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Liban - Rencontre

Débat animé entre des journalistes libanais et iraniens au siège de l’ordre des rédacteurs

Depuis les dernières élections en Iran, les autorités de ce pays ont visiblement décidé d'être plus présentes au Liban. Après avoir longtemps adopté un profil bas, notamment depuis l'arrivée du nouvel ambassadeur Mohammad Fateh Ali (qui a succédé à l'ambassadeur Ghadanfar Rokon Abadi, devenu un des conseillers du guide suprême avant de mourir au cours de la grande bousculade à La Mecque à l'automne dernier), l'ambassade a décidé de s'impliquer un peu plus dans la vie politique, sociale et culturelle au Liban. Régulièrement, une délégation libanaise est invitée en Iran ou des délégations iraniennes arrivent à Beyrouth. La dernière en date est une délégation médiatique qui regroupe des responsables du ministère de l'Information, ainsi que des propriétaires ou des rédacteurs en chef d'agences d'information ou d'autres médias iraniens.

Arrivée mercredi à Beyrouth, cette délégation souhaite établir des contacts avec les médias libanais. C'est dans ce but qu'elle s'est rendue hier au siège de l'ordre des journalistes où elle a été reçue par le président Élias Aoun et les membres du conseil de l'ordre. La discussion s'est vite concentrée sur le rôle de l'Iran dans la vie politique libanaise, son éventuel projet expansionniste dans le monde arabe et ses relations avec le Hezbollah. Le conseiller en matière de médias à l'ambassade, Irj Ilahi, s'est empressé de préciser à ses interlocuteurs libanais que la délégation regroupe des personnalités médiatiques de diverses tendances, notamment des réformateurs et des conservateurs. En réponse à une question, il a affirmé qu'il n'y a pas de véritables disputes entre eux puisque les divergences ne dépassent jamais le plafond de l'appui à la révolution islamique. La différence entre les deux courants porte donc essentiellement sur le fait que les réformateurs veulent des mesures pour améliorer la vie politique, économique et sociale, alors que les conservateurs estiment que la priorité est à l'identité nationale iranienne. Mais même au sein de chaque courant, il existe plusieurs tendances qui vont du radicalisme au centrisme sur les questions internes. Mais sur les grandes options et sur les intérêts nationaux, il n'y a pas de conflit. Le réformateur Dr Amir Mohebbian (directeur de Aryanews) a expliqué à son tour que les deux courants au sein de l'Iran étaient d'accord avec les négociations sur le dossier nucléaire. Mais les conservateurs réclamaient une grande vigilance à l'égard des Occidentaux, soupçonnés de vouloir piéger l'Iran, alors que les réformateurs ne cessaient de répéter qu'ils n'étaient pas dupes et qu'ils feraient le nécessaire pour déjouer les pièges. D'ailleurs, une fois l'accord conclu et annoncé, il n'a pas été critiqué...

Les membres de la délégation, toutes tendances confondues, ont affirmé que l'Iran n'a pas un projet de redevenir un empire et ne cherche pas à imposer son hégémonie sur le monde arabe. Par conséquent, les propos d'un ancien conseiller du guide suprême sur le fait que quatre capitales arabes seraient désormais sous le contrôle de l'Iran (Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa) ne trouvent aucun écho en Iran. Selon les membres de la délégation, l'Iran respecte les frontières internationales et souhaite entretenir des relations de bon voisinage avec les pays qui l'entourent. Elle a trop souffert des huit ans de guerre avec l'Irak (de 1980 à 1988) pour vouloir créer des problèmes avec ses voisins et surtout elle sait parfaitement que dans ce genre de conflits, il y a rarement un vainqueur et un vaincu, car les deux parties sont perdantes. Dans ce sillage, les membres de la délégation affirment que l'Iran souhaite établir de bonnes relations avec l'Arabie saoudite et elle lui a, à plusieurs reprises, tendu la main. Mais c'est le royaume wahhabite qui refuse le dialogue et préfère adopter une position ambiguë à l'égard des organisations terroristes. Ce qui, selon eux, sera nuisible pour tout le monde. Les membres de la délégation iranienne ont insisté sur les liens idéologiques et financiers entre le royaume saoudien et les organisations terroristes, avant d'ajouter que l'Arabie traverse en tout cas une période difficile, au cours de laquelle le pouvoir est en train de passer de la deuxième à la troisième génération des Saoud et pour cacher leurs divisions internes, les autorités effectuent une sorte de fuite en avant. Malgré cela, selon eux, l'Iran continue à espérer l'établissement de relations de bon voisinage avec l'Arabie.

