À l'heure où les marchés craignent un ralentissement économique aux États-Unis, voire une récession, certains spécialistes des taux d'intérêt ont décortiqué les données macroéconomiques et sont parvenus à une conclusion surprenante : il y a un risque d'accélération de l'inflation aux États-Unis si le cours des matières premières se stabilise. Du fait de la hausse des salaires.
Vous savez, sur les marchés, il y a des grands thèmes d'investissement qui circulent régulièrement. Ils sont tout d'abord murmurés par quelques spécialistes, puis on les lit dans les rapports des grandes banques américaines comme Goldman, puis ils se transforment en tendances de marché populaires. Pour qu'ils intéressent, il faut qu'ils surprennent. Et celui-ci est très surprenant. La crainte actuelle des marchés, c'est bien évidemment la déflation dans les pays développés avec une croissance molle, avec en particulier un risque de récession aux États-Unis. Eh bien pas du tout nous disent quelques grands pros du marché des taux d'intérêt. Le risque aux États-Unis n'est pas la déflation mais l'inflation ! C'est un scoop ça, non ?
Sur quoi s'appuie ce raisonnement ?
En fait, l'inflation basse aux États-Unis n'est due qu'à la baisse du pétrole et des matières premières. En dehors de ces éléments, l'inflation de base est supérieure à l'objectif de 2 % de la Fed. Vendredi dernier elle a même atteint les 2,3 %. Si le pétrole venait donc à se stabiliser, on pourrait avoir une vraie poussée d'inflation. Une inflation qui serait drivée par un taux de chômage proche du plein emploi et donc une forte augmentation des salaires, qui a d'ailleurs déjà commencé. Si l'inflation dérape à la hausse aux États-Unis, contre l'attente du consensus, la Banque centrale devra continuer à remonter ses taux d'intérêt. En juin ou au deuxième semestre de l'année. Cela prendrait tous les marchés à contrepied et provoquerait une belle pagaille. À suivre...
Cet article est réalisé par Fidus


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