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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Turpitudes en Occident et inquiétudes en Orient...

Quel lamentable pitch que celui de ce long-métrage qui raconte l'histoire de ces populations d'Orient dont le destin se tisse inexorablement d'un mélange de feu et de sang depuis soixante-huit ans... Quelle injustice pour ceux-là mêmes qui ont été le ferment le plus riche des religions monothéistes et dont les influences ont orienté, à travers les temps, la pensée et l'existence du monde occidental !
Un scénario qui décrit un drame humain qui se déroule au sein d'une fratrie appartenant originellement à une même famille religieuse. Tous ses membres vont s'entre-déchirer, quand l'un d'entre eux, émigré ailleurs depuis des siècles, décide de récupérer des terres qu'il avait autrefois habitées avec ses frères et d'en faire à nouveau son foyer. Pour ce faire, il s'allie discrètement avec les grands décideurs occidentaux et renvoie de force le peuple qui s'y était maintenu à travers l'histoire et en avait fait sa patrie. Mais pour pouvoir perdurer, garantir son avenir et réaliser ses objectifs et son intégration dans un milieu qui lui est devenu obligatoirement hostile, il adoptera une vision géopolitique à long terme, dissuasive, froide et sans état d'âme, et se dotera pour la réaliser de moyens matériels et militaires supérieurs à ceux de ses adversaires, tous confondus.
Depuis 1948 et la création de l'État d'Israël, c'est donc une valse infernale de soulèvements nationaux, de guerres régionales rampantes, de démantèlements géographiques successifs, de transferts de populations internes et externes, le tout se propageant systématiquement dans tous les pays riverains avec, pour principal objectif, le tracé d'une nouvelle géographie et la construction d'une régionalisation généralisée en lieu et place des États-nations existant depuis au moins les débuts du XXe siècle.
Pourquoi revenir aujourd'hui sur ce résumé historique éculé et largement rapporté et dénoncé depuis la Nakba ? Peut-être pour confirmer la réalisation systématique de cette diabolique et cynique mise en scène...
Sans vouloir en effet rappeler tous les événements qui ont précédé le désastre irakien et le morcellement de fait qui s'en est suivi dans ce pays, nous nous contenterons d'observer les développements de la guerre en Syrie, la façon avec laquelle elle a été menée et le panorama de sa géographie actuelle. Après quatre ans d'affrontements sauvages entre le régime, ses alliés iraniens et le Hezbollah, d'un côté, rejoints en fin de parcours par la Russie, et l'opposition, de l'autre, à laquelle sont venus se greffer différents groupes jihadistes, dont l'EI, al-Nosra et bien d'autres, le résultat sur le terrain fait ressortir là aussi un démantèlement du pays, un transfert de populations et l'apparition de régions délimitées, conçues pour recevoir des communautés spécifiques... Parti, en effet, d'une Syrie État-nation forte et d'un régime indéboulonnable sur la scène moyen-orientale depuis quarante ans, grâce au soutien indirect et probablement à une alliance objective avec Israël, tout s'est subitement effondré face au danger de la majorité opposante sunnite. Mais de peur des débordements et fort des garanties régionales et internationales (russes, américaines, iraniennes et israéliennes) pour la sécurité de sa communauté et des promesses de création d'une région alaouite totalement autonome sur le territoire syrien, le régime n'a pas hésité à utiliser son aviation contre ses propres villes et contre cette opposition populaire, sunnite, kurde et druze, pratiquement sans armes. Qui plus est, il aura fallu à la fin de cette dramatique épreuve que la Russie achève le travail et, comme pour signifier la fin du rôle du régime en question, elle a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, le projet d'établissement d'une fédération entre les régions issues du démantèlement opéré par ladite guerre. Le silence des grands décideurs internationaux et régionaux suite à cette suggestion est éloquent, il pourrait marquer l'aquiescement de l'Occident tout entier et le commencement de la fin probable d'un épisode important du projet de changement géopolitique engagé par Israël au lendemain de sa création.
À partir de là, comment lire les étapes à venir au Liban ? Le pays du Cèdre vit depuis 2005 une profonde cassure politique. Apparemment interne, elle s'inscrit en fait dans une perspective régionale, spécialement après que l'une de ses composantes eut choisi de faire allégeance à la wilayet al-faqih et accepté de devenir le bras armé de la République islamique d'Iran de ce côté de la Méditerranée. Elle a ainsi profité de tous ses soutiens financiers, militaires, logistiques et politiques. Devenue la force prépondérante au Liban, elle décide seule de la guerre et de la paix, bloque sans vergogne les institutions, fixe les règles de jeu au sein de la république, s'engage aux côtés de son parrain iranien dans la guerre en Syrie et n'hésite pas à critiquer ouvertement les pays arabes appartenant à l'axe sunnite, spécialement l'Arabie saoudite et les pays du Golfe, mettant en danger les intérêts économiques du pays. Le malaise grandit entre elle et la communauté sunnite au Liban depuis qu'elle a prêté main-forte au régime alaouite (qui est une branche chiite) dans sa répression contre son propre peuple majoritairement sunnite. Pour pouvoir par ailleurs continuer à agir librement hors des frontières libanaises, le parti de Dieu a pris en otage son propre pays et a bloqué l'élection présidentielle. Cette stratégie devrait lui permettre ainsi qu'à son axe d'avoir les coudées franches pour continuer à agir régionalement, même si la guerre en Syrie venait à cesser définitivement. Ensemble ils pourraient intervenir pour entreprendre certaines actions qui s'inscriraient dans l'équilibrage de la nouvelle équation géostratégique moyen-orientale en voie de réalisation. Mais est-ce que le bras de fer irano-saoudien engagé actuellement dans la région, sous le regard « bienveillant » de l'Occident, se terminera lui aussi par un nouveau démantèlement national et régional ? L'avenir nous le dira, mais toutes les conditions sont là pour rendre cette option possible !...
Est-ce que le Liban, qui avait été provisoirement épargné parce qu'il devait recevoir sur son territoire les réfugiés de la guerre en Syrie, va avoir à subir les conséquences de la fin de la guerre chez son voisin, et quel destin l'attend ? Serait-ce une décentralisation de sa géographie actuelle ou de celle d'un découpage en cinq régions prévu par un des plans américains rapportés par la presse il y a quelques années ? Nous pourrions peut-être aussi espérer, à la lumière des changements géographiques en gestation et de la future configuration régionale, obtenir, grâce à une mobilisation nationale et populaire des grands décideurs et des Nations unies, un statut de « neutralité permanente », qui ouvrirait la voie à l'adoption d'un régime civil plus juste, plus équitable et plus transparent que celui que nous avons actuellement, paralysé par ses contradictions et ses injustices.

