Dossier spécial orientation professionnelle

Sciences humaines et sociales

Sciences po : une multitude de débouchés, mais la concurrence est rude

23/03/2016

Pourquoi choisir la science po ?
« La science politique, c'est "la science du pouvoir", entre les individus, les organisations et les États. Elle comprend des spécialisations multiples dont les relations internationales, les politiques comparées des régimes, les politiques publiques, l'administration publique, le marketing politique et la philosophie politique. Ces spécialisations ne sont pas totalement indépendantes et s'inspirent souvent théoriquement et méthodologiquement l'une de l'autre », explique Carole Rizkallah Alsharabati, directrice de l'Institut des sciences politiques à l'USJ (ISP).
« La science politique analyse et explique les phénomènes politiques, comme la guerre, la coopération, les révolutions, les mobilisations sociales, le leadership, la corruption, les élections, les politiques publiques, la citoyenneté, etc. », ajoute-t-elle.

 

Quelles sont les aptitudes nécessaires ?
« Pour faire sciences politiques, il faut d'abord avoir envie de se retrousser les manches et de façonner son environnement. Les diplômes de sciences politiques prennent souvent des postes de décision et de leadership, des postes-clés dans le secteur public, le secteur associatif, la communication ou les relations internationales, estime Carole Rizkallah Alsharabati. Il faut donc avoir de bonnes capacités d'analyse, aimer la lecture, l'écriture, le débat et les langues étrangères. »

 

Quelles sont les matières enseignées ?
« Les études de sciences politiques comprennent principalement des cours de pure science po, comme les relations internationales, l'étude du conflit et de la négociation, les régimes comparés, les politiques publiques, la sociologie politique, la philosophie politique, les organisations internationales et la mondialisation, la sécurité, les processus électoraux, la communication politique et la mobilisation, etc. Il y a aussi des cours de méthodologie et de techniques de recherche. Mais il y a encore des cours de droit public, d'économie, de sociologie, d'anthropologie, d'histoire, de stratégie, etc., car la science politique est au carrefour de ces sciences. Le pouvoir est en rapport avec la loi, l'argent, les groupes sociaux, la culture, etc., explique-t-elle. La science politique est donc en rapport avec de nombreuses autres disciplines. Certaines facultés françaises offrent d'ailleurs de plus en plus de double licence avec la possibilité d'étudier dans le même temps la science politique et le droit. »

 

Quels sont les débouchés ?
Parmi les débouchés de la science politique : diplomatie, fonction publique, métiers de la politique, ONG, organisations internationales, consultance, marketing, ressources humaines, journalisme, responsable de communication dans le public/privé, institut de sondage/campagnes électorales, exécution/gestion de projets (public/privé), enseignement, recherche.
« Aujourd'hui, avec la mondialisation, la coopération internationale, le vent de démocratisation par le bas et la montée des réseaux sociaux, les métiers de la science politique sont en plein essor. Aussi, les diplômes de science politique sont-ils recherchés et appréciés pour leur polyvalence et adaptabilité », note la directrice de l'institut à l'USJ.

 

Quelles sont les difficultés ?
« Il n'y en a pas ! En sciences politiques, soit on est passionné et on va au travail avec plaisir, ou alors on n'est pas passionné et on ne va jamais au travail ! s'exclame Carole Rizkallah Alsharabati. Une formation de sciences politiques ne suffit pas toujours à trouver du travail puisque la concurrence est rude et dense. Les meilleurs seront toutefois destinés à de grandes carrières. »

 

Quelles universités faut-il privilégier ?
« L'Institut des sciences politiques de l'USJ a une grande renommée, au Moyen-Orient et dans le monde, avec une histoire datant de 1940. L'ISP a formé un grand nombre de diplomates pour le concours de la fonction publique et a même eu un nombre non négligeable de majors de promotion. L'institut accueille plus de 70 étudiants étrangers chaque année et dispose d'un partenariat avec tous les IEP de France et un grand nombre d'universités dans le monde. Il a des enseignants cadrés, spécialisés dans les RI, les politiques comparées, les politiques publiques, la communication politique et la philo politique. Des activités de terrain sont associées à une grande partie des cours : sondages, activités humanitaires, stages dans les ONG, simulations parlementaires, conférences et autres initiatives lancées par les étudiants », souligne Carole Rizkallah Alsharabati.
Au Liban, l'American University of Beirut est également très réputée pour sa formation en sciences politiques tandis que d'autres universités, comme l'Université Saint-Esprit de Kaslik ou la Lebanese American University proposent des formations de plus en plus variées pour cette discipline.
En France, le système est différent. Les élèves ont la possibilité d'intégrer un institut d'études politiques par le biais d'un concours ou de faire une licence de sciences politiques dans une faculté. Les IEP sont prestigieux, particulièrement celui de Paris, et offrent davantage de perspectives sur le marché de l'emploi. Ils s'adressent toutefois à des élèves de très bon niveau, ce qui explique que les concours d'entrée soient très sélectifs.

 

Zoom sur un métier
« Je travaille dans une ONG qui lutte contre la corruption. Les projets sont multiples, il y en a qui portent sur l'éducation civique, et là on va dans les écoles faire des activités aux jeunes autour du concept de la lutte contre la corruption ; ils adorent l'approche pratique de nos programmes. Un autre projet porte sur la réforme du ministère de l'Éducation où il est question d'évaluer les processus internes et de repérer les points faibles pour aider les fonctionnaires à améliorer leurs performances, leur intégrité et leur image. Un troisième projet porte sur une application mobile qui sert à donner accès au citoyen à toutes les informations dont il a besoin dans un poste de police. Il pourra aussi réagir en ligne sur son expérience avec la police. Mon rôle dans chaque projet est différent : training dans le premier projet, évaluation de processus dans le deuxième, recherche sur les processus des stations de police dans le troisième... » raconte Carole Rizkallah Alsharabati.
Conseil : « Faites sciences po, pas la guerre ! » dit-elle.

 

 

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