Le ministre des Finances, Pravin Gordhan, prévoit des augmentations d’impôts et une réduction des dépenses publiques. Mike Hutchings/AFP
Le ministre des Finances sud-africain, Pravin Gordhan, a présenté hier un budget de « crise », teinté d'austérité, dans lequel il prévoit des augmentations d'impôts et une réduction des dépenses publiques afin d'éviter une dégradation de la note de la dette du pays.
Avec une croissance en dessous de 1 % pour 2016, un quart de la population au chômage et une forte dépréciation de sa monnaie ces douze derniers mois, l'économie la plus industrialisée du continent vit une période délicate. « Nous ne pouvons pas dépenser l'argent que nous n'avons pas. Nous ne pouvons emprunter au-delà de notre capacité de remboursement. Jusqu'à ce qu'on puisse raviver la croissance et générer plus de recettes, nous devons être durs avec nous-mêmes », a lancé le ministre devant le Parlement, au Cap.
Dans son discours, Pravin Gordhan a dû se livrer à un difficile exercice d'équilibriste afin de contenter à la fois les marchés financiers et le gouvernement sud-africain qui doit affronter des élections municipales dans quelques mois. Sans prononcer le mot « privatisation », il a appelé de ses vœux une meilleure coopération avec le secteur privé afin de dynamiser la croissance, plombée par le ralentissement de la demande chinoise, la chute des cours des matières premières et la grave sécheresse qui frappe le pays. Le ministre a ouvert la voie à des investissements privés dans les entreprises publiques en difficulté, comme la compagnie aérienne South African Airways (SAA). Il devra toutefois convaincre l'aile gauche du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, qui s'est toujours opposée aux privatisations. Les députés devront se prononcer sur ce budget lors de la prochaine session du Parlement, où l'ANC est majoritaire. Selon M. Gordhan, le budget aura comme objectif prioritaire de stabiliser la dette à « 46,2 % du PIB en 2017-2018 ». Dans la foulée de son discours, la monnaie sud-africaine a perdu 2,25 % de sa valeur face au dollar comme à l'euro.
Début décembre, Fitch avait dégradé d'un cran la note de l'Afrique du Sud à BBB -, un échelon seulement au-dessus des catégories spéculatives, en raison notamment de la faible croissance. Regagner la confiance des agences de notation ne sera pas chose facile pour M. Gordhan.
(Source : AFP)