Salim F. DAHDAH

Quel lamentable pitch que celui de ce long-métrage qui raconte l'histoire de ces populations d'Orient dont le destin se tisse inexorablement d'un mélange de feu et de sang depuis soixante-huit ans... Quelle injustice pour ceux-là mêmes qui ont été le ferment le plus riche des religions monothéistes et dont les influences ont orienté, à travers les temps, la pensée et l'existence du monde occidental !Un scénario qui décrit un drame humain qui se déroule au sein d'une fratrie appartenant originellement à une même famille religieuse. Tous ses membres vont s'entre-déchirer, quand l'un d'entre eux, émigré ailleurs depuis des siècles, décide de récupérer des terres qu'il avait autrefois habitées avec ses frères et d'en faire à nouveau son foyer. Pour ce faire, il s'allie discrètement avec les grands décideurs...
commentaires (5)

VOTRE ARTICLE... MONSIEUR DAHDAH... EST SUPERBE CAR VOUS AVEZ REALISE QUE CE SONT LES GOUVERNEMENTS ET LES PEUPLES DE LA REGION QUI EXECUTENT LE COMPLOT QUI LES VISENT... EN CROYANT LE COMBATTRE... CHIITES CONTRE SUNNITES ... LES PREMIERS ONT DONNE DE LA TETE DEDANS... EN ENTENTE AVEC ISRAEL... SUIVIS DES SECONDS... ET LES VOILA REALISANT PAR EUX-MEMES CE NOUVEAU MOYEN ORIENT ANNONCE PAR LE LUNATIQUE ET QU,ILS NOUS CHANTENT PRETENDUMENT COMBATTRE QUAND ILS SONT LES PREMIERS EXECUTEURS POUR LE COMPTE DES VOISINS DU SUD...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 18, le 19 mars 2016

