Avant son plongeon, l’été dernier, la Bourse de Shanghai, dopée par ces « opérations sur marge », avait bondi de 150 % en un an, sur fond d’endettement massif, avant de lâcher environ 40 % en quelques semaines à partir de mi-juin 2015. Photo archives AFP
La Chine a assoupli hier ses restrictions sur les « opérations sur marge », une pratique permettant d'acheter des actions en empruntant la majorité des fonds nécessaires, qui avait alimenté l'envolée des Bourses chinoises avant de contribuer à leur spectaculaire débâcle l'été dernier.
Cette technique très populaire – mais risquée en cas de retournement des cours – peut générer de gros profits pour les investisseurs, tout comme, à l'inverse, de lourdes pertes. Avant son plongeon l'été dernier, la Bourse de Shanghai, dopée par ces « opérations sur marge », avait bondi de 150 % en un an, sur fond d'endettement massif, avant de lâcher environ 40 % en quelques semaines à partir de mi-juin 2015. Les autorités ont, depuis, dépensé des sommes colossales pour renflouer les marchés.
La China Securities Finance (CSF), un organisme étatique dont le rôle est notamment d'assurer le financement des courtiers pour les « opérations sur marge », a réduit ses taux d'intérêt, selon son site Internet, ce qui devrait rendre les prêts moins onéreux pour les investisseurs. La CSF, membre de « l'équipe nationale » – les fonds publics et maisons de courtage exécutant des ordres gouvernementaux –, a également commencé à proposer aux courtiers des prêts à court terme, en plus des emprunts à six mois déjà disponibles. « L'assouplissement pourrait raviver l'intérêt pour le marché boursier », a déclaré Koon Chow, de l'Union bancaire privée à Londres, à Bloomberg News. L'annonce a été saluée par les investisseurs, la Bourse de Shanghai terminant hier en forte hausse de 2,15 %.
La Chine avait annoncé fin 2015 doubler le niveau des garanties financières exigées des investisseurs pour participer à des « opérations sur marge ». Depuis novembre, quiconque désire emprunter des fonds en vue d'acheter des actions sur les Bourses de Shanghai ou de Shenzhen doit préalablement créditer son compte d'une somme équivalente au montant qu'il souhaite emprunter.
Le gouverneur de la Banque centrale chinoise (PBOC) Zhou Xiaochuan a déclaré dimanche que Pékin espérait que davantage d'entreprises se financent via les marchés boursiers afin de réduire leur dépendance au crédit, selon le quotidien Shanghai Securities News.
(Source : AFP)

