commencent en effet à émerger sur les circuits, ambitionnant d'accéder un jour au Graal du sport automobile.
Auparavant chahutée par ses camarades et ses fans, Miki Koyama (18 ans) a réduit ses critiques au silence en s'assurant une place pour la saison de F4, qui a débuté ce week-end à Okayama, au Japon. Si la F4 n'est qu'une des toutes premières étapes sur la longue route vers la F1, elle permet toutefois à cette jeune pilote d'entretenir son rêve. « Mon rêve est de devenir pilote de F1 », dit-elle au cours d'un entretien accordé pendant les séances d'entraînement sur le Fuji Speedway. « Je pense que c'est le bon moment pour avoir de grands rêves. Je continuerai de me battre jusqu'au bout. J'adore la vitesse. Il n'y a pas d'autre sport comme celui-ci. J'ai attrapé le virus quand j'étais petite et j'ai compris que je ne voulais rien faire d'autre », ajoute-t-elle.
Miki Koyama, qui a commencé les sports mécaniques par le karting à l'âge de 5 ans après avoir touché en dilettante au tennis et au karaté, a fait ses débuts dans la F4 la saison dernière, avec quelques courses terminées parmi les 30 premiers. « Les gens me demandent si c'est dangereux, mais je n'ai fait que ça depuis que je suis petite ! s'exclame-t-elle, juste après une ligne droite à 230 km/h sur fond de mont Fuji couvert de neige. C'est ce qu'il y a de mieux, c'est génial ! »
Un monde très masculin
« On m'a mené la vie dure au début, mais j'ai toujours considéré que le sexe n'avait aucune importance. Si j'obtiens des résultats, les gens vont oublier que je suis une fille. Je déteste qu'on m'appelle une fille », ajoute Miki.
Elle fait équipe, au sein du club Minami Aoyama, avec son aînée de trois ans Ayaka Imahashi. « Mes parents étaient contre au début car ils trouvaient cela trop dangereux, dit Ayaka (21 ans). Mais, un jour, ils ont accepté de venir me voir, l'an dernier, et ont fini par me donner leur bénédiction. Ma mère était tellement inquiète qu'elle pleurait en regardant la course. Elle était contente de me voir terminer en un seul morceau. »
« Les garçons sont là pour être battus. Mais il faut avant tout obtenir des résultats », sourit Miki, qui par le passé se faisait un peu d'argent en lavant les bolides.
Ont-elles une chance d'accéder un jour en F1 ? Difficile à dire. La F1 est un monde quasiment exclusivement masculin : seules cinq femmes ont pu accéder à ce statut dans l'histoire de la catégorie reine du sport automobile. Plus aucune femme n'a piloté de F1 en Grand Prix depuis l'Italienne Lella Lombardi en 1976. Le Japon n'a fait émerger que neuf pilotes de F1, parmi lesquels Kamui Kobayashi, qui a couru pour Toyota, Sauber et Caterham de 2009 à 2014. Bref, le rêve de Miki et d'Ayaka apparaît difficilement accessible. Mais rien ne semble freiner leur ambition.
« J'ai eu des accidents pendant les entraînements, dit Miki avec un sourire timide. Mais cela n'a pas fait très mal. Vous êtes bien protégée et n'êtes pas trop secouée. » « Je pense réellement au danger, renchérit la jeune Ayaka. Lorsque vous amorcez un virage à plus de 100 km/h et que vous faites un tête-à-queue et rentrez dans un mur, oui, c'est dangereux, mais je ne me lasserai jamais de cette ivresse ! »
Alastair HIMMER/AFP


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