La délégation iranienne a voulu ensuite connaître l'opinion des médias libanais sur la décision de la Ligue arabe de mettre le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, se demandant comment une telle chose est possible, alors que le Hezbollah a combattu l'occupation israélienne jusqu'en 2000, puis en 2006. Les Libanais ont expliqué que la position officielle du Liban est de refuser cette classification. Par contre, les interventions militaires du Hezbollah en Syrie, en Irak et au Yémen ne font pas l'unanimité. Sur ces dossiers, il est perçu, par une partie des Libanais, comme un instrument entre les mains de l'Iran. Le débat a été ainsi ouvert et pour les membres de la délégation iranienne, c'est une profonde injustice de lancer une telle accusation contre le Hezbollah. Pour eux, les Libanais ne doivent pas s'attendre à ce que les Iraniens lâchent le Hezbollah parce que celui-ci n'est pas un enjeu interne. Il fait donc partie des points de la politique étrangère qui ne font pas l'objet d'un débat à l'intérieur de l'Iran. De plus, selon eux, il faut juger un arbre aux fruits qu'il porte et le Hezbollah a montré qu'il a apporté à son pays la libération de l'occupation et un équilibre dissuasif à l'égard de l'ennemi sioniste. Concernant son intervention militaire en Syrie, la délégation iranienne a estimé que lorsqu'il y a un incendie dans une forêt, on lutte contre le feu en cherchant à l'isoler et en coupant les arbres qui entourent le périmètre qui brûle pour éviter son extension. C'est donc ce que fait le Hezbollah en Syrie, et sans cette intervention, et sans la vigilance de l'armée et de la population, le Liban ne bénéficierait pas de cette stabilité, même relative, actuelle. Pour la délégation iranienne, on ne peut pas parler d'une intervention militaire du Hezbollah au Yémen et en Irak.

La délégation iranienne est revenue à plusieurs reprises sur les dernières décisions de la Ligue arabe se demandant comment cette Ligue fondée pour permettre aux pays arabes d'affronter l'ennemi sioniste prend désormais des résolutions qui servent les intérêts de cet ennemi. Libanais et Iraniens ont finalement convenu de l'importance de multiplier le dialogue entre eux. La délégation s'est aussi rendue au siège du Rassemblement des ulémas musulmans et l'entretien a essentiellement porté sur la nécessité d'étouffer toute possibilité de discorde entre les sunnites et les chiites.

Signalons encore que cheikh Mohammad Mohammadi Richahri, membre du Conseil des experts en Iran, est aussi en visite au Liban et il s'est rendu hier au « jardin de l'Iran » à Maroun el-Rass face à la frontière israélienne. Ce jardin public a été financé par la République islamique d'Iran.

 

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Depuis les dernières élections en Iran, les autorités de ce pays ont visiblement décidé d'être plus présentes au Liban. Après avoir longtemps adopté un profil bas, notamment depuis l'arrivée du nouvel ambassadeur Mohammad Fateh Ali (qui a succédé à l'ambassadeur Ghadanfar Rokon Abadi, devenu un des conseillers du guide suprême avant de mourir au cours de la grande bousculade à La Mecque à l'automne dernier), l'ambassade a décidé de s'impliquer un peu plus dans la vie politique, sociale et culturelle au Liban. Régulièrement, une délégation libanaise est invitée en Iran ou des délégations iraniennes arrivent à Beyrouth. La dernière en date est une délégation médiatique qui regroupe des responsables du ministère de l'Information, ainsi que des propriétaires ou des rédacteurs en chef d'agences d'information...
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LA LIBRE ANALYSE DEMOCRATIQUE CONFRONTEE A L,ANALYSE THEOCRATIQUEMENT DIRIGEE... DE LA PERTE... PAS DU GAIN... EXCEPTE POUR CEUX QUI EN PONDRAIENT DES OEUFS AVEC DES POUSSINS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 42, le 15 mars 2016

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Commentaires (5)

  • LA LIBRE ANALYSE DEMOCRATIQUE CONFRONTEE A L,ANALYSE THEOCRATIQUEMENT DIRIGEE... DE LA PERTE... PAS DU GAIN... EXCEPTE POUR CEUX QUI EN PONDRAIENT DES OEUFS AVEC DES POUSSINS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 42, le 15 mars 2016

  • En définitive, on croit lire un article dans un journal "officiel" iranien ! Tss, tss, tss, tss, tss, tss, tss !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 31, le 15 mars 2016

  • Un "docteur", Hébbléééne, a expliqué que les deux courants au sein de l'Iran étaient d'accord avec les négociations sur le dossier nucléaire. Mais les consErvateurs réclamaient une grande vigilance à l'égard des Occidentaux, soupçonnés de vouloir piéger l'Iran, alors que les "réformateurs?" ne cessaient de répéter qu'ils n'étaient pas dupes (mabouls, quoi) et qu'ils feraient le nécessaire pour déjouer les pièges (de vrais grands malins, quoi). D'ailleurs, une fois l'accord conclu et annoncé, il n'a pas été critiqué ! Il ne manquait plus que ça, qu'il soit ne fut-ce que critiqué ! Yâ wâââïyléééh, quelle masseKharrâh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 19, le 15 mars 2016

  • "La discussion s'est vite concentrée sur le rôle de l'Iran dans la vie politique libanaise(!). Le conseiller en matière de médias(!) à l'ambassade, un bassij, quoi, s'est empressé de préciser à ses interlocuteurs libanais que la délégation regroupe des personnalités médiatiques de diverses tendances(c'est une blague?). Mais il a derechef affirmé qu'il n'y a pas de véritables disputes entre eux(ouf), puisque les divergences ne dépassent jamais le plafond de l'appui à la révolution islamique." ! Laklak mallâ "médias".... des années 30-40 du siècle dernier passé et dépassé ! Ceci, bien sûr, avec tout le sérieux du monde !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 13, le 15 mars 2016

  • "La dernière en date est une délégation médiatique qui regroupe des responsables du ministère de l'Information, ainsi que des propriétaires ou des rédacteurs en chef d'agences d'information ou d'autres médias iraniens." ! "Agences d'information ou d'autres médias iraniens!", ceci dit avec tout le "sérieux" du monde !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 07, le 15 mars 2016

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