Dossier spécial orientation professionnelle

Les métiers de la santé

Étiopathe, une spécialité méconnue

23/03/2016

L'étiopathie est une nouvelle profession qui met en jeu essentiellement une manipulation manuelle pour guérir certains maux et problèmes de santé. Cette spécialisation, encore peu connue, a été créée par le Français Christian Trédaniel en 1963. Aujourd'hui, il y a 450 étiopathes en France. Au Liban, et d'une manière générale au Moyen-Orient, il existe très peu d'étiopathes.
Jean-Marc Tannous, 27 ans, a suivi six ans d'études en France pour se lancer dans le métier. « L'étiopathie est une thérapie manuelle, non médicamenteuse, qui s'attache à identifier la cause d'une maladie pour l'éliminer par des techniques manuelles, explique le praticien. Je peux traiter tout le monde, du bébé qui a des coliques, par exemple, à la personne âgée qui a des douleurs liées aux os », poursuit-il. En effet, la liste des cas que peut traiter le jeune homme est longue : migraines, vertiges, constipations, diarrhées, reflux, sinusites, angines, tendinites... ou aussi les douleurs articulaires, de la nuque et du dos et bien d'autres.

 

À quoi ressemble la journée type d'un étiopathe ?

Jean-Marc Tannous, qui exerce dans deux polycliniques à Beyrouth, reçoit 3 à 6 patients l'avant-midi et autant l'après-midi. Sa journée est marquée par une longue pause parce que son métier est « assez physique ». La séance, d'une demi-heure, débute par une anamnèse : le patient est interrogé au sujet de ses antécédents et des symptômes qu'il ressent. À ce moment, explique le jeune praticien, l'étiopathe se fait une idée de la cause de la souffrance de son patient. Une idée qu'il va confirmer par une palpation, deuxième étape de la séance. La troisième étape consiste en l'acte manuel lui-même. Cet acte diffère selon le cas. L'étiopathe va, par exemple, replacer les surfaces articulaires avec une manipulation douce dans le cas d'un mal de dos. En fin de séance, il donnera un second rendez-vous à son patient. Le traitement est en général rapide et nécessite en moyenne 2 à 3 séances.

La difficulté, explique Jean-Marc Tannous, c'est que la profession est encore méconnue. « Le patient a besoin de temps pour nous faire confiance, dit-il. Il faut donc être très bon et avoir des résultats. » Pour pouvoir exercer, « il faut aimer parler aux gens, pouvoir les mettre en confiance, il faut aussi être très tactile ». Le jeune homme consacre aussi une partie de sa journée au sport parce qu'« être costaud est un avantage dans notre métier ».

 

La motivation qu'il lui apporte ? « C'est simple, dit-il. C'est le résultat : voir des patients satisfaits surtout dans des cas qu'ils jugeaient impossibles à régler ou des cas qu'ils ont abandonnés parce qu'ils pensaient désespérés. » Le praticien souligne toutefois que cette thérapie « ne prétend pas du tout remplacer la médecine classique traditionnelle ». « Au contraire, note-t-il, elle vient en complément. L'étiopathie a ses limites et l'étiopathe sait orienter le patient vers le thérapeute qui lui convient. »

Pour devenir étiopathe, il faut avoir obtenu son baccalauréat, peu importe la filière, et ensuite faire six années d'études dans l'une des quatre facultés d'étiopathie en France. Celles-ci se trouvent à Paris, Rennes, Toulouse et Lyon. « Pendant ces 6 années, à l'issue desquelles un mémoire doit être présenté, on étudie énormément l'anatomie, la physiologie, la neurologie, et l'on fait beaucoup de pratique, explique le jeune homme. En fait, il doit connaître le fonctionnement du corps humain de la tête aux pieds. » Selon l'étiopathe, le total des frais universitaires s'élève à environ 37 000 euros.

« Aujourd'hui, l'étiopathie est de plus en plus connue en France, surtout que de nombreuses personnalités publiques, notamment Nicolas Sarkozy, se rendent chez des étiopathes. Au Liban, l'étiopathie a de l'avenir, il y a certainement un marché pour la profession », conclut Jean-Marc Tannous.

 

 

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