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Commentaires (5)

  • VOTRE ARTICLE... MONSIEUR DAHDAH... EST SUPERBE CAR VOUS AVEZ REALISE QUE CE SONT LES GOUVERNEMENTS ET LES PEUPLES DE LA REGION QUI EXECUTENT LE COMPLOT QUI LES VISENT... EN CROYANT LE COMBATTRE... CHIITES CONTRE SUNNITES ... LES PREMIERS ONT DONNE DE LA TETE DEDANS... EN ENTENTE AVEC ISRAEL... SUIVIS DES SECONDS... ET LES VOILA REALISANT PAR EUX-MEMES CE NOUVEAU MOYEN ORIENT ANNONCE PAR LE LUNATIQUE ET QU,ILS NOUS CHANTENT PRETENDUMENT COMBATTRE QUAND ILS SONT LES PREMIERS EXECUTEURS POUR LE COMPTE DES VOISINS DU SUD...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 18, le 19 mars 2016

  • Faut rappeler que l'inConvénient du "Croissant? Fertile!", est l'importance qu'il donne à sa foultitude "d’opinions" sectaires ! Car il arrive, nul ne peut en douter, qu’elles soient mauvaises pour ne pas dire détestables. C'est pour cela qu'à côté du mot populaire, correct idéologiquement, on a forgé le mot populisme dont l'acception est péjorative. Fort heureusement, l’avantage est que sa populace indigène est versatile ! Ce qui lui permet de se déjuger et de se contredire. Et d'adorer demain ce qu'elle a brûlé hier, ce qui devrait mettre du baume sur les joues de ces giflés d'aujourd'hui ! Cela étant posé, il n'en reste pas moins que les guéguerres dans ce "croissant fertile", vont déboucher sur l'habituel imbroglio dont les éléments constitutifs ; incompatibilités, répulsions, affirmations téméraires, ser ments inconsidérés et impulsifs ; ne peuvent que faire errer tous ces indigènes protagonistes dans 1 dédale de terrasses et de steppes enchevêtrées et desséchées s'achevant en cul-de-sac au fin fond d’1 des vallées crevassées ou déserts arides de ce "fertile" maudit ! Ils n’ont qu’à surmonter leurs réticences devant les "réduits" contre-nature qui pourtant sont de règle dans ce landerneau compte tenu de leur système tribal, confessionnel et clanique. Et, dans le même temps, ils sont sommés de respecter leur ser ment de ne jamais glisser, ne serait-ce qu'1 doigt, dans 1 réconciliation constructive pourtant exigée par leur situation explosive.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    17 h 14, le 19 mars 2016

  • "Nous pourrions peut-être aussi espérer pour le Liban, à la lumière des changements géographiques en gestation et de la future configuration régionale, obtenir, grâce à une mobilisation nationale(?) et populaire(!) des grands décideurs et des Nations unies, un statut de « neutralité permanente », qui ouvrirait la voie à l'adoption d'un régime civil plus juste, plus équitable et plus transparent que celui que nous avons actuellement, paralysé par ses contradictions et ses injustices." ! Désolé, mais faut pas rêver....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 57, le 19 mars 2016

  • UN ARTICLE DES PLUS OBJECTIFS... EXEPTE LES SEPT DERNIERES LIGNES... CAR IL N,Y A PLUS DEUX NEGATIONS QUI NE PEUVENT PAS FAIRE UNE NATION... MAIS IL Y A DENEGATION, REFUS, REJET ET REPUDATION ! IL Y A LES HUMAINS LIBANAIS... ET IL Y A LES PRETENDUS DIVINS IRANIENS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 22, le 19 mars 2016

  • Excellente vision geostrategique Mr Dahdah. Le tableau est tellement bien brossé qu'on se demande comment vous n'avez pas pu rester attaché au début du récit, où après une bonne introduction vous pechez par ce glissement vers l'accusation de ceux qui ont vu venir le plan amerocano sioniste et qui le combattent, à leur corps défendant contre leurs relais régionaux et locaux.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 15, le 19 mars 2016

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