Il y a longtemps que l'on n'avait vu pareil carrousel diplomatique, dans un pays diplomatiquement handicapé pourtant. Escorté des présidents de la Banque mondiale et de la Banque de développement islamique mais inexplicablement boudé par le ministre libanais des AE, le secrétaire général de l'Onu est venu s'enquérir de nos problèmes et besoins. Il a été vite suivi du secrétaire d'État au Foreign Office, Philip Hammond ; l'Amérique a livré à l'armée quelques joujoux volants ; d'autres vols de printanières hirondelles sont attendus et on nous promet même une prochaine visite du président François Hollande.
Ce regain d'intérêt international pour notre pays, accueillez-le sans trop chercher à en comprendre le comment du pourquoi. Inévitablement, nombre d'entre nous y applaudiront et nombre d'autres crieront à l'ingérence. Étrange phénomène, où l'on voit les Libanais rameuter la Terre entière pour qu'elle les aide à supporter le fardeau des réfugiés syriens et dénoncer aussitôt une obscure machination planétaire visant à les fixer sur place. Phénomène pourtant classique dans ce lopin de terre dont les habitants ne redoutent rien davantage, au fond, que l'indifférence des nations.
Le temps n'est plus, c'est vrai, où les empires européens étendaient leur protection à l'une ou l'autre des communautés religieuses du cru, quand ce n'est pas ces dernières qui les mendiaient elles-mêmes. Ingérences et allégeances n'ont fait que croître pourtant, et cela d'autant que les puissances régionales ont fait irruption dans le terrain de foot jadis réservé aux majors. C'est de l'Iran ou de l'Arabie saoudite que se réclament ouvertement, aujourd'hui, les blocs antagonistes du Liban ; et c'est à une hypothétique entente entre ces deux théocraties également médiévales que tient apparemment, après de longs mois de vacance, l'élection d'un président de la République dans ce qui fut la seule démocratie du monde arabe.
Si le sort de la Syrie, comme sans doute du Levant et du Moyen-Orient tout entiers, relève surtout des États-Unis et de la Russie, les Super-Grands sont loin de dédaigner néanmoins des théâtres plus modestes. Preuve en est cette extraordinaire confidence faite par Sergueï Lavrov à Saad Hariri en visite à Moscou : la Russie collabore avec toutes les forces politiques libanaises, pas uniquement avec le gouvernement de Beyrouth...
Entre bienveillantes – et bienvenues – sollicitudes étrangères et scandaleuses immixtions dans nos affaires, il est grand temps de savoir ce que l'on veut.
Issa GORAIEB
igor@lorientlejour.com
Ce regain d'intérêt international pour notre pays, accueillez-le sans trop chercher à en comprendre le comment du pourquoi. Inévitablement, nombre d'entre nous y applaudiront et nombre d'autres crieront à...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef