L'une des astuces les plus frappantes de Dieu dans la Bible et l'Évangile, c'est qu'une même révélation se fait jour dans l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est toujours Dieu qui prend les initiatives, qui envoie des messagers et qui choisit les croyants modestes et inspirés pour jeter la honte sur ceux qui se croient forts. Ce qui est le plus frappant dans le choix de Dieu pour étendre son royaume, c'est qu'il choisit les gens considérés sans puissance pour confondre et jeter la honte sur ceux qui sont sages et ceux qui sont forts. Dieu choisit qui bon lui semble, sans tenir compte ni des valeurs ni de l'heure des hommes ;
son choix paraît même narguer notre raison comme pour mieux marquer sa souveraine indépendance.
Cela devrait être évident pour quiconque lit la Bible. Quand le Christ était sur le point de naître, Dieu a choisi une adolescente issue d'une pauvre famille pour être sa mère. Quand il est né, Dieu a envoyé quelques pauvres bergers pour l'adorer. Dieu n'a pas envoyé le roi Hérode ou les anciens d'Israël pour saluer le Christ nouveau-né. Au contraire, Dieu a envoyé trois astronomes d'un pays païen très éloigné. Quand Jésus était sur le point de commencer son ministère, Dieu n'a pas envoyé le grand prêtre pour l'annoncer. À la place, Dieu a envoyé un simple prophète, Jean-Baptiste.
Quand Jésus était prêt à appeler à lui les douze apôtres, il n'a pas choisi douze hommes du Sanhedrin – la Haute Cour de justice juive –. Non ! Il a appelé douze simples pêcheurs, insignifiants. Et quand Jésus a choisi un remplacement pour Judas, il a choisi Saul de Tarse – qui gardait avec complicité les vêtements des assassins de saint Étienne, premier martyr chrétien –, et qui par la suite a été foudroyé sur le chemin de Damas, s'est converti au christianisme en devenant saint Paul de Tarse et a servi à construire les bases de la théologie chrétienne.
« Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les choses qui sont puissantes » (I Corinthiens 1:27).
Même dans l'Ancien Testament, ce thème est récurent. Dieu a choisi Abel à la place de Caïn, bien que ce dernier fût le fils aîné et donc le plus important des deux. Dieu a choisi Jacob à la place d'Esaü, bien que ce dernier fût le fils aîné et donc l'héritier. Dieu a choisi Joseph à la place de ses onze frères, bien qu'il fût le plus jeune et le moins fort. Dieu a choisi Moïse à la place de Pharaon. Il a choisi un simple berger aux dépens de l'homme le plus puissant de la terre à cette époque. Dieu a choisi le petit Samuel, un enfant presque orphelin, plutôt que les deux fils du souverain sacrificateur Élie. Dieu a choisi David le jeune berger contre le puissant roi Saül.
Maintes et maintes fois, cela s'est vérifié à travers tous les âges de l'histoire chrétienne. Les premiers chrétiens étaient faibles et pauvres. La plupart d'entre eux étaient esclaves. Ils ont été persécutés à mort par dix empereurs romains successifs. Personne ne se rappelle même du nom de ces empereurs (sinon peut-être Néron), bien qu'ils aient été les hommes les plus puissants du monde à leur époque. Ces esclaves, par leur martyre, ont vaincu la puissance de la Rome antique !
Pensons aussi à saint Augustin, grand pécheur qui devint Docteur de l'Église. Et saint Paul d'affirmer dans l'une de ses épîtres : « C'est lorsque je suis faible que je suis fort ! » Et psychologiquement la faiblesse est le commencement du courage. Donc, ne craignons pas la faiblesse dans notre foi, car c'est un signe précurseur de la future force spirituelle qui existe au tréfonds de nous-même – et qui est dans un état latent – et qui va prendre un cheminement vertical vers Dieu.
Sylvain THOMAS


De Damas....
09 h 44, le 05 mars 